Le nouveau président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, est confronté à un « test » de la part du marché obligataire.

Thanh VinhMay 28, 2026 14:31

Dès sa prise de fonctions, Kevin Warsh a dû faire face à la pression de la hausse des rendements des obligations américaines, obligeant la Fed à mettre en balance la demande du gouvernement pour des taux d'intérêt plus bas et la nécessité de contrôler l'inflation.

Dès sa prise de fonction à la tête de la Réserve fédérale (Fed), Kevin Warsh a dû faire face à une forte pression du marché obligataire mondial. La hausse des rendements a été interprétée par les analystes comme un message clair des investisseurs : la Fed doit maintenir, voire relever, ses taux d’intérêt pour maîtriser l’inflation, au lieu de procéder aux baisses escomptées par le président Donald Trump.

Les rendements obligataires ont atteint des niveaux records sur plusieurs décennies.

La semaine précédant l'investiture du secrétaire d'État Warsh, le marché des obligations d'État américaines a connu une forte volatilité. Plus précisément, le rendement des obligations du Trésor à 30 ans a brièvement dépassé 5,19 %, atteignant son plus haut niveau depuis 2007. Le rendement des obligations à 10 ans a également grimpé à son plus haut niveau depuis plus d'un an.

Biểu đồ diễn biến lợi suất trái phiếu Chính phủ Mỹ

Bien que la baisse se soit atténuée lors de la séance du 27 mai, les rendements sont restés élevés. Le rendement à 10 ans a légèrement reculé d'un point de base à 4,481 %, tandis que le rendement à 30 ans s'établissait à 5,01 %. Il est à noter qu'avant le déclenchement du conflit irano-américain il y a trois mois, le rendement à 10 ans était resté constamment inférieur à 4 %.

Pressions inflationnistes liées aux prix du pétrole et aux dépenses publiques.

La hausse des rendements obligataires s'explique principalement par les craintes d'une inflation accrue, elle-même alimentée par la flambée des prix du pétrole brut due à la guerre. Par ailleurs, l'important déficit budgétaire a contraint le gouvernement américain à émettre massivement des obligations, augmentant ainsi l'offre et faisant grimper les coûts d'emprunt.

Par ailleurs, la vague d'investissements dans l'intelligence artificielle (IA) a également contribué à stimuler la croissance économique et les profits des entreprises. Ce phénomène engendre involontairement une concurrence accrue pour les capitaux, contraignant les obligations d'État à maintenir des rendements élevés afin d'attirer les investisseurs. Subadra Rajappa, responsable des études de marché aux États-Unis chez Société Générale, qualifie cette situation de « environnement de taux d'intérêt élevés persistants », conséquence de la combinaison de la dette publique et des dépenses de défense.

Le dilemme auquel est confronté le nouveau président de la Fed.

Kevin Warsh est actuellement soumis à une double pression, émanant à la fois des marchés financiers et du pouvoir exécutif. Baisser les taux d'intérêt, comme le souhaite le président Trump, pourrait plonger les marchés dans la volatilité en raison des craintes d'une inflation incontrôlée. À l'inverse, relever les taux d'intérêt, comme l'anticipe le marché, risquerait de créer des tensions avec la Maison-Blanche.

L'économiste en chef Tim Duy, de SGH Macro Advisors, a déclaré : « Les données actuelles indiquent que M. Warsh n'a aucune marge de manœuvre pour baisser les taux d'intérêt. » Ce point de vue est également partagé par plusieurs autres responsables de la Fed. Neel Kashkari, président de la branche de Minneapolis de la Fed, a affirmé que la Fed devait se concentrer sur la maîtrise des risques d'inflation, le marché du travail restant plus stable que prévu.

Parallèlement, Jerome Powell, qui a récemment quitté ses fonctions mais demeure membre du Conseil des gouverneurs, a déclaré que la Réserve fédérale devait observer une diminution des prix de l'énergie et des pressions tarifaires avant d'envisager un assouplissement de sa politique monétaire. Cette évolution laisse présager que l'indépendance de la Fed sera un facteur déterminant pour l'évolution du sentiment de marché dans les prochains mois.

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Le nouveau président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, est confronté à un « test » de la part du marché obligataire.
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