International

Téhéran met en garde contre le risque d'une reprise du conflit avec les États-Unis alors que les négociations sont au point mort.

Hoang Bach May 2, 2026 17:06

Le 2 mai, un haut responsable militaire iranien a averti que le risque d'une reprise du conflit armé avec les États-Unis était « très probable ». Cette déclaration est intervenue peu après que le président américain Donald Trump a exprimé son mécontentement et rejeté la dernière proposition de négociation de Téhéran.

afp__20260429__a9b88lz__v1__highres__iranusisraelwar.jpg
Un homme passe devant une affiche représentant le guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, installée dans une rue de Téhéran le 29 avril. Photo : AFP

Les négociations sont au point mort.

S'exprimant auprès de l'agence de presse iranienne Fars le matin du 2 mai, Mohammad Jafar Asadi, haut responsable du commandement central iranien, a déclaré : « Un nouveau conflit entre l'Iran et les États-Unis est fort probable. » Il a également accusé Washington de ne pas respecter ses engagements et accords internationaux.

Cette déclaration ferme des responsables militaires iraniens est intervenue quelques heures seulement après que le président américain Donald Trump a publiquement rejeté le projet d'accord de négociation que Téhéran avait soumis par l'intermédiaire du Pakistan, le soir du 30 avril.

« Pour l'instant, je ne suis pas satisfait de ce qu'ils proposent », a déclaré Trump aux journalistes. Le président américain a laissé entendre qu'il n'excluait pas le recours à des mesures militaires plus strictes, tout en précisant qu'il privilégiait toujours la conclusion d'un accord fondé sur des considérations humanitaires.

Alors que la Maison Blanche a refusé de donner des détails sur la proposition iranienne, Axios, citant des sources bien informées, a rapporté que l'envoyé américain Steve Witkoff avait demandé que le programme nucléaire de Téhéran soit de nouveau abordé lors des négociations. Parmi les nouvelles exigences américaines figurait l'obligation pour l'Iran de ne pas déplacer d'uranium enrichi des installations bombardées, ni de reprendre ses activités sur ces sites pendant les négociations.

Du côté iranien, le ministre de la Justice, Gholamhossein Mohseni Ejei, a souligné que son pays « n’évite jamais les négociations », mais a fermement refusé d’accepter « l’imposition » des conditions de paix.

afp__20260429__a9be79g__v1__highres__iraqiranusisraelwar.jpg
Des employés de la compagnie pétrolière de Bassorah inspectent le champ pétrolier et gazier de Nahr Bin Umar (sud de l'Irak) le 29 avril 2026. Bagdad affirme avoir trouvé un terrain d'entente avec les États-Unis et l'Iran afin d'atténuer l'impact du blocus du détroit d'Ormuz sur les exportations de pétrole irakiennes. Photo : AFP

L'économie mondiale est soumise à une pression immense.

L'impasse persistante des négociations continue de peser lourdement sur les perspectives économiques régionales et mondiales. Immédiatement après la publication de la nouvelle proposition iranienne, les cours mondiaux du pétrole ont légèrement baissé d'environ 5 %. Cependant, les prix actuels restent environ 50 % plus élevés qu'avant le début du conflit, fin février 2026.

La principale raison de cette situation est le blocus persistant du détroit d'Ormuz, voie maritime essentielle pour l'économie mondiale. L'Iran maintient un contrôle strict sur la zone, perturbant gravement l'approvisionnement en pétrole, en gaz et en engrais. En réponse, les États-Unis imposent également un blocus aux ports iraniens. L'armée américaine estime que ce blocus a bloqué environ 6 milliards de dollars d'exportations de pétrole en provenance de Téhéran. Washington a également récemment imposé des sanctions supplémentaires à trois sociétés monétaires iraniennes.

Les conséquences du conflit pèsent lourdement sur l'économie iranienne. L'inflation, déjà élevée, a désormais dépassé les 50 %, plongeant la population dans d'immenses difficultés. En réponse, le guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, a exhorté les entreprises touchées à éviter les licenciements et a mis en garde les forces hostiles contre une « guerre sainte économique et culturelle ».

Les États-Unis débattent des pouvoirs de guerre.

Dans un contexte de tensions persistantes avec l'Iran, les États-Unis continuent de renforcer la puissance militaire de leurs alliés dans la région. Le 1er mai au soir, Washington a annoncé l'approbation de ventes d'armes à grande échelle, dont un contrat de 4 milliards de dollars pour des systèmes de missiles Patriot au Qatar et un autre de près d'un milliard de dollars pour des systèmes d'armes de précision à Israël.

Ces événements surviennent dans un contexte de combats persistants au Moyen-Orient. Au Liban, malgré un cessez-le-feu conclu avec les forces du Hezbollah, les frappes aériennes israéliennes se poursuivent. Le ministère libanais de la Santé a fait état de 13 morts lors d'attaques dans le sud du pays.

À Washington, l'administration Trump subit également des pressions politiques internes. Les parlementaires débattent âprement de la question de savoir si Trump a violé le délai fixé par la loi sur les pouvoirs de guerre. Les responsables de la Maison-Blanche affirment que le cessez-le-feu du 7 avril a suspendu le délai de 60 jours requis par le Congrès pour la reprise des opérations militaires. Dans une lettre adressée aux dirigeants du Congrès, Trump a affirmé qu'« aucun tir » n'avait eu lieu depuis le 7 avril et que les hostilités « avaient cessé ». Cependant, les démocrates, dans l'opposition, ont fermement rejeté cet argument.

Source : AFP
Copier le lien
0 0 0
x
Téhéran met en garde contre le risque d'une reprise du conflit avec les États-Unis alors que les négociations sont au point mort.
Google News
ALIMENTÉ PARGRATUITCMS- UN PRODUIT DENEKO