« Bibliothèque humaine » : quand chaque vie devient un livre
Le Dr Nguyen Manh Hung, président du conseil d'administration de la société ThaiHaBooks, a eu un dialogue approfondi avec le journal Nghe An et la radio-télévision au sujet de l'histoire des « livres pour le peuple ».

Effectuer:Phuong Chi• 6 avril 2026
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À l'ère où le savoir est accessible en quelques clics, l'humanité semble confrontée à un autre vide : celui de l'écoute et de la compréhension. L'émergence du modèle de la Bibliothèque Humaine au Vietnam, mis en œuvre par ThaiHaBooks depuis mars 2026, ne se limite pas à une simple expérience de nouvelle culture de la lecture, mais soulève une question fondamentale : lorsque la lecture ne se cantonne plus aux pages d'un livre, que recherchons-nous vraiment ? La connaissance ou le lien entre les personnes ?
Le Dr Nguyen Manh Hung, président du conseil d'administration de la société ThaiHaBooks, a eu un dialogue approfondi avec le journal Nghe An et la radio-télévision au sujet de l'histoire des « livres pour le peuple ».
Les « bibliothèques humaines » nous aident à ouvrir nos cœurs et à cultiver l'empathie.
PV : TOui Nous avons longtemps cru que la lecture était un acte spirituel.hCalme et privé. Par là.nbibliothèque Le terme «personne» met les gens en situation de confrontation.dialogueDirectement. Selon vous, que reflète ce changement dans la vie spirituelle d'aujourd'hui ?
DoctoratNguyen Manh Hung :Je crois que l'émergence du modèle de « bibliothèque humaine » ne remplace pas la lecture, mais constitue plutôt un signe révélateur de la vie spirituelle contemporaine. Si l'on doit se demander « manquons-nous de connaissances ou de capacités d'écoute ? », alors, à mon avis, ce n'est peut-être pas le savoir qui nous manque, mais plutôt la capacité de le recevoir de manière vivante et humaine.
Car, de nos jours, l'information et le savoir abondent. Un simple téléphone nous donne accès à une mine de connaissances. Mais savoir ne signifie pas comprendre. Ce qui manque aux gens, à mon avis, c'est une écoute attentive et une véritable connexion. Nous lisons beaucoup, mais nous dialoguons rarement, avec les autres et même avec nous-mêmes.
La « bibliothèque humaine » a émergé pour combler ce manque. Elle transforme le savoir d'un état « statique » à un état « vivant » : non seulement l'information, mais aussi l'expérience ; non seulement le savoir, mais aussi les récits de vie ; non seulement la lecture, mais aussi le dialogue et l'empathie.
Je crois que ce changement reflète un besoin très humain : le besoin d'être entendu et compris.
Dans un monde de plus en plus numérisé, rapide et complexe, les gens ont tendance à revenir à des valeurs très fondamentales telles que les rencontres en personne, l'écoute des histoires des autres et la compréhension mutuelle à travers les émotions, et non plus seulement les données.

Cependant, je tiens également à souligner que les « livres » et les « bibliothèques humaines » ne s’opposent pas, mais se complètent. Les livres nous aident à approfondir nos connaissances, à réfléchir et à les accumuler durablement, tandis que les « bibliothèques humaines » nous aident à ouvrir nos cœurs, à dialoguer et à cultiver l’empathie.
Une société développée n'est pas celle qui possède le plus d'informations, mais celle où les gens s'écoutent plus profondément. Et si une « bibliothèque humaine » nous aide à nous en rapprocher, c'est un signe très encourageant pour la vie spirituelle d'aujourd'hui.
PV : Un livre peut être lu et relu, révélant à chaque fois une nouvelle couche de sens., nMais on ne peut pas « retourner » une personne de cette façon.D'autant plus que le temps nécessaire pour « lire » chaque « livre de l'humanité » n'est que d'environ 20 minutes. Mais 30 minutes.Comment perçoit-il la profondeur de l'expérience de « lecture » ?Personnes"LComment faire pour que cela ne reste pas une simple rencontre ?odeurRiche en émotions, et pourtant, elle laisse une impression durable ?
