L'épicerie qui « vend des billets » pour un retour en enfance.
Dans un monde où le rythme de vie s'accélère sans cesse et où les supérettes, les mini-supermarchés et les centres commerciaux modernes pullulent, la petite épicerie de Mme Pham Thi Thien fait figure d'exception.(Né en 1950) rue Nguyen Son, quartier de Truong Vinh, est soudainement devenu un « phénomène » sur les réseaux sociaux.Ces derniers jours, le café est devenu un lieu de rencontre prisé par de nombreux jeunes., Nom de familleIls sont venus ici pour prendre des photos et sont restés longtemps.Profitez d'une conversation détendue avec vos grands-parents.puis partagez l'expérience« vie lente »sur les réseaux sociaux.
« J’ai pris ma retraite en 1993 et, comme j’avais du temps libre, j’ai ouvert un stand de thé pour les enfants du quartier. Plus tard, j’ai fermé le stand et j’ai ouvert une épicerie. Je ne me souviens plus exactement, mais elle existe probablement depuis une vingtaine d’années », commença Mme Thien. M. Tran Dinh Hiep (né en 1945), son mari, ajouta : « Nous sommes âgés maintenant, alors nous avons ouvert une épicerie pour le plaisir de vendre toutes sortes de choses. Tous les jours, les voisins et les enfants vont et viennent, ce qui crée un peu d’animation et nous rapporte un peu d’argent. »

La maison de M. Hiep et Mme Thien, rue Nguyen Son, a été construite en 1985. Au cours des quarante dernières années, les rues ont considérablement changé, mais la petite maison et l'épicerie qui se trouve devant ont en grande partie conservé leur aspect d'origine : le store bas, les vitrines bordant le trottoir, les pavés usés portant les empreintes des passants et les quelques tabourets en pierre devant le magasin où les voisins s'assoient et bavardent chaque après-midi.
Une pancarte en mousse blanche, étiquetée à l'encre bleue et rédigée avec soin par M. Hiep lui-même, est accrochée à un tronc d'arbre devant la boutique. À l'intérieur, des petits papiers listent les articles : « Serviettes pour le visage », « Pho instantané et vermicelles disponibles », « Œufs de poule disponibles », « Farine disponible », « Ruban adhésif 10 000 VND »… Le couple dispose tout selon ses habitudes, sans méthode d'exposition standardisée.
Depuis plus de vingt ans, l'épicerie de Mme Thien fait partie intégrante de la vie paisible du quartier. Assise à son bureau, elle observe la boutique, les passants, et discute avec les clients habituels. La vie dans cette épicerie est lente, paisible et atypique. Aussi est-elle surprise de voir autant de jeunes gens venir prendre des photos et s'attarder longuement devant le magasin.
« Je ne connaissais rien à Internet. Ce matin-là, à mon réveil, mes enfants et petits-enfants m'ont annoncé que ma femme était devenue célèbre sur la toile. Un photographe avait pris des photos de mon épicerie et les avait publiées ; elles avaient beaucoup plu ! », raconte Mme Thien. Elle et son mari ont quatre enfants et dix petits-enfants ; certains vivent à proximité, tandis que d'autres étudient ou vivent aux États-Unis, en France, en Corée du Sud et dans d'autres pays. Le succès viral de l'épicerie de Mme Thien sur les réseaux sociaux, avec tous ces partages enthousiastes, a comblé de joie sa famille, qui considère cet événement comme mémorable.

Mme Thien confie ne pas comprendre l'engouement que suscite cette supérette, la trouvant simple et sans prétention. « Mais si elle plaît, elle vient, tout simplement. Certains jours, des dizaines de personnes viennent prendre des photos, et nous les accueillons chaleureusement et discutons avec elles. » Malgré sa « notoriété », pour M. Hiep et Mme Thien, le magasin reste un endroit ordinaire, où tout est resté inchangé depuis des années : ouverture le matin, rangement l'après-midi, fermeture le soir, un rythme de vie lent et familier.
Le fait que de nombreux jeunes affluent vers l'épicerie de Mme Thien pour prendre des photos n'est pas un simple phénomène de mode. Derrière ces photos partagées se cache un besoin de retrouver un sentiment de familiarité, un rythme de vie plus lent qui a quelque peu disparu de la vie moderne.
« Les enfants disent qu'être assis ici leur donne l'impression d'être à nouveau des enfants », confie Mme Thien avec un doux sourire. Peut-être que sa petite épicerie est devenue, sans le vouloir, un lieu qui « vend des billets pour l'enfance », un havre de paix au cœur d'une ville de plus en plus trépidante. Nombreux sont ceux qui sont nés et ont grandi à une époque où le modèle traditionnel de l'épicerie a progressivement disparu, laissant place aux enseignes modernes. Pourtant, à travers les récits de leurs grands-parents et de leurs parents, à travers les livres, les journaux et les films, la petite épicerie du bout de la rue demeure ancrée dans leur mémoire collective. Y prendre des photos est leur façon de se connecter aux histoires des générations précédentes, même si ces souvenirs ne sont pas entièrement les leurs.

Dans un contexte de vie matérielle de plus en plus abondante, les besoins des individus évoluent. Au-delà du confort et de la modernité, ils recherchent de plus en plus de valeurs spirituelles. L'épicerie de Mme Thien répond à ce besoin par son authenticité, sa simplicité et son ambiance quotidienne. L'histoire de cette épicerie révèle une tendance plus large de la vie culturelle urbaine : le retour aux valeurs simples et ordinaires.
L'attention portée à la petite épicerie de Mme Thien soulève également des questions sur la préservation des espaces du quotidien en milieu urbain. Face à des constructions modernes toujours plus grandioses, l'histoire de Mme Pham Thi Thien et de son épicerie nous rappelle que la culture urbaine ne se résume pas aux grands projets ou aux espaces prestigieux. Le fait que de nombreux jeunes s'arrêtent, prennent des photos et s'assoient tranquillement devant cette épicerie montre qu'au fond, les gens ont encore besoin de moments de calme, de simples havres de paix pour contrebalancer le rythme effréné de la vie numérique.


