Le monde la semaine dernière : Le monde à la table des négociations.
(Baonghean) – Choisie comme la méthode la plus courante (mais pas nécessairement la plus efficace) pour résoudre les différends ou discuter des enjeux, des intérêts et des objectifs communs, la table des négociations est devenue un lieu qui reflète le visage et la dynamique du monde au quotidien. La semaine dernière, le monde a été témoin d'un réchauffement du climat politique, comme en témoignent les cycles de négociations historiques et d'actualité que la planète entière a suivis…
Les négociations sur le programme nucléaire iranien reprennent.
Les négociations sur le programme nucléaire iranien ont repris le mercredi 22 avril à Vienne, en Autriche, trois semaines après l'accord provisoire conclu à Lausanne, en Suisse. Ce cycle de discussions vise à définir des objectifs et des points plus précis, en vue de la signature de l'accord final prévue fin juin.
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| Des représentants du groupe P5+1 et des responsables de l'Union européenne se réunissent à Lausanne en amont des négociations avec l'Iran. Source : AFP/VNA. |
Ainsi, la « course de marathon » diplomatique a repris, amorçant un processus de deux mois visant à régler définitivement les questions en suspens de l'accord de Lausanne du 2 avril. La pression et la tension de ce cycle de négociations semblent s'être accrues de façon exponentielle. L'Occident souhaite contraindre l'Iran à la modération afin de l'empêcher de se doter de l'arme nucléaire. Pour les Iraniens, l'objectif principal est d'obtenir la garantie d'une levée rapide des sanctions internationales qui paralysent leur économie.
Avec des objectifs bien plus précis que lors du précédent cycle de négociations, il n'est pas surprenant que les tensions se soient exacerbées ces derniers jours, non seulement sur la scène politique internationale, mais aussi au sein de chaque pays. Aux États-Unis, le président Obama a dû faire des concessions, acceptant l'approbation de l'accord final par le Congrès. Pour le groupe de pays imposant des sanctions, la levée de ces sanctions par la Russie et sa préparation à livrer des missiles antiaériens S-300 à l'Iran ont été une véritable surprise, un coup de tonnerre. À Téhéran, le Guide suprême Ali Khamenei a déclaré que son interprétation de l'accord de Lausanne différait de celle des États-Unis. Avant la reprise des négociations à Vienne, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a prononcé un discours publié dans le New York Times, dans lequel il affirmait : « Il est temps pour les États-Unis et leurs alliés occidentaux de choisir entre la coopération et la confrontation. »
Pour résumer brièvement l'accord de Lausanne, malgré de nombreuses questions non résolues, il a marqué une avancée indéniable pour le programme nucléaire iranien après plus d'une décennie de négociations infructueuses. Les trois points clés de l'accord étaient les suivants : les activités nucléaires iraniennes seraient fortement restreintes pendant au moins dix ans ; les contrôles seraient renforcés afin de garantir le respect des engagements par Téhéran ; et la communauté internationale lèverait les sanctions imposées à l'Iran. Cependant, un examen plus approfondi de chaque point a révélé des dispositions spécifiques relatives aux modalités de mise en œuvre qui nécessitaient des discussions supplémentaires. C'est là que des désaccords manifestes ont commencé à apparaître entre les parties concernées.
Concernant la réduction des activités nucléaires iraniennes, l'accord de Lausanne stipulait que l'Iran devait minimiser l'enrichissement de l'uranium et la production de plutonium, deux procédés essentiels à la fabrication d'armes nucléaires. En conséquence, le nombre de centrifugeuses nucléaires utilisées pour l'enrichissement de l'uranium devait passer de 19 000 à 5 060. Toutefois, le texte iranien ne prévoyait aucune réduction des stocks d'uranium enrichi existants, tandis que les Américains estimaient cette réduction à 300 kg en 15 ans. Par ailleurs, Téhéran n'évoquait pas le démantèlement du réacteur d'Arak, utilisé pour la production de plutonium, alors que Washington insistait sur la destruction du cœur du réacteur.
Outre les questions techniques susmentionnées, certains points politiques nécessitent des éclaircissements. Il s'agit notamment du rythme de levée des sanctions et de l'accès aux sites militaires que l'Occident soupçonne d'être liés au programme de recherche nucléaire iranien. Le général Hossein Salami, haut responsable des Gardiens de la révolution, a déclaré sans ambages : « L'Iran ne deviendra jamais un refuge pour les espions. » Parallèlement, l'Iran a exigé la levée immédiate des sanctions par l'Occident dès la signature d'un accord définitif. Cette demande a été rejetée et remplacée par une proposition de levée progressive des sanctions, à compter de la confirmation par l'AIEA – l'organisation chargée de surveiller les activités nucléaires iraniennes – du respect par le pays des engagements du traité.