DoctoratNguyen Manh Hung :Il est vrai qu'un livre peut être lu et relu, mais on ne peut relire une personne de cette façon. Pourtant, je crois que c'est précisément cette absence de répétition qui rend le « livre de l'humanité » si particulier.
Concernant la profondeur de l'expérience, je vois les choses ainsi : les livres approfondissent notre réflexion, tandis que les échanges humains nous offrent une dimension émotionnelle et un vécu. Vingt à trente minutes peuvent paraître courtes, mais si la conversation est sincère et authentique, elle peut susciter une prise de conscience profonde ; parfois, un seul instant suffit à transformer notre vision d'un problème.
Cependant, une rencontre chargée d'émotion ne suffit pas.
À mon avis, pour atteindre une profondeur durable dans la « lecture des livres des autres », trois choses sont nécessaires.
Tout d'abord, la qualité du « livre humain ». Tout le monde ne peut pas devenir un « livre ». L'élu doit posséder des expériences suffisamment profondes, un talent de conteur et une capacité de réflexion, c'est-à-dire la capacité de transformer l'expérience en connaissance.
Deuxièmement, la qualité de l'écoute est primordiale. Les participants ne doivent pas se contenter d'écouter passivement ; ils doivent savoir poser des questions, pratiquer l'écoute active et, surtout, faire le lien avec leur propre expérience. Sans cette approche proactive, l'expérience risque de s'estomper rapidement, à l'image d'une histoire touchante vite oubliée.
Troisièmement, un suivi est indispensable après la réunion. Il peut s'agir de suggérer des lectures complémentaires, de prendre des notes, de réfléchir à l'expérience ou de créer un espace d'échange. Ainsi, le « livre humain » devient une porte d'entrée vers un apprentissage plus approfondi, et non une expérience isolée.
Je vois souvent les choses ainsi : les « livres humains » ne sont pas destinés à remplacer la lecture, mais à éveiller le besoin de lire et d’approfondir sa compréhension. C’est comme une étincelle : si elle ne fait que jaillir puis s’éteindre, ce n’est qu’une émotion ; mais si on la nourrit, elle devient prise de conscience. Par conséquent, la profondeur d’un « livre humain » ne réside pas dans sa durée de 20 ou 30 minutes, mais dans sa capacité, après ces 30 minutes, à transformer la façon de penser et de voir des choses chez les participants. Et si l’expérience est réussie, je crois que même une courte rencontre peut avoir un impact durable sur le développement personnel de chacun.
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PV : Dans le modèle de la Bibliothèque Humaine déployé à travers le monde, l'objectif principal est de briser les stéréotypes. Cependant...Cependant,Dans une société est-asiatique encore quelque peu réservée comme le Vietnam, est-il vraiment approprié d'ouvrir sa vie aux autres ?"lire«Sommes-nous en avance sur le niveau de préparation de la communauté ?
DoctoratNguyen Manh Hung :Je crois que l'expression « faire un pas en avant » est en partie vraie, mais il s'agit d'une étape nécessaire, et non précipitée. Dans les sociétés d'Asie de l'Est comme le Vietnam, nous avons des caractéristiques bien particulières : la discrétion, le respect de la vie privée, une réticence à dévoiler ses imperfections et parfois la crainte du jugement. Par conséquent, il est loin d'être facile pour quelqu'un de « s'ouvrir » aux autres et de les laisser « lire », et nous ne pouvons pas nous attendre à ce que la majorité soit prête immédiatement.
Cependant, je pense qu'il nous faut l'envisager sous un autre angle. C'est précisément parce que la société reste imprégnée de nombreux préjugés et hésitations que des initiatives comme la Bibliothèque Humaine prennent tout leur sens. Elles créent un espace sûr où chacun peut s'exprimer en toute sincérité. Elles permettent que les histoires personnelles, souvent tues, soient écoutées avec respect. Et, peu à peu, elles contribuent à atténuer les préjugés sociaux.
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Toutefois, pour que ce modèle n'évolue pas « trop vite » par rapport à la communauté, je crois que trois principes sont nécessaires.
Premièrement, le volontariat et le respect des limites personnelles sont essentiels. Il n'est pas nécessaire que chacun raconte toute son histoire. Les participants doivent avoir le droit de choisir ce qu'ils souhaitent partager. Deuxièmement, un encadrement professionnel est crucial. Les organisateurs doivent créer un environnement sûr et de confiance, en évitant que le partage ne devienne de la curiosité, de l'exploitation, voire du harcèlement. Troisièmement, une approche progressive, respectueuse de la culture locale, est nécessaire. Il est possible de commencer par des sujets plus accessibles et plus faciles à comprendre, puis d'aborder graduellement des histoires plus profondes et plus sensibles. Je crois qu'il ne s'agit pas de savoir si la communauté est prête ou non, mais de créer des espaces respectueux où elle peut s'y préparer progressivement.
En ce mois d'avril, « Mois de la lecture », je crois qu'une société mature n'est pas une société sans hésitation, mais une société où les gens se sentent suffisamment en sécurité pour progressivement révéler la vérité sur eux-mêmes. Si Human Library contribue à créer cela, alors même si c'est un pas en avant, c'est un pas dans la bonne direction.
Un pont entre l'émotion et la connaissance
PV : Fort de ses années d'expérience dans l'industrie du livre, il comprend parfaitement l'importance de la vérification et de la profondeur des connaissances. Ainsi, lorsqu'il s'attelle à « décrypter les gens »,Maisoù les expériences personnelles peuvent être très subjectives.Maisfais çan'importe lequelComment empêcher que le savoir ne soit remplacé par des récits chargés d'émotion mais non fondés ?
DoctoratNguyen Manh Hung :C'est une question cruciale, car, si l'on n'y prend garde, l'interprétation des autres peut facilement basculer de la compréhension intellectuelle au simple jugement émotionnel. Il est essentiel de bien comprendre que l'expérience personnelle ne constitue pas un savoir complet, mais une matière première précieuse pour l'acquisition de connaissances. La question est de savoir comment nous traitons cette matière première.
Pour éviter que le savoir ne soit remplacé par des récits qui ne suscitent que des émotions, il me semble nécessaire d'établir plusieurs principes. Premièrement, il faut clairement distinguer « récit » et « savoir ». Un récit peut être très bon et touchant, mais cela ne signifie pas qu'il soit vrai pour tous. Il est important de rappeler aux auditeurs qu'il s'agit d'une expérience personnelle, et non d'une vérité universelle.
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Deuxièmement, une « validation souple » est nécessaire. Il ne s’agit pas d’une validation académique rigide, mais plutôt d’une insertion du récit dans un contexte plus large, en le reliant aux connaissances, recherches ou pratiques établies. Cela permet à l’expérience personnelle de s’enraciner dans un socle de connaissances partagé.
Troisièmement, le rôle de l'organisateur et de l'animateur est crucial. Il est primordial que l'animateur sache poser les bonnes questions, maintenir un équilibre entre émotion et raison, et éviter que la séance de partage ne se résume à un simple échange d'anecdotes sans réflexion approfondie.
Quatrièmement, renouez avec les livres et les connaissances fondamentales. Après chaque séance de lecture, suggérez des ouvrages connexes ou guidez l'auditeur vers des lectures plus approfondies. Ainsi, les séances de lecture deviennent un point de départ, et non une fin en soi.
Je dis souvent en plaisantant : les émotions peuvent ouvrir des portes, mais c’est le savoir qui nous fait aller plus loin. Si nous nous contentons de ressentir une émotion, sa valeur sera éphémère. Mais si l’émotion nous amène à la réflexion, puis à une compréhension plus profonde, alors l’expérience personnelle se transforme en un savoir durable.
Par conséquent, à mon avis, « lire les gens » ne devrait pas remplacer la lecture des livres, mais devrait devenir un « pont » qui ramène les gens à une connaissance plus approfondie.

PV : Il y a un paradoxe.actuellementPlus nous sommes connectés en lignerizPlus ils se sentent seuls dans la vie réelle, plus il espère que la « bibliothèque humaine » sera un lieu de guérison.,Ou peut-être voit-il cela comme un test, pour voir si les gens ont encore aujourd'hui la patience de s'asseoir ensemble ?
DoctoratNguyen Manh Hung :Je pense que la « bibliothèque humaine » est à la fois un espace de guérison et un test très intéressant pour les gens d'aujourd'hui.
Commençons par parler de guérison. Dans un monde hyperconnecté où les liens authentiques font souvent défaut, disposer d'un espace pour s'asseoir, écouter et être écouté est d'une valeur inestimable. Souvent, ce n'est pas le conseil qui manque, mais plutôt une oreille attentive pour entendre toute l'histoire. De ce point de vue, une « bibliothèque humaine » peut créer des moments d'une grande authenticité où les gens tissent des liens sincères, ce qui a un effet apaisant.
Mais j'y vois aussi un test. Un test pour voir si nous avons encore la patience d'écouter une histoire pendant plus de quelques minutes. Un test pour voir si nous pouvons être pleinement présents sans être distraits par nos téléphones ou les réseaux sociaux. Et un test pour voir si nous sommes encore ouverts à la compréhension d'autrui, d'une personne différente de nous. Si nous ne pouvons pas nous asseoir ensemble pendant 20 à 30 minutes, alors le problème ne vient pas de notre « bibliothèque humaine », mais de notre mode de vie.
Par conséquent, à mon avis, la plus grande valeur d'une « bibliothèque humaine » ne réside pas seulement dans la guérison, mais aussi dans le rappel d'une capacité fondamentale : la capacité d'être humain, c'est-à-dire d'écouter et d'être présent.
Je peux affirmer dès maintenant, en ce mois d'avril, qu'à l'ère des connexions virtuelles omniprésentes, tout espace permettant aux gens de s'asseoir et d'échanger en personne est précieux, que ce soit pour guérir ou pour nous interroger : sommes-nous encore capables d'établir des liens authentiques ?

PV : Avecgrand-pèreLe parcours de l'édition semble toujours lié à une croyance en l'illumination.Si l'on devait sonder l'essence même de sa philosophie sur la promotion de la lecture, quel est selon lui ce qui possède le pouvoir le plus profond de changer les gens ?mUn bon livre, ou un dialogue opportun avec un « livre ».vie« Et quelle est la place de la « bibliothèque humaine » dans ce parcours ? »
DoctoratNguyen Manh Hung :S'il fallait choisir, je dirais que ce n'est ni un bon livre ni une conversation opportune qui comptent, mais plutôt la juste convergence des connaissances et de l'expérience. Car un bon livre peut transformer profondément une personne. Il nous offre un système de pensée, nous aidant à appréhender le monde de manière durable, tandis qu'une conversation opportune peut créer un tournant décisif. Elle touche les émotions, réveillant en chacun de nous quelque chose qui sommeille.
Les livres peuvent nous aider à comprendre, mais les rencontres peuvent nous éveiller. Et souvent, le changement le plus profond survient lorsque nous avons déjà lu quelque chose, mais que ce n'est qu'en entendant le récit d'une personne réelle que nous le comprenons vraiment. C'est pourquoi, à mon avis, la « bibliothèque humaine » ne se limite pas à la promotion de la lecture, mais occupe une place très particulière : elle est un pont. Un pont reliant le savoir et la vie, un pont reliant la lecture et la compréhension, et parfois un pont reliant la compréhension et le changement.
Si l'on ne trouve que des livres sans dialogue, le savoir peut se figer. Si l'on ne trouve que des histoires sans fondement, les émotions peuvent devenir superficielles. Mais lorsque ces deux éléments se rencontrent, les gens non seulement savent, mais aussi comprennent et vivent différemment.
Je voudrais conclure sur cette idée : au terme de notre démarche de promotion de la lecture, ce que nous recherchons n’est pas de lire plus de livres, mais de former des individus éclairés, et une « bibliothèque humaine » est une manière très humaine d’y parvenir.
PV : Merci beaucoup, Dr Nguyen Manh Hung, pour cette conversation enrichissante !



