La ville des missiles iranienne : la stratégie des tunnels souterrains est confrontée aux défis des États-Unis et d’Israël.
Les frappes aériennes, ciblées sur les points d'entrée et les systèmes de lancement, menacent de transformer l'arsenal massif de missiles balistiques iraniens en points de passage souterrains stratégiques.
Le système de tunnels souterrains stratégiques iraniens, également connu sous le nom de « villes de missiles », est devenu une cible privilégiée des frappes aériennes américaines et israéliennes. Conçu pour protéger ses stocks d'armes contre les attaques extérieures, cet ouvrage révèle de graves vulnérabilités lorsque ses points d'accès vitaux sont bloqués.
L'ampleur de l'arsenal et la stratégie de défense souterraine.
Depuis des décennies, l'Iran a construit un vaste réseau de tunnels souterrains dans ses montagnes afin de protéger son arsenal de missiles balistiques. Selon les estimations du Commandement central américain datant de 2022, Téhéran possède plus de 3 000 missiles balistiques, ce qui en fait l'un des arsenaux les plus importants du Moyen-Orient.
Ces installations abriteraient différents types de missiles modernes à longue portée, tels que le Shahab-3, le Sejil et le Khorramshahr, capables d'atteindre des cibles situées à 2 000 km. Des images de propagande diffusées en mars 2025 ont révélé l'ampleur de ces bases, avec de longs couloirs remplis de camions transportant des missiles prêts au combat. À certains endroits, Téhéran a également construit des silos souterrains spécialisés permettant le lancement direct de missiles depuis le sol, sans avoir à les faire remonter à la surface.

Risques liés aux goulots d'étranglement tactiques
Malgré leur caractère hautement confidentiel, l'emplacement de ces « villes de missiles » était étroitement surveillé par les services de renseignement américains et israéliens grâce à l'imagerie satellitaire. Des indicateurs tels que les réseaux routiers, les bâtiments de contrôle et les entrées de tunnels étaient essentiels pour déterminer les coordonnées des cibles.
D'après le Wall Street Journal, des avions de chasse et des drones américains et israéliens surveillent régulièrement ces zones. Les tactiques actuelles consistent à attaquer les plateformes de lancement dès leur apparition ou à larguer des bombes lourdes pour détruire les entrées des tunnels. L'analyste militaire Guillermo Pulido affirme que si ces entrées sont détruites, ces bunkers souterrains fortifiés deviendront des « cimetières » pour les armes qu'ils renferment, piégeant les lanceurs mobiles et les empêchant de déployer leur puissance de feu.
L'impact des frappes aériennes successives.
Selon les dernières informations, l'amiral Brad Cooper, commandant des forces américaines au Moyen-Orient, a annoncé que la coalition avait détruit des centaines de missiles, de lanceurs et de drones iraniens. Le nombre de tirs de missiles depuis Téhéran a également connu une baisse significative ces derniers temps.
Plus précisément, les attaques visaient des infrastructures stratégiques dans les régions de Tabriz et de Khorramabad, dans la province du Lorestan. L'imagerie satellite a confirmé l'effondrement de plusieurs tunnels sur des bases de missiles balistiques. L'Express a rapporté que l'Iran avait tenté de déplacer une partie de son arsenal hors des tunnels et de le disperser sur le territoire afin d'éviter une destruction totale, mais l'efficacité de cette tactique reste incertaine face à la pression des frappes aériennes incessantes.
Tableau des spécifications de certaines lignes de missiles stratégiques iraniens.
| Missile | Portée de tir maximale (km) | Caractéristiques principales |
|---|---|---|
| Shahab-3 | 2 000 | Missiles balistiques courants à moyenne portée |
| Sejil | 2 000 | Utilisation de combustibles solides, temps de déploiement rapide. |
| Khorramshahr | 2 000 | Capable de transporter des ogives lourdes à fort pouvoir destructeur. |


