«Janvier est le mois des fêtes...»

February 20, 2014 09:47

(Baonghean)Mes amis qui étaient retournés au Vietnam pour le Têt sont tous rentrés. Ils ont l'air complètement désemparés, comme des vaches avec un nœud papillon, le mot « Bánh chưng » (gâteau de riz gluant vietnamien) étant visiblement inscrit sur leurs visages. C'est le sujet que personne n'ose aborder : les conséquences du Têt.

Ce sentiment de déception n'est pas propre aux étudiants internationaux : quel que soit leur âge ou leur sexe, se ressourcer après une décennie de vacances n'est jamais chose aisée. Et c'est bien compréhensible, qui n'aime pas se détendre et profiter de la vie ? Les étudiants d'hier adoraient les vacances, et ceux d'aujourd'hui ne font pas exception ; les adultes les apprécient encore plus. Car en vieillissant, les contraintes et les règles à suivre se font plus pesantes, nous donnant parfois l'impression d'étouffer, de nous frustrer et de rêver de liberté et d'insouciance. Comme le dit le proverbe, « janvier est le mois des loisirs… », une rare période de temps libre où il n'y a plus de distinction entre adultes et enfants, un moment où chacun a le droit d'oublier toutes ses responsabilités et obligations. Ah, merveilleux mois de janvier !

Les temps ont changé. Il fut un temps où l'on célébrait le Nouvel An lunaire selon le calendrier occidental, preuve que le rythme de vie d'alors et celui d'aujourd'hui sont quelque peu décalés. C'est plus chaotique, certes, mais aussi plus dynamique et trépidant. Alors que le monde extérieur s'accélère, nous ne pouvons pas rester les bras croisés, à nous remémorer avec nostalgie « janvier, le mois des loisirs et des divertissements ». Franchement, j'ai été un peu surpris de voir mes amis, restés au pays, se vanter d'avoir dix jours de vacances pour le Têt, avec tout le temps de manger et de s'amuser ! Plus surprenant encore, ces dix jours semblent encore insuffisants, pas assez satisfaisants, laissant les gens « lassés » des jeux et « lassés » de manger une fois de retour à leurs routines habituelles, entre études et travail. Ou bien est-ce que je m'inquiète pour rien ? Comme un joueur, peu importe les gains, ce n'est jamais assez.

Le loisir et le plaisir exercent une étrange fascination, une force irrésistible. Quelques soupirs de « juste aujourd'hui » suffisent pour que le temps file – du temps gaspillé, du temps perdu… Un ou deux individus comme ceux-ci, puis toute la société, provoquent insidieusement la stagnation du système, engendrant une mentalité de dépendance, de culpabilisation et de conformisme. Connaissez-vous le jeu des dominos ? Lorsqu'une pièce tombe, toute la chaîne s'écroule. Notre propre mentalité, qui consiste à « jouer avec le nombril d'autrui », est dangereuse et peut avoir des conséquences similaires à l'effet domino !

Comme toujours, le plus difficile dans toute entreprise, c'est de se lancer. Après les vacances du Nouvel An lunaire, nous sommes comme des machines qui redémarrent après des années d'inactivité. Sans un entretien régulier, notre sens des responsabilités et nos compétences s'émoussent et finissent par se dégrader. « Janvier est le mois des loisirs », ça paraît simple. « Chacun choisit la facilité, qui se chargera des tâches difficiles ? » Le problème, c'est que personne ne fera le travail à notre place, ni dans la vie ni au travail. Alors, avant que tout ne s'enlise, il est temps de se réveiller !

Hai Trieu(Courriel de Paris)

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