Renseignements américains : l’Iran a sécurisé 70 % de son stock de missiles et de ses lanceurs dans le détroit d’Ormuz.
Les dernières évaluations classifiées indiquent que l'Iran a rétabli une grande partie de ses sites de lancement et de ses bases souterraines, ce qui représente un défi sérieux pour les capacités de munitions de l'armée américaine.
D'après les derniers rapports des services de renseignement américains, l'armée iranienne conserve actuellement environ 70 % de son stock de missiles stratégiques et de lanceurs mobiles par rapport à la période précédant le conflit. Ces informations contredisent les déclarations publiques antérieures selon lesquelles les capacités militaires de Téhéran auraient été totalement neutralisées après les frappes aériennes.

Capacité de récupération et état actuel des bases de missiles
Des évaluations des services de renseignement réalisées début mai indiquaient que l'Iran avait rétabli la capacité opérationnelle de 30 des 33 sites de missiles stratégiques situés le long du détroit d'Ormuz. Cette voie maritime vitale, par laquelle transite environ 20 % du pétrole brut mondial, est désormais à portée des lanceurs de missiles iraniens.
Les services de renseignement militaire américains confirment que Téhéran a repris accès à environ 90 % de ses installations souterraines de stockage et de lancement de missiles à travers le pays. Ces installations sont désormais classées comme « partiellement ou totalement opérationnelles ». La capacité d'utiliser des plateformes de lancement mobiles permet à l'Iran de déplacer ses armes avec souplesse entre différents sites afin d'éviter d'être détecté et attaqué.
Pression sur les stocks de munitions américains
Le maintien de capacités de combat importantes de l'Iran a contraint les États-Unis à faire face au défi de l'épuisement de leurs armements stratégiques. Durant le conflit, l'armée américaine a utilisé des quantités massives de munitions, notamment :
- Environ 1 100 missiles de croisière furtifs à longue portée.
- Plus de 1 000 missiles Tomahawk.
- Plus de 1 300 missiles intercepteurs Patriot.
Ce rythme de consommation soulève des inquiétudes quant à la capacité opérationnelle dans d'autres régions. Par exemple, Lockheed Martin ne produit actuellement qu'environ 650 missiles Patriot par an, alors que la nécessité de reconstituer les stocks nationaux et d'honorer les commandes des alliés européens s'accroît.
Blocus tactique et restrictions techniques
Le rapport a également révélé pourquoi de nombreuses installations souterraines iraniennes n'ont pas été entièrement détruites. Face au nombre limité de bombes anti-bunker, le Pentagone a opté pour une approche tactique consistant à bloquer les points d'accès plutôt que de tenter de détruire l'ensemble du réseau de tunnels souterrains. Cette décision visait à conserver une réserve d'armes anti-bunker en prévision d'éventuels conflits en Asie de l'Est.
Bien que les attaques coordonnées menées par les États-Unis et Israël aient infligé des dommages considérables à la défense aérienne et aux infrastructures stratégiques iraniennes, le rétablissement rapide de Téhéran laisse penser que les premières évaluations de l'ampleur des dégâts ont peut-être été exagérées. Cette situation met à rude épreuve les efforts déployés pour maintenir le cessez-le-feu et la stabilité sécuritaire dans le détroit d'Ormuz.


