Le Parlement japonais a adopté une nouvelle loi de succession, mais les femmes ne sont toujours pas autorisées à accéder au trône.
Malgré le soutien populaire massif dont bénéficie la princesse Aiko, le Parlement japonais a officiellement adopté des amendements à la loi sur la Maison impériale, mais a maintenu la disposition interdisant aux femmes d'accéder au trône.

Cette décision signifie que l'avenir du Trône du Chrysanthème – une famille que l'on croit descendante de la déesse du soleil Amaterasu dans la mythologie shintoïste – repose désormais entièrement sur le prince Hisahito, petit-fils de l'empereur Naruhito, âgé de 19 ans. Si Hisahito ne se marie pas et n'a pas de fils, conformément aux anciennes règles, il n'y aura pas d'héritier et la lignée s'éteindra.
Pour remédier à la pénurie d'héritiers mâles, la loi récemment adoptée introduit deux changements majeurs : premièrement, la famille royale est autorisée à intégrer à sa famille les hommes célibataires âgés de 15 ans et plus, à condition qu'ils le restent ; deuxièmement, les femmes de la famille royale qui épousent des roturiers ne seront plus déchues de leurs titres. Cependant, elles ne pourront toujours pas hériter du trône, et leurs époux et enfants ne deviendront pas membres de la famille royale.
Cette mesure a immédiatement suscité un grand scepticisme de la part du public et même des personnes impliquées. Un sondage réalisé par le journalMainichi ShimbunL'enquête a montré que seulement 23 % des personnes interrogées soutenaient cette option d'adoption, tandis que 34 % s'y opposaient.
« À l'âge de 15 ans, un enfant a grandi dans un climat de liberté. Il est difficile de le contraindre à vivre au sein de la cour royale. »— M. Asahiro Kuni, membre d'une des anciennes branches de la famille impériale, a confié qu'il conseillerait à ses petits-enfants de refuser toute offre d'adoption.
La décision du Parlement contredit totalement les souhaits de la grande majorité du peuple japonais. Des sondages réalisés par les médias japonais indiquent que : Plus de 70 % de la population soutenait l’idée d’avoir une impératrice (ouvrant ainsi la voie à la princesse Aiko, 24 ans, la seule fille de l’empereur actuel). Par ailleurs, 40 % sont prêts à soutenir un empereur matrilinéaire.
Cependant, le plus grand obstacle réside dans l'idéologie conservatrice du Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir, dirigé par la première femme Premier ministre du Japon, Sanae Takaichi, qui s'est toujours opposée à la succession féminine.
De nombreux politiciens progressistes au sein du PLD ont également exprimé leur mécontentement. L'ancien député Seiichiro Murakami a critiqué sans détour l'exclusion de la princesse Aiko, la qualifiant de « totalement injustifiée ». Parallèlement, les habitants de Tokyo ont aussi manifesté leur déception, arguant que l'idéologie patriarcale obsolète devait être éradiquée pour refléter la société moderne.


