Sous-marin semi-marin chinois, tirs de missiles iraniens, base russe au Soudan

CTVXDecember 7, 2025 06:24

Des images de Huangpu montrent un navire semi-submersible à triple coque de 65 mètres de long, soupçonné d'utiliser la technologie des hydrojets ; l'Iran lance des missiles depuis l'intérieur des terres vers la mer d'Oman ; le Soudan relance sa proposition d'implantation d'une base russe à Port-Soudan.

L'actualité militaire du 7 décembre met en lumière trois développements : la Chine a dévoilé à Huangpu (Guangzhou) un prototype de navire de guerre semi-submersible à triple coque ; le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien (CGRI) a lancé des missiles depuis l'intérieur des terres vers la mer d'Oman lors de l'exercice Eghtedar ; et le Soudan a relancé sa proposition d'autoriser la Russie à établir une base navale de 25 ans en mer Rouge.

La Chine teste un prototype de semi-submersible à triple coque.

Des images du chantier naval de Huangpu (Guangzhou) montrent un navire à coque allongée, de type trimaran, doté d'une superstructure très réduite et de marquages ​​évoquant un indicateur de tirant d'eau. Ces marquages ​​laissent supposer une possible utilisation en semi-submersible ou en immersion complète.

Son design minimaliste, dépourvu de lanceurs de missiles apparents, de compartiments pour drones et de vastes quartiers d'habitation, laisse supposer qu'il s'agit d'un navire sans équipage ou nécessitant un nombre très réduit d'opérateurs. Avec une longueur d'observation d'environ 65 mètres et une peinture gris foncé ou noire semblable à celle d'un sous-marin, sa configuration à triple coque est inhabituelle tant pour les navires de surface que pour les sous-marins traditionnels.

L'analyste Alex Luck a évoqué la possibilité d'installer un système de propulsion par hydrojet à l'arrière, ce qui réduirait le bruit et les bulles d'air en mouvement, le rendant ainsi adapté aux opérations furtives à grande vitesse. La petite structure située à l'arrière du navire pourrait accueillir un conduit de ventilation ou une antenne.

  • Une hypothèse fréquemment évoquée est que le semi-submersible transporte des missiles, capables de lancer des projectiles puis de plonger pour réduire la probabilité d'être détecté.
  • Parmi les autres possibilités évoquées figurent : une plateforme pour le déploiement de drones, de mini-sous-marins et de véhicules pour des missions secrètes en eaux peu profondes.
  • Autre approche : tester des prototypes pour le développement technologique dans le cadre de projets hybrides combinant navires de surface et sous-marins.

Sa véritable finalité n'a pas été dévoilée. L'absence d'espace en superstructure indique également que le navire n'est pas conçu pour un équipage important ni pour des systèmes radar/capteurs de grande envergure. Sa présence à Huangpu renforce l'hypothèse d'un « dépôt d'armes semi-submersible », qui circule depuis 2017.

Tàu ba thân của Trung Quốc được nhìn thấy trên biển - Ảnh War Zone
Un trimaran chinois aperçu en mer - Photo : TWZ

L'Iran fait la démonstration d'une attaque anti-navire terrestre.

Le 5 décembre, lors de la deuxième phase de l'exercice naval Eghtedar, les Gardiens de la révolution iraniens ont procédé à une série de tirs de missiles de croisière et balistiques. Ces missiles, tirés depuis plusieurs sites situés en profondeur à l'intérieur des terres, visaient des cibles simulées en mer d'Oman. Les autorités iraniennes ont présenté ce tir comme un message de dissuasion à l'égard d'Israël et des autres pays alliés des États-Unis dans la région.

Selon les médias iraniens, les missiles utilisés comprennent les Qadr-110, Qadr-380, Qadir et 303. Les tirs effectués depuis des sites dispersés à l'intérieur des terres indiquent une priorité accordée à l'augmentation de la portée et de la manœuvrabilité, ainsi qu'à la réduction du risque de détection et de frappe préventive avant le tir. Des unités de drones ont également été déployées pour simuler des attaques contre des « bases ennemies », démontrant ainsi la coordination d'opérations multidirectionnelles.

Les analystes régionaux s'intéressent de près au Qadr-380, un missile de croisière à longue portée (plus de 1 000 km) capable de voler à basse altitude au-dessus de la mer et déployable depuis des lanceurs mobiles ou des silos souterrains. Ce lancement depuis le territoire national étend la portée opérationnelle au-delà du golfe Persique, tout en complexifiant la capacité de riposte de l'ennemi.

Les images diffusées par l'Iran ne peuvent être vérifiées de manière indépendante. Cependant, les données satellitaires et l'activité maritime concomitante suggèrent un renforcement de la présence militaire dans le golfe d'Oman. Ces exercices servent à la fois de test technique et de signal dissuasif dans un contexte de tensions régionales.

Un missile de croisière iranien est lancé depuis une position terrestre vers une cible navale en mer d'Oman lors de l'exercice Eghtedar, le 5 décembre. - Photo : Agence de presse iranienne

Le Soudan donne son feu vert à l'implantation d'une base navale russe.

Les dirigeants militaires soudanais ont relancé un projet visant à autoriser la Russie à construire une base navale de 25 ans en mer Rouge, probablement à Port-Soudan. Selon des sources citées par le Wall Street Journal, ce projet permettrait le déploiement d'environ 300 personnes et l'accueil de quatre navires de guerre, dont des bâtiments à propulsion nucléaire.

En échange, Khartoum a demandé des systèmes de défense aérienne et des armes à des prix préférentiels pour contrer les RSF, notamment le S-300PMU2 (radar 64N6E2 détectant des cibles à plus de 300 km), le S-350 Vityaz (interceptant des avions et des missiles à environ 120 km à l'aide du 9M96E2), ainsi que le Buk-M2E, le Pantsir-S1, les bombes guidées KAB, les roquettes guidées et les capacités d'interception basées sur des drones de fabrication russe.

SystèmeFonctions principalesLes paramètres sont indiqués dans la source.
Radar S-300PMU2 + 64N6E2Défense aérienne à longue portéeCible détectée à plus de 300 km
S-350 Vityaz + 9M96E2Avions d'interception et missiles à moyenne portée.La portée est d'environ 120 km.

Si elles étaient déployées, ces systèmes permettraient au Soudan de se doter d'un réseau de défense aérienne multicouche, renforçant ainsi la protection de Khartoum et de Port-Soudan contre les drones armés, les missiles et les attaques à courte portée. Sur le terrain, cette capacité de défense aérienne multicouche pourrait modifier l'équilibre des forces sur les routes reliant la capitale à la mer Rouge.

Outre le secteur militaire, l'accord privilégie l'octroi de concessions minières à des entreprises russes. Pour la Russie, une base en mer Rouge étend sa présence navale au-delà des zones restreintes comme la mer Noire ou la mer Baltique, lui donnant accès à la voie maritime de Suez-océan Indien, où de nombreuses grandes puissances sont fortement implantées.

Les négociations auraient porté sur la possibilité pour la Russie de fournir le système de défense aérienne S-300PMU2 Favorit, doté de son radar 64N6E2 capable de détecter des cibles à plus de 300 km, ainsi que le système S-350 Vityaz, conçu pour intercepter les aéronefs et les missiles dans un rayon d'environ 120 km à l'aide de missiles intercepteurs 9M96E2. - Photo : Vitaly V. Kuzmin
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