Juillet est un mois de réflexion paisible.

July 28, 2014 15:48

(Baonghean) – Fin juillet, pourtant la chaleur étouffante de l'été persiste. La terre et le ciel s'agitent tandis que l'été touche à sa fin, attendant l'automne. Le ciel est d'un bleu limpide. Ce matin, j'ai croisé une jeune femme qui flânait dans la rue, un bouquet de fleurs de bananier rouge vif à la main, perdue dans ses pensées. On aurait dit qu'une flamme brûlait en elle. Où va-t-elle ? Se dirige-t-elle, comme moi, lentement vers un cimetière embaumé d'encens ? Un lieu où les épouses amènent leurs enfants brûler de l'encens pour des pères qu'ils n'ont jamais connus. Un lieu où les mères âgées allument silencieusement un bâtonnet d'encens sur la tombe de leurs enfants avant de fermer les yeux.

Pourquoi est-ce que j'entends partout des sons semblables à des cloches de temple qui résonnent ? Est-ce que les souvenirs de ces jours de juillet ne trouvent jamais vraiment le repos dans mon cœur ? Les arbres ont reverdi, mais pourquoi les forêts désolées et les profonds cratères de bombes me font-ils encore souffrir ? Non, comment oublier le prix de la paix !

Juillet est un mois intense, propice à l'expression de la gratitude. Le ciel bleu semble s'incliner près de la Terre Mère, à l'écoute des pas de innombrables pèlerinages empreints de sens vers leurs racines. Ici reposent le sang et les os versés, les versets tragiques du chant national.

Chaque année en juillet, ma mère devient plus pensive, mâchant silencieusement de la noix de bétel et fixant l'horizon. Elle pense à la guerre, elle se souvient de son fils parti et jamais revenu, et elle ne pleure plus, car ses larmes coulent désormais en elle.

J'ai voyagé jusqu'à cette terre lointaine où mon frère est tombé, où l'oiseau, rêvant de s'envoler, s'est posé. Où repose mon frère sur cette terre ? Cette question a pesé lourdement sur le cœur de ma mère et de mes proches pendant des années. Je suis allée dans les forêts, j'ai parcouru les cimetières, les lieux où mon frère a laissé ses empreintes. Il n'y avait aucune pierre tombale gravée à son nom…

Je comprends que votre chair et votre sang, vos os et le sang de vos camarades ne font plus qu'un avec la terre, et que vos âmes demeurent dans le cœur de chaque être humain. Souvenez-vous de ce dicton : « La mort est le commencement de la vie. » Ainsi, mon frère, vos camarades seront à jamais immortels !

Sachant tout cela, comment peut-on trouver des mots de réconfort pour les cœurs et les âmes des mères qui attendent depuis tant d'années, et dont les enfants ne sont toujours pas revenus ?!

Trinh Dinh Nghi

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Juillet est un mois de réflexion paisible.
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