En juillet, on énumérait les noms de ces fils qui ne sont pas encore revenus.
En ce 79e anniversaire de la Journée des invalides et des martyrs de guerre (27 juillet 1947 - 27 juillet 2026), la nation rend une fois de plus hommage aux sacrifices incommensurables. Mais aujourd'hui, la gratitude s'exprime bien au-delà de l'encens, des couronnes ou des simples paroles de commémoration.
Durant cette campagne de 500 jours consacrée à la recherche, au recueil et à l'identification des dépouilles des soldats tombés au combat, la gratitude se transforme en actions concrètes : retrouver, ramener et nommer correctement ceux qui sont tombés pour la pérennité de la Patrie.
Juillet est de retour, et la fumée odorante de l'encens se mêle à la brume persistante du soir sur les cimetières des martyrs à travers le Vietnam. Sur les rivières jadis embrasées, l'eau coule encore, emportant les messages d'innombrables jeunes soldats. Le temps a recouvert d'une teinte verdoyante les flancs des collines, les grottes et les embarcadères jadis ravagés par les bombes et les balles.
Mais dans de nombreux foyers vietnamiens, les pertes de la guerre ne se sont jamais vraiment apaisées. Il y a encore des autels ne portant qu'un certificat de reconnaissance de la nation, sans une poignée de terre de leur patrie pour accueillir les défunts ; il y a encore des mères qui, jusqu'à leur dernier souffle, ignorent où sont enterrés leurs enfants ; des épouses aux cheveux grisonnants attendent toujours avec anxiété des nouvelles de leurs maris ; et des enfants qui ont vécu presque toute leur vie sans jamais avoir crié « Papa ! »

Le principe de « boire de l'eau en se souvenant de sa source » reste d'actualité. Plus nous nous éloignons de la guerre, plus nous apprécions la valeur de la paix. Les villes paisibles que nous connaissons aujourd'hui ont été bâties sur les sacrifices de ceux qui sont restés à jamais jeunes.
Au carrefour de Dong Loc, le souvenir des dix jeunes volontaires fait encore couler des larmes. Le poème « Cuc ơi ! » n’est pas seulement un appel à une camarade, mais un cri qui transperce la terre, les bombes et l’épreuve du temps : « Cuc ơi, où es-tu ? » résonne pour d’innombrables mères et les générations futures.

À Truong Bon, la chanson « Cette poignée de terre, est-ce vraiment toi ? » résonne comme une berceuse murmurée au cœur chaleureux de la terre. À la grotte de Tam Co, l’histoire des huit jeunes volontaires ensevelis sous les bombes à l’entrée de la grotte, sur la route de la Victoire du 20e anniversaire, demeure le souvenir le plus tragique de Truong Son. Piégés dans l’obscurité, souffrant de la faim et du froid, ils partagèrent chaque gorgée d’eau, chantant pour s’encourager mutuellement, jusqu’à ce que leurs voix s’éteignent.
Et puis il y a la citadelle antique de Quang Tri, le cimetière de Truong Son, le fleuve Thach Han… Ces « lieux de mémoire » sont les endroits où la nation s’incline devant ceux qui ont péri pour que la patrie puisse renaître. Le long du fleuve Thach Han, chaque coup de rame semble aujourd’hui plus lent, plus doux, car sous l’eau reposent le sang et les os d’innombrables jeunes soldats d’une vingtaine d’années, durant ces jours de feu.
"Traversier OuaisGeléeKhan Demander pagayer lumière
Bas rivière toujours là Ami je mensonge
Avoir ans paire vingt mur vague eau
Prise paix bord royaume pour toujours mille année"