Selon les estimations du secrétaire d'État américain John Kerry, la levée totale des sanctions contre l'Iran prendrait environ un an. Bien entendu, une telle déclaration à la veille du deuxième cycle de négociations historiques n'était sans doute pas la plus judicieuse de la part de la première puissance mondiale. Aussi, le 17 avril, le président américain a-t-il laissé la porte grande ouverte aux négociations en déclarant que des « cycles de pourparlers décisifs » pourraient potentiellement lever cet obstacle. Toutefois, il n'a pas manqué d'avertir l'Iran qu'une procédure de rétablissement des sanctions serait mise en œuvre si le pays montrait des signes de violation des termes de l'accord.
L'Europe est aux prises avec le problème de l'immigration.
Le jeudi 23 avril, les dirigeants des pays de l'Union européenne ont tenu une réunion extraordinaire à Bruxelles afin de trouver une solution définitive aux tragédies survenues en Méditerranée. Plus récemment, le 18 avril, un bateau transportant 850 migrants clandestins a chaviré au sud de Lampedusa, en Italie, saluant l'augmentation du nombre de migrants traversant les continents, l'Europe étant une destination fréquente.
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| Environ 111 migrants attendent d'être secourus sur un bateau après avoir enduré une traversée éprouvante de 48 milles nautiques au large des côtes de Malte. (Source : Reuters) |
Cette réunion n'a toutefois pas permis d'apporter de solutions durables au problème de l'immigration, aboutissant seulement à une conclusion relativement précise : l'opération de surveillance des frontières « Triton », lancée par l'Union européenne en 2014 et mise en œuvre par Frontex, sera renforcée. De nombreux pays, dont la France, l'Allemagne, la Belgique et la Lettonie, ont décidé de fournir de nouveaux équipements à Frontex. Le président français François Hollande a annoncé l'envoi d'un patrouilleur, d'un remorqueur hauturier, d'un avion de surveillance et le doublement des effectifs d'experts participant au programme. Auparavant, la France avait déployé deux navires et un avion dans le cadre de l'opération Triton.
Bien que ne participant pas à l'opération, le Royaume-Uni s'est engagé à envoyer deux patrouilleurs et trois hélicoptères équipés de radars. Le HMS Bulwark, l'un des navires de guerre clés de la Royal Fleet, devait également être déployé. Le Premier ministre britannique, David Cameron, a déclaré que si l'un de ces navires rencontrait des migrants clandestins, il serait autorisé à accoster dans le pays le plus proche – qui, bien entendu, ne pouvait être que l'Italie. Cette déclaration illustrait la fermeté du Premier ministre britannique sur la question de l'immigration, malgré une campagne électorale tendue. Le Premier ministre italien, Matteo Renzi, a approuvé l'approche de M. Cameron, et ce fut la conclusion générale de la réunion : après toutes les tragédies survenues en Méditerranée à cause de l'immigration clandestine, il était temps de trouver une solution véritablement humaine qui garantisse également la sécurité.
Le coût de l'opération Triton devrait donc passer de 2,9 à 9 millions d'euros par mois. Il a également été suggéré de réintroduire le programme « Mare Nostrum », un programme de sauvetage indépendant lancé par l'Italie et interrompu en 2004. Bien que controversé d'un point de vue humanitaire, son efficacité est indéniable : depuis que « Triton » a remplacé « Mare Nostrum », le nombre de personnes tentant des franchissements illégaux de frontières a augmenté de 160 %. Finalement, la réunion a conclu que les modalités opérationnelles de Triton resteraient inchangées et que la zone d'intervention serait limitée à environ 55 km des côtes européennes.
La Commission européenne insiste toutefois sur le fait que les navires de Frontex seront toujours autorisés à opérer dans les zones avoisinantes, voire en haute mer. Un autre objectif fixé par la Commission – la saisie et la destruction des embarcations utilisées par le réseau d'immigration clandestine – est également controversé, car contraire au droit international. L'UE sollicite l'approbation du Conseil de sécurité des Nations unies. Le président français François Hollande a déclaré qu'il aborderait la question avec le président russe Vladimir Poutine lors de sa visite en Arménie.
Il espère persuader la Russie de ne pas opposer son veto au Conseil de sécurité – une mesure que la Russie a déjà prise concernant des propositions d'intervention en Libye. Quelle que soit la position de la Russie sur ce sujet, obtenir l'approbation de l'ONU prendra certainement beaucoup de temps, et l'UE devra rapidement trouver des solutions alternatives temporaires.
Il semble que même cette question soit épineuse pour l'UE, les États membres n'ayant pas encore trouvé de terrain d'entente. Des programmes comme « Dublin II » – qui impose aux pays d'accueil de traiter eux-mêmes les demandes d'immigration – ou le « Projet Pilot » – autorisant l'entrée de 5 000 réfugiés syriens détenus dans des camps de rétention dans un État membre de l'UE – sont au point mort. Tandis que le Premier ministre britannique plaide pour une répartition volontaire, l'Allemagne et les députés européens conservateurs soutiennent des quotas obligatoires. Une chose est sûre : plus la situation s'enlise, plus la grogne populaire et la pression sur l'UE s'intensifieront. Les négociations du 29 avril prochains attendent des explications du président du Conseil européen, Donald Tusk.
Thuc Anh
Selon Le Monde
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