L'uniforme du journaliste...
(Baonghean) – Les journalistes partagent souvent une caractéristique physique commune et facilement reconnaissable : une veste spécialisée, dotée de nombreuses poches et fonctions, très pratique pour leur travail. Je l’appelle la « veste de journaliste », tout comme la carte de presse du journaliste – deux « identités » distinctes. Mais certains journalistes n’ont pas de carte de presse, et pourtant leur « veste de journaliste » fait office de certification professionnelle. Cette veste symbolise un dévouement sincère au journalisme – un métier exigeant qui serait difficile à exercer sans passion. Certains journalistes sont profondément engagés dans leur profession, tandis que d’autres la considèrent comme une vocation. Et la « communauté des journalistes » est véritablement dynamique, empreinte de camaraderie et de solidarité. Les deux mots « journaliste » évoquent un sentiment de chaleur et de confiance, reflétant la profondeur du métier et la dimension vocationnelle de cette profession.
Je suis allé plusieurs fois au musée, restant silencieux devant les objets de guerre. Outre des gourdes, des sacs à dos et des hamacs, il y avait aussi des appareils photo et, notamment, un uniforme de journaliste criblé de balles et des manuscrits imprégnés d'une forte odeur de poudre.
En observant l'uniforme du journaliste, j'imaginais qu'il s'agissait du même uniforme porté par d'innombrables générations de nos pères et de nos frères lorsqu'ils marchaient vers Diên Biên Phu pour combattre l'ennemi. Un uniforme marqué par les tranchées et les encerclements. Le tissu doux était un bouclier miraculeux, car derrière chaque point battait le cœur d'un soldat de l'armée de l'Oncle Hô, un lien entre le front intérieur et le front de guerre.
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| Journalistes et collaborateurs du quotidien Nghe An travaillant sur la digue de Hung Xuan (Hung Nguyen). Photo : SM |
J'imagine l'uniforme du journaliste comme un gilet de sauvetage, porté par ces hommes bravant les mers déchaînées pour atteindre des îles lointaines et apporter aux lecteurs leurs derniers écrits et films. La patrie, le continent, la mer et les îles sont si proches et si sacrés lorsque, près d'un point de repère au bord de l'eau, un jeune marin converse avec un journaliste plus âgé. Le sujet et l'auteur, deux générations, deux couleurs de cheveux différentes, tandis que le soleil de l'après-midi projette ses ombres sur le sable fin. L'uniforme de la marine, flottant au vent, associé à une silhouette robuste et solide, incarne une conviction partagée, une volonté commune, une aspiration commune. Avec ce gilet de sauvetage, les journalistes rejoignent leurs compatriotes au milieu des tempêtes et des crues dévastatrices de la nature.
L'uniforme, simple et discret, incarne la force d'un écrivain talentueux, un cœur pur qui ose affronter le mal, souvent plus dangereux encore que les balles ennemies. Ni les photographies ni les films ne rendent jamais compte de ces hommes – ceux qui vont toujours au front, au cœur des combats, parfois au péril de leur vie, et qui pourtant se retirent, avec calme et humilité, derrière les pages de leurs manuscrits. Et cet uniforme de journaliste en est le plus beau témoignage – la beauté physique, la beauté idéale d'un soldat sur un champ de bataille sans coups de feu.
Nguyen Ngoc Phu



