Comment fonctionne le monde des tests à choix multiples ?
Alors que de nombreuses universités canadiennes utilisent des examens à choix multiples, certaines universités australiennes ont abandonné cette méthode en raison de préoccupations liées à des pratiques de notation injustes et à des problèmes d'éthique.
Le format des tests à choix multiples trouve son origine dans les recherches du psychologue Frederick Kelly et a été appliqué pour la première fois aux tests d'intelligence par l'armée américaine pendant la Première Guerre mondiale.
Selon l'Université de Waterloo (Canada), les tests à choix multiples présentent de nombreux avantages. L'un des plus importants est la facilité de correction et de notation automatisée. Ce format est particulièrement adapté aux grands volumes de tests et facilite grandement le travail des enseignants qui doivent corriger les copies dans un délai imparti. Un test à choix multiples bien conçu couvre un large éventail de connaissances et de contenus, offrant ainsi une évaluation objective des compétences des élèves.
L'université Carnegie Mellon, aux États-Unis, prend en compte les objectifs du cours et de l'examen avant de choisir le format d'évaluation approprié. Par exemple, lorsqu'il est demandé aux étudiants de clarifier ou d'exprimer leur point de vue sur une question économique controversée, les questions à choix multiples sont totalement inadaptées car elles ne les obligent pas à présenter d'arguments. En revanche, un questionnaire à choix multiples bien conçu peut évaluer efficacement la capacité des étudiants à reconnaître un raisonnement économique logique ou à le distinguer d'un raisonnement illogique.
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| Il est difficile de déterminer si les élèves connaissent la réponse ou s'ils devinent simplement. |
L'université Central Queensland en Australie, après avoir soigneusement examiné les avantages et les inconvénients des tests à choix multiples, a décidé de ne plus utiliser ce format dans ses examens à partir de 2014 pour deux raisons.
Le premier inconvénient concerne le système de notation. Chaque bonne réponse rapporte un point, les autres réponses étant soit ignorées, soit pénalisées. Or, le choix de la bonne réponse peut reposer sur l'intuition ou la simple supposition. Dans la plupart des matières, les élèves n'ont besoin que d'obtenir au moins 50 % des points pour réussir le test.
Pour réussir un test de 100 questions à choix multiples (4 options, dont 1 correcte et 3 incorrectes), les candidats doivent connaître les réponses correctes à 33 questions et deviner les réponses aux 67 autres (le taux moyen de réponses correctes au hasard est de 25 %, soit 17 questions). Si un étudiant réussit avec 50 % et qu'un autre échoue avec 49 %, il est tout simplement possible que le premier ait deviné correctement au moins une question de plus que le second.
Pour pallier ces lacunes, de nombreux établissements scolaires ont relevé la note minimale de réussite et instauré un système de points. Par exemple, exiger une note de 80 % et déduire des points pour chaque mauvaise réponse réduit considérablement les problèmes liés au fait de répondre au hasard.
Le second inconvénient réside dans la question éthique que pose l'inclusion d'options trompeuses contenant des informations partiellement correctes. Est-il acceptable que les enseignants tentent d'induire les élèves en erreur en proposant ces options ? Alors que d'autres formes d'examens écrits encouragent les élèves à obtenir des points en fonction de leur compréhension plutôt que d'une seule réponse correcte.
Pour ces deux raisons, l'Université du Queensland central a remplacé les examens à choix multiples par des examens à réponses courtes. Les étudiants inscrivent simplement un mot ou une courte expression sur la feuille de réponses, et les enseignants corrigent en conséquence. Ce format élimine les inconvénients des questions à choix multiples tout en restant efficace pour l'évaluation.
Selon VNE



