Le sort du président zimbabwéen après le coup d'État.
Le président Mugabe pourrait compter sur des forces loyales pour lancer une contre-attaque, mais si celle-ci échoue, il sera contraint à l'exil.
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| Le président Robert Mugabe passe en revue la garde d'honneur du Zimbabwe en 2009. Photo : AP. |
Le 15 novembre, l'armée zimbabwéenne a déployé de manière inattendue des véhicules blindés pour sécuriser des positions clés dans la capitale, Harare, et a assigné le président Robert Mugabe à résidence. Bien que les dirigeants militaires zimbabwéens refusent de qualifier cet événement de coup d'État, il pourrait mettre fin aux 37 ans de règne de Mugabe.
Par l'intermédiaire d'envoyés sud-africains et de chefs religieux zimbabwéens, l'armée du pays cherche à négocier avec le président Mugabe pour assurer une transition pacifique du pouvoir, mais Mugabe reste inflexible et refuse de démissionner, plongeant le pays dans un avenir incertain aux multiples scénarios possibles, selon la BBC.
Mugabe démissionne
Quelques heures seulement après que le général Sibusiso Moyo a annoncé à la télévision que l'armée zimbabwéenne prenait le pouvoir, des rumeurs ont circulé selon lesquelles le président Mugabe, âgé de 93 ans, ferait bientôt une déclaration officielle à la nation annonçant sa démission.
Cependant, cela ne s'est pas produit, Mugabe ayant insisté sur le fait qu'il demeurait le seul dirigeant légitime du pays et a refusé de démissionner avant les élections de l'année suivante. Néanmoins, les observateurs estiment que le président Mugabe se trouve actuellement en position de faiblesse lors des négociations, ce qui rend sa démission hautement probable.
Si Mugabe accepte de démissionner, l'ancien vice-président Emmerson Mnangagwa prendrait la tête du parti au pouvoir, la Zanu-PF. Nombreux sont ceux qui pensent que la décision de Mugabe, la semaine dernière, de limoger son adjoint Mnangagwa a été l'élément déclencheur du coup d'État militaire.
Mugabe reste au pouvoir.
Malgré son assignation à résidence, les généraux de l'armée zimbabwéenne continuent de désigner Mugabe comme « Monsieur le Président ». De nombreux officiers de l'armée, ainsi que des membres du parti au pouvoir Zanu-PF, ont été des alliés proches de Mugabe depuis qu'il a dirigé le mouvement de libération du Zimbabwe.
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| Le général Chiwenga s'entretient avec M. Mugabe, assigné à résidence. Photo : News24. |
D'après de nombreux analystes, l'armée zimbabwéenne n'éprouve aucune animosité envers le président Mugabe. Ce qui l'irrite, c'est la prise de pouvoir de la Première dame, Grace Mugabe, qui cherche depuis des mois à évincer le vice-président Mnangagwa pour devenir l'unique successeur de Mugabe.
Nick Mangwana, représentant du parti Zanu-PF au Royaume-Uni, a déclaré que Mugabe pourrait rester président de nom jusqu'à la tenue du congrès national du parti en décembre. À ce moment-là, Mnangagwa pourrait être officiellement élu président du parti et devenir le nouveau dirigeant national.
Toutefois, il est également possible que Mugabe reste président jusqu'à la fin de son mandat et ne démissionne que lorsque le peuple zimbabwéen élira un nouveau dirigeant lors des élections générales de l'année prochaine.
Mugabe organise une contre-attaque.
Selon le commentateur Lebo Diseko, le coup d'État actuel ne vise pas à renverser le régime au Zimbabwe, mais plutôt à mettre en lumière une lutte de pouvoir interne au sein de la Zanu-PF, le parti qui conserve une influence considérable au sein de l'armée. L'armée zimbabwéenne est considérée comme le bras armé de la Zanu-PF.
Outre les officiers qui ont servi Mugabe pendant de nombreuses années, le président zimbabwéen commande également la Garde présidentielle, composée des membres les plus élitistes et les plus loyaux de l'armée.
Par conséquent, Mugabe pourrait encore mobiliser des forces pour lancer une contre-attaque afin de réprimer le coup d'État et de reprendre le pouvoir. Cependant, les observateurs estiment ce scénario hautement improbable.
Assigné à résidence, Mugabe peinait à rallier les soldats à sa cause, les chaînes de télévision et de radio étant sous contrôle militaire. La caserne de la Garde présidentielle était également encerclée par les soldats qui avançaient vers la capitale.
Lorsque le général Constantino Chiwenga a mis en garde la semaine dernière contre les conséquences de la purge au sein du parti Zanu-PF, près de 90 officiers supérieurs l'ont soutenu, affichant ainsi leur appui au commandant des forces armées. Cela laisse supposer que peu d'officiers sont disposés à défendre le président Mugabe dans le contexte actuel.
Mugabe a été contraint à l'exil.
Si le parti Zanu-PF et les généraux militaires ne parviennent pas à un accord sur le transfert du pouvoir, ou si une tentative de contre-attaque échoue, il est fort probable que Mugabe doive quitter le pays et vivre en exil.
Dans ce cas précis, l'Afrique du Sud était l'endroit le plus probable où Mugabe se tournerait. C'était un pays où il était très respecté par la population, notamment en raison de son soutien passé à la lutte contre l'apartheid.
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| M. Mugabe et son épouse, Grace. Photo : AFP. |
En effet, le parti d'opposition EFF en Afrique du Sud a appelé le gouvernement à se tenir prêt à accueillir le président Mugabe comme réfugié politique. La famille Mugabe posséderait de nombreuses propriétés en Afrique du Sud.
Cependant, son épouse, Grace, pourrait rencontrer des difficultés si elle demande l'asile en Afrique du Sud. En août, elle a été accusée d'avoir agressé le mannequin Gabriella Engels dans une chambre d'hôtel à Johannesburg, mais a ensuite été acquittée grâce à l'immunité diplomatique. Malgré cela, Gabriella Engels fait pression sur un tribunal sud-africain pour que l'immunité de Grace soit levée.
Si les efforts d'Engels aboutissent, Grace pourrait être poursuivie pour agression si elle demande l'asile en Afrique du Sud. Dans ce cas, la famille Mugabe pourrait s'installer dans d'autres pays comme Singapour ou la Malaisie, où elle possède également d'importants biens immobiliers.
Selon VNE
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