Quelle est la faisabilité de la loi sur la prévention et le contrôle des méfaits du tabac ?
(Baonghean)Chacun sait que la fumée de cigarette est non seulement extrêmement nocive pour la santé des fumeurs, mais qu'elle affecte également celle de leur entourage et dégrade l'environnement. Depuis des décennies, fumer est perçu comme une mauvaise chose, une habitude aussi néfaste que la consommation excessive d'alcool et l'alcoolisme. Malgré cela, nombreux sont ceux qui ne sont pas déterminés à arrêter de fumer, et ce pour diverses raisons ; beaucoup de jeunes commencent même à fumer pour se faire remarquer. De plus, pour d'autres raisons, rares sont ceux qui osent dissuader les fumeurs d'adopter ce comportement nocif.
Compte tenu de la situation décrite ci-dessus, la loi relative à la prévention et à la lutte contre les méfaits du tabac est entrée en vigueur le 1er mai 2013. Simultanément, un décret d'application a été élaboré et sera prochainement publié par le ministère de la Santé. La loi et le projet de décret détaillent clairement et exhaustivement les infractions commises par les fumeurs, les responsabilités des responsables des établissements où il est interdit de fumer, ainsi que les organismes habilités à contrôler et à superviser l'application de ladite loi. Il est entendu que le projet de décret vise à concrétiser la loi relative à la prévention et à la lutte contre les méfaits du tabac en prévoyant des sanctions (amendes) très lourdes pour les infractions (de 100 000 à 40 millions de VND).
On peut dire que, même si elle arrive un peu tard pour certains pays, la loi sur la prévention et le contrôle des méfaits du tabac répond aux exigences et aux aspirations de la société ; et qu'elle est conforme à la Convention-cadre de l'Organisation mondiale de la santé pour la lutte antitabac.
L’Alliance pour la lutte antitabac en Asie du Sud-Est aurait salué cette nouvelle loi de notre gouvernement et l’aurait qualifiée de : « étape importante et historique » pour le Vietnam.
Bien que la loi sur la prévention et le contrôle des méfaits du tabac ait été bien accueillie par les publics nationaux et internationaux, sa mise en œuvre concrète reste une question qui nécessite des discussions plus approfondies.
En réalité, la lutte antitabac dans notre pays n'est pas un phénomène nouveau. Auparavant, divers secteurs et organisations avaient mené des campagnes d'aide à l'arrêt du tabac, mais celles-ci étaient restées superficielles et éphémères. Cependant, en 2005, le gouvernement a promulgué le décret n° 45/2005-ND/CP relatif aux sanctions administratives dans le secteur de la santé, incluant des sanctions pour le fait de fumer dans les lieux publics ; fin 2009, la décision du Premier ministre n° 1315/TTg a également instauré l'interdiction de fumer dans les lieux publics à compter du 1er janvier 2010. Ces décrets et décisions précisent tous des infractions concrètes assorties de sanctions relativement sévères afin de dissuader les contrevenants. Or, il semble que ces textes soient restés inefficaces ; les autorités et les contrevenants eux-mêmes semblent faire preuve de négligence