À sa lecture, nous entendons non seulement le bruit de l'eau, mais aussi les appels des camarades, le rappel de marcher avec douceur devant les sacrifices qui font désormais partie intégrante des montagnes et des rivières.
La gratitude, si elle se limite à l'émotion, reste insuffisante. Derrière les cérémonies commémoratives se cache une immense dette envers le temps : à travers le pays, environ 175 000 dépouilles de soldats tombés au combat restent à retrouver, et plus de 300 000 tombes de soldats inconnus demeurent introuvables. Chacun de ces chiffres n'est pas une simple statistique, mais représente une famille, un autel, une attente insoutenable.
Par conséquent, la campagne de 500 jours visant à intensifier la recherche, le recueil et l'identification des dépouilles des soldats tombés au combat revêt une importance particulière. Conformément à la décision n° 27/QD-BCDQG, cette campagne, destinée à commémorer le 80e anniversaire de la Journée des invalides et des martyrs de guerre, se déroulera du 15 mars 2026 au 27 juillet 2027. C'est une course contre la montre, contre l'effacement des souvenirs, la transformation des paysages et la diminution du nombre de témoins historiques. Les forêts ont changé de tracé, les rivières et les ruisseaux ont dévié ; chaque jour qui passe risque d'effacer un indice, mais chaque action décisive ouvre une nouvelle voie à leur restitution.
La campagne vise à exhumer environ 7 000 dépouilles ; à prélever des échantillons dans près de 230 000 tombes non identifiées ; à réaliser des tests ADN sur environ 18 000 échantillons ; à constituer une base de données génétiques des familles ; et à déminer les zones clés. Un simple échantillon d’ADN pourrait permettre d’établir un lien de parenté entre un père et son fils, un frère et sa sœur. Un objet, une inscription sur une gourde, un bouton ou un morceau de tissu déchiré pourraient également contribuer à l’identification d’une personne.
Des récits illustrent clairement pourquoi les recherches des camarades tombés au combat ne peuvent plus être retardées. Début mars 1999, dans la vieille forêt du village de Dak Ring, district de Kon Plong, province de Kon Tum, des habitants découvrirent un hamac de parachute vert, suspendu de façon précaire entre deux grands arbres, à une quinzaine de mètres du sol. En grimpant pour vérifier, ils furent stupéfaits de découvrir un squelette parfaitement conservé sous une couche de feuilles mortes, à côté d'un sac à dos en décomposition. Grâce aux effets personnels restants, tels qu'un carnet, un stylo et des papiers, les autorités identifièrent la dépouille comme étant celle du martyr Nguyen Van Hung, originaire de Tong Bat, Ba Vi, à Hanoï, membre d'une unité médicale partie combattre sur le champ de bataille des Hauts Plateaux du Centre.
En 1974, atteint d'une grave crise de paludisme lors d'une marche dans la jungle, il se porta volontaire pour rester sur place. Il installa son hamac entre deux jeunes arbres afin de ne pas contaminer son unité, attendant d'être secouru par le prochain groupe ou espérant rejoindre ses camarades une fois rétabli. Cependant, le paludisme et le manque de médicaments le retinrent prisonnier jusqu'à la fin, juste avant la grande victoire du printemps. Pendant 25 ans, ces deux jeunes pousses sont devenues des arbres majestueux, soutenant le hamac et le sommeil du soldat, perchés dans les hauteurs. Cette image est déchirante pour ceux qui restent, un rappel constant que sous chaque canopée silencieuse, un soldat peut encore reposer, attendant d'être retrouvé et ramené chez lui.
Ce qui a profondément touché chaque citoyen vietnamien, c'est la rapidité avec laquelle la campagne s'est concrétisée, passant de la simple détermination à des résultats tangibles. Début juillet 2026, après 111 jours d'opérations, les forces opérationnelles avaient recherché et exhumé plus de 1 300 dépouilles de soldats tombés au combat, découvert trois charniers à Tuyen Quang, organisé le prélèvement d'échantillons dans plus de 27 000 tombes et remis plus de 9 000 échantillons aux laboratoires d'analyse ADN. Le déminage a été mené sur plus de 7 000 hectares, dont plus de 70 % réalisés dans la zone centrale de Vi Xuyen, à Tuyen Quang. Ces résultats sont le fruit du labeur et des efforts de celles et ceux qui œuvrent dans l'ombre au cœur des forêts et des montagnes de notre patrie, ainsi que des pays voisins du Laos et du Cambodge ; une alliance entre tradition et modernité.

Certains retours au pays prennent plus d'un demi-siècle. Le 21 mai 2026, au cimetière des martyrs de Nghi Loc, dans la province de Nghe An, les dépouilles de 80 soldats volontaires et experts vietnamiens morts au Laos ont été solennellement inhumées. L'identité de ces 80 personnes reste inconnue. Elles sont retournées dans leur patrie, mais le chemin pour leur rendre hommage se poursuit.
Pour un soldat tombé au combat, le retour au pays ne se résume pas à être inhumé dans un cimetière, mais à être appelé par son nom légitime et sa ville natale, afin qu'une mère et une épouse n'aient plus à prier devant un vaste espace vide, et que la pierre tombale ne porte plus l'inscription « nom inconnu ».
La campagne des 500 jours est donc un appel à la responsabilité de toute la société. Si des familles possèdent encore des certificats de décès, des lettres manuscrites, des journaux intimes, des plans d'inhumation, des souvenirs, etc., il est impératif de les préserver. Les jeunes sont invités à aider leurs grands-parents et leurs parents à numériser ces documents et à conserver ces informations afin de les transmettre aux autorités. Chaque échantillon d'ADN prélevé offre une chance de rétablir l'identité d'un soldat tombé au combat et resté anonyme.
En ce 79e anniversaire de la Journée des invalides et des martyrs de guerre, nous nous inclinons respectueusement devant ceux qui ont consacré leur vie à la patrie et devant les mères vietnamiennes héroïques qui ont enduré en silence les plus longues souffrances causées par la guerre. Avec cette inclinaison s'accompagne une promesse : aucun sacrifice ne sera oublié et nul ne restera à jamais dans l'anonymat.
La paix n'est pas seulement le jour où les armes se taisent ; la paix, c'est aussi le jour où ceux qui ont sacrifié leur vie seront enfin reconnus par leur nom et rapatriés sur leur terre natale. Tant qu'il y aura une mère sans nouvelles de son enfant, une épouse qui attendra des nouvelles de son mari, ou un enfant qui n'aura pas encore retrouvé son père, le mois de juillet restera un jour d'action. En cette campagne de 500 jours, la nation tout entière recherche les disparus, préservant chaque parcelle de terre, comparant chaque échantillon génétique, afin qu'un jour, devant les rangées de tombes blanches, nous puissions non seulement brûler de l'encens pour les martyrs inconnus, mais aussi, la voix étranglée par l'émotion, prononcer leurs noms.


