Réflexion

Têt avec la famille du mari vs. Têt avec la famille de la femme : comment « partager » le Têt équitablement ?

Phuoc Anh February 11, 2026 09:34

Le Têt (Nouvel An lunaire vietnamien) s'accompagne de nombreuses joies et inquiétudes. L'une des principales préoccupations des belles-filles est de savoir où célébrer le Têt cette année. Le débat sur le choix de fêter le Têt avec la famille du mari ou celle de la femme peut sembler désuet, mais il reste chaque année un sujet de discussion très animé.

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Contenu et conception :Phuoc Anh11 février 2026

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Pendant des générations, le Têt (Nouvel An lunaire) était associé à la tradition selon laquelle les belles-filles séjournaient chez leurs maris et y retournaient pour accomplir les rituels et faire les offrandes. Cette pratique était autrefois considérée comme naturelle et appropriée compte tenu du contexte social où les familles élargies vivaient ensemble, où les transports étaient difficiles et où voyager était compliqué. Après le mariage, les femmes adoptaient un mode de vie presque entièrement différent, avec de nouvelles responsabilités et obligations.

Cependant, avec l'évolution de la vie sociale, les familles nucléaires se généralisent et les enfants travaillent et font carrière ailleurs. De nombreux couples ne disposent que de quelques jours de congé pour le Têt (Nouvel An lunaire). Ce temps limité rend le choix de célébrer le Têt avec la famille de l'épouse ou celle de l'époux particulièrement important et mûrement réfléchi.

Pour de nombreuses femmes, le Têt (Nouvel An lunaire) est à la fois source d'attente et de pression. Elles souhaitent remplir leurs devoirs envers la famille de leur mari, mais aspirent aussi à retrouver leurs parents et leurs frères et sœurs durant les premiers jours de l'année. Ce conflit intérieur se manifeste souvent en silence. Nombreuses sont celles qui choisissent de réprimer leurs désirs pour préserver une harmonie apparente, mais le sentiment d'être laissées pour compte persiste, couvant à chaque Têt.

Du côté du mari, le désir de retrouvailles est tout à fait sincère. Pour de nombreux parents, le Têt (Nouvel An lunaire) est une rare occasion où tous leurs enfants et petits-enfants se réunissent. La présence de la belle-fille symbolise une famille unie et chaleureuse. Une fois le fils marié, le rôle de la belle-fille dans les préparatifs du Têt est souvent considéré comme allant de soi, et rares sont ceux qui jugent nécessaire de le faire évoluer. Cette évidence tacite engendre un décalage entre les générations, tant au niveau des points de vue que du dialogue, transformant parfois des souhaits sincères en une pression latente.

Le débat sur la célébration du Têt (Nouvel An vietnamien) avec la famille du mari ou celle de la femme ne peut se réduire à une simple question de bien ou de mal. Il reflète la confrontation entre les traditions ancestrales et le rythme de la vie moderne, qui exige une plus grande souplesse dans l'organisation des relations familiales. L'important est de ne pas s'en tenir à un schéma rigide, mais de savoir écouter et s'adapter à chaque situation.

Il est également important de reconnaître que toutes les familles n'ont pas les moyens de partager équitablement les célébrations du Nouvel An lunaire. Certaines familles n'ont qu'une personne âgée qui attend leurs enfants et petits-enfants. D'autres jeunes familles vivent trop loin et ne peuvent retourner dans leur ville natale qu'une fois par an. Dans de telles situations, s'en tenir strictement à un seul principe peut facilement engendrer un stress accru. En privilégiant l'empathie, de nombreux problèmes trouvent naturellement des solutions.

Sur les réseaux sociaux, les débats dégénèrent souvent en confrontations. Les histoires personnelles sont rapidement transformées en conclusions générales. La souffrance individuelle est parfois utilisée comme preuve pour remettre en cause des traditions entières. Cette perspective conduit facilement à une perte de sensibilité dans les questions familiales et émotionnelles.

En réalité, ce que beaucoup de femmes désirent, ce n'est pas tant avoir gain de cause dans le débat sur le choix de célébrer le Têt avec la famille de leur mari ou la leur, mais plutôt que leurs sentiments soient reconnus comme légitimes. Le manque de leurs parents et de leurs frères et sœurs pendant le Têt ne devrait pas les obliger à s'humilier et à demander la permission. Souhaiter que la famille de leur mari participe aux préparatifs du Têt n'est pas non plus une demande déraisonnable. Lorsque ces sentiments sont entendus et compris, le choix de célébrer le Têt avec la famille de leur mari ou la leur leur paraîtra beaucoup moins lourd.

Dans cette histoire, le mari joue incontestablement un rôle primordial. Lorsqu'un homme est suffisamment sensible pour comprendre les difficultés intérieures de sa femme et suffisamment proactif pour engager des discussions franches avec les deux familles, de nombreux conflits peuvent être résolus dès le départ. L'harmonie repose sur la sincérité et la responsabilité.

En fin de compte, le Têt (Nouvel An vietnamien) n'est pas seulement un moment de retrouvailles ; c'est avant tout se sentir accepté, ralentir le rythme et être entouré de ses proches sans la pression de devoir plaire à tout le monde. Lorsqu'une femme se sent respectée aussi bien chez son mari que chez ses parents, la question de savoir si elle doit célébrer le Têt avec la famille de son mari ou celle de ses propres parents la préoccupera moins. Il est peut-être temps d'envisager cette question avec plus de sérénité. Au lieu de s'accrocher aux vieilles coutumes, chaque famille peut choisir une formule qui lui convient, pourvu que personne ne se sente exclu. La tradition n'a de véritable valeur que lorsqu'elle favorise les liens et le consensus.

Le Têt est un moment de rapprochement. Lorsque l'amour prime sur les coutumes et que le dialogue s'instaure sincèrement, la question de savoir s'il faut célébrer le Têt en famille ou avec la famille élargie ne se pose plus. Alors, le Têt est simplement le Têt, un moment de véritables retrouvailles, où chacun retrouve chez soi un sentiment de paix et de sérénité.

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