Les services de renseignement américains prévoient que le nombre de missiles capables d'atteindre le territoire américain sera multiplié par cinq d'ici 2035.
Un rapport de la directrice du renseignement national, Tulsi Gabbard, estime que le nombre de missiles menaçant les États-Unis passera de 3 000 à 16 000 unités, compte tenu de la forte montée en puissance de la Chine.
Le nombre de missiles capables d'atteindre le territoire américain devrait augmenter fortement, passant de 3 000 actuellement à 16 000 d'ici 2035. Selon un rapport de la directrice du renseignement national, Tulsi Gabbard, cette augmentation est due aux programmes de développement d'armements menés en Chine, en Russie, en Corée du Nord, en Iran et au Pakistan, notamment des systèmes transportant des ogives nucléaires et conventionnelles.
Évaluation des menaces émergentes
Le rapport de renseignement soulignait notamment le renforcement des capacités de frappe à longue portée de certains pays, dont le Pakistan. Gabbard suggérait que le développement par Islamabad de missiles balistiques à longue portée pourrait mener à la création de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) capables d'atteindre les États-Unis. Cependant, des experts militaires ont mis en doute la pertinence de cette hypothèse. Le missile pakistanais le plus avancé, le Shaheen-III, a une portée d'environ 2 750 km seulement et sert principalement à dissuader l'Inde, tandis que la distance jusqu'aux États-Unis dépasse les 11 200 km.
Pour l'Iran, le rapport suggère que l'opération Epic Fury a limité ses capacités de projection de puissance. Bien qu'aucun missile iranien n'ait actuellement une portée supérieure à 2 500 km, des lanceurs spatiaux pourraient être utilisés pour développer des missiles balistiques intercontinentaux d'ici 2035.
Les capacités offensives de la Chine et de la Russie
Les services de renseignement américains ont identifié la Chine comme le principal instigateur de cette nouvelle ère nucléaire. D'ici décembre 2025, l'arsenal nucléaire chinois comptera plus de 600 ogives et devrait atteindre 1 000 d'ici la fin de la décennie. Dans l'ouest de la Chine, plus de 100 silos de missiles DF-31 à propergol solide ont été approvisionnés, permettant une riposte immédiate.
Les systèmes d'armement chinois se diversifient, notamment avec le missile à têtes multiples guidées DF-41 (MIRV) et les missiles hypersoniques DF-17 et DF-27 d'une portée de 8 000 km. On prévoit que d'ici 2035, la Chine disposera d'environ 4 000 systèmes d'armes hypersoniques et portera le nombre de ses missiles balistiques lancés par sous-marin (SLBM) de 72 à 132.
Parallèlement, la Russie a achevé la modernisation de sa triade nucléaire avec des systèmes capables de pénétrer les systèmes de défense antimissile actuels. Il s'agit notamment du missile balistique intercontinental (ICBM) RS-28 Sarmat, capable d'atteindre le pôle Sud, et du sous-marin autonome Poseidon, à portée illimitée. L'association des sous-marins de classe Borei-A et des missiles Bulava réduit considérablement le délai d'alerte précoce des États-Unis à quelques minutes seulement.
Débat sur l'objectivité et le système du Dôme d'or
Ce rapport a suscité des critiques, notamment pour ne pas avoir inclus l'Inde dans la liste des pays capables de frapper les États-Unis, alors même que New Delhi a développé le missile Agni VI d'une portée de 12 000 km. Les autorités pakistanaises affirment qu'il s'agit d'un parti pris politique visant à entraîner l'Inde dans une alliance pour contenir la Chine.
Globalement, la publication de chiffres sur la menace croissante des missiles est perçue comme une étape importante pour l'administration américaine afin de convaincre les électeurs de la nécessité de financer un nouveau système de défense antimissile baptisé « Dôme jaune ». Cependant, les experts préviennent que même un système aussi avancé aurait du mal à garantir une sécurité absolue face au nombre considérable de missiles attendus d'ici 2035.


