Réflexions d'une enseignante sur le métier de « apaiser les enfants ».

Nguyen Thuy September 2, 2018 07:49

« C’est le moment de motiver les enfants ! » – voilà ce qu’a constaté un enseignant de mon école à la rentrée. J’ai beaucoup réfléchi à cette remarque et j’ai mieux compris l’importance de ce parcours exigeant mais enrichissant qui consiste à accomplir la mission de « former les générations futures ».

Notre génération a véritablement grandi, mûrissant pas à pas sous la stricte tutelle de nos professeurs. Je me souviens encore très bien des punitions que mes camarades devaient subir à chaque erreur : rester debout, à genoux, recevoir des coups de fouet, des travaux forcés…

À cette époque, élèves et parents acceptaient la sévérité du professeur comme une fatalité, une chose inévitable. En réalité, comme de nombreux lecteurs l'ont souligné, beaucoup d'élèves avaient tellement peur d'avouer à leurs parents les punitions infligées par le professeur qu'ils craignaient d'être battus à nouveau.

Cependant, l'époque des châtiments corporels à l'école appartient désormais au passé. La société évolue et de nombreuses relations sont contraintes de se transformer pour s'adapter au progrès et à la civilisation. La compréhension croissante du développement holistique de l'enfant confirme peu à peu que les châtiments corporels sont contre-productifs pour l'éducation.

Naturellement, les enseignants sont contraints de revoir leur philosophie pédagogique. Le métier d'enseignant ne consiste plus à « gifler les enfants », mais à « les réconforter ».

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Suite aux récents incidents de violence scolaire, de nombreux enseignants se plaignent du danger que représente l'enseignement pour leur profession. Ils sont accablés par une lourde responsabilité, mais privés de leur droit d'éduquer. C'est vrai, mais ce n'est pas toute l'histoire.

L'enseignement est un métier à part. Je me souviens encore très bien des paroles d'un de mes professeurs, lors de ses adieux à une promotion d'étudiants quittant l'école normale : « Un enseignant doit avoir l'esprit d'un érudit, s'efforçant d'acquérir le plus de connaissances possible. Mais plus que tout, un enseignant a besoin d'un cœur de mère, plein d'amour, d'altruisme et d'une patience infinie. »

Ces paroles sincères dressent le portrait d'un enseignant exemplaire. Des deux éléments, le « talent » et la « vertu », la vertu est manifestement essentielle, surtout dans un contexte où la profession enseignante subit des pressions de toutes parts et où chaque action est scrutée et jugée sévèrement.

L'expérience a montré que les enseignants les plus respectés, ceux qui marquent durablement leurs élèves, sont avant tout ceux qui aiment profondément leurs élèves, qui sont compatissants face à leurs erreurs et qui utilisent leur propre vie exemplaire pour apprivoiser les élèves rebelles et « dompter » ces « chevaux indomptables » durant leurs années d'adolescence difficiles...

Avant de devenir d'excellents enseignants, ces professeurs ont réussi en incarnant des modèles de vertu et en faisant preuve d'un amour sans bornes. Et la « douce récompense » qu'ils recevaient était parfois simplement un beau bouquet de fleurs, un remerciement écrit, ou un message venu de loin… de quoi leur réchauffer le cœur.

L'amour, l'altruisme et la patience – trois qualités essentielles d'un enseignant – semblent avoir été négligés. Chaque année, lors des recrutements, aucun sondage ni programme de formation systématique n'est mis en place pour susciter ou cultiver la passion pour le métier et l'affection pour les enfants. De ce fait, certains étudiants en formation peuvent réaliser soudainement que l'enseignement n'est pas simplement un moyen de gagner sa vie et que s'engager à contrecœur dans cette voie ne fait qu'engendrer des souffrances pour eux-mêmes et pour autrui.

Les formations et les stages pratiques en milieu pédagogique restent encore trop théoriques, formalistes et axés sur des slogans. Les étudiants en formation pédagogique sont toujours désorientés par des récits répétitifs et des discours dépassés. Parallèlement, la diversité et l'évolution constante des situations réelles dans les établissements secondaires obligent les enseignants à s'adapter, garantissant ainsi des méthodes pédagogiques efficaces et le respect de la déontologie.

Mais comment pouvons-nous « inverser la tendance » alors que les lacunes en matière de formation des enseignants restent non comblées ?

Je crois qu'avant de transmettre des connaissances spécialisées aux futurs enseignants, les écoles normales devraient leur apprendre à « réconforter les enfants », à « cultiver » et à « nourrir » le cœur maternel qui sommeille en chaque futur éducateur !

À l'aube de cette nouvelle année scolaire, les élèves de tout le pays reprennent le chemin de l'école avec enthousiasme. Nous espérons que chaque enseignant qui entrera en classe cultivera une passion pour la noble mission d'éduquer les générations futures et un amour profond pour les enfants.

Source : dantri.com.vn
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Réflexions d'une enseignante sur le métier de « apaiser les enfants ».
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