En mars, les fleurs du Bombax s'épanouissent.

March 31, 2015 10:20

(Baonghean) – Mars arrive avec son soleil sec et une fraîcheur persistante héritée de la fin de l’hiver. En mars, les fleurs pourpres du lilas des Indes embaument les ruelles. Le parfum des pomelos imprègne l’air. Et en mars, le rouge éclatant des fleurs de kapokier ravive les souvenirs d’enfance…

Mars fait fleurir de nombreuses fleurs qui évoquent la nostalgie, ravivant des souvenirs d'enfance et une douce mélancolie sur le chemin du retour. Mais pour moi, pour mon enfance, mars est associé à une fleur en particulier : le rouge éclatant du kapokier.

Ảnh: Internet
Photo : Internet
Au loin, dans le ciel, des fleurs d'un amour naïf, de jeux d'enfants, leurs pétales tourbillonnant au vent, teintés de nostalgie. Le kapokier noueux et épineux, aux branches nues et sans feuilles, nourrit ces fleurs d'un rouge éclatant, dont la beauté émeut les cœurs.

Puis les fleurs de kapokier tombèrent. Nous, les enfants, continuions à flâner ensemble sous le kapokier, ramassant et chérissant les fleurs que le vent avait emportées jusqu'au sol. Leur couleur vibrante et passionnée insufflait chaleur et enthousiasme, colorant le paysage de notre terre natale. Ce rouge, mêlé aux innombrables chants d'oiseaux, s'imprimait silencieusement dans le cœur de chaque enfant du village. Ceux qui, jadis, posaient leur tête sur l'herbe, ne souhaitaient qu'emporter avec eux, jusqu'à l'horizon, la couleur de ces fleurs de mai. Notre terre natale, belle dans sa simplicité et sa paix, brille d'un éclat encore plus vif chaque année en mars.

Enfant, mes amis et moi cueillions les pétales de ces fleurs et les grignotions avec délectation. Chaque après-midi, nous nous réunissions sous le kapokier, cueillant des branches pour confectionner des couronnes de fleurs que nous portions sur la tête et avec lesquelles nous jouions aux mariés. Ou bien, nous ramassions des fleurs de kapok pour jouer au marchand ou à la cuisinière. De ces simples fleurs rustiques, grâce à la riche imagination des enfants, sont nés d'innombrables jeux sous cet arbre paisible. Aujourd'hui encore, il m'arrive de me remémorer ces souvenirs et de rêver à y retourner, assise sous le kapokier, à regarder les pétales s'envoler au vent, tournoyant sans fin comme des moulins à vent avant de se poser sur l'herbe. Il me semble que cette immense paix demeure en moi à cet instant précis où mes yeux sont captivés par les couleurs des fleurs de kapok. Je voudrais que cela dure toujours, serein et doux dans mon âme.

Dans mon village natal, deux vieux kapokiers, au cœur même du village, projetaient leur ombre sur le canal, leurs pétales frémissant et tombant. Leur floraison, limitée au mois de mars, était éphémère, mais l'impression qui s'en dégageait était poignante et profondément émouvante.

Những bông hoa gạo đỏ sặc sỡ khoe sắc bên lòng hồ thủy điện Khe Bố.
Les fleurs rouge vif du kapokier sont en pleine floraison près du réservoir hydroélectrique de Khe Bo.
Những bông hoa gạo đỏ sặc sỡ khoe sắc bên lòng hồ thủy điện Khe Bố.
Les fleurs rouge vif du kapokier sont en pleine floraison près du réservoir hydroélectrique de Khe Bo.
Hoa gạo tháng 3
Le kapok fleurit en mars. Photo de : Ho Phuong

Au fil du temps, les kapokiers qui fleurissaient jadis dans ma ville natale ont été abattus, et il ne reste plus que leur souvenir dans ma mémoire. En grandissant, chaque année au mois de mars, une vague de nostalgie m'envahissait à l'idée de ces fleurs de kapokier. Récemment, j'ai eu la chance de visiter les hauts plateaux de la province de Nghệ An et j'ai découvert par hasard un kapokier luxuriant, dont les fleurs d'un rouge éclatant illuminaient un coin de ciel. Soudain, le souvenir d'une terre débordante de fleurs s'est ravivé. À cet instant, mon cœur aspirait secrètement à retourner dans cette vaste étendue de kapokiers en fleurs, à y trouver la paix, à laisser ce rouge passionné dissiper tous mes soucis et mes angoisses. Si seulement je le pouvais, je voudrais retourner à cette époque révolue pour tenir une fleur entre mes mains, pour regarder ses pétales danser et tourbillonner au gré du vent.

C’est peut-être pour cela que, au plus profond de mon cœur, je garde précieusement en mémoire ces journées de mars enchanteresses, contemplant avec émerveillement les fleurs de kapokier qui, sans le vouloir, embrasaient le ciel de ma terre natale. Dans le regard émerveillé des enfants de mon village, les fleurs de kapokier étaient comme une berceuse, comme un conte de fées magique. Les deux kapokiers de mon village, bien qu’ils n’y soient plus, fleurissent encore d’une couleur vibrante et captivante, un souvenir d’antan, nous guidant de loin vers l’étreinte de notre patrie…

DUY NGỢI

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Article paru dans le journal Nghe An

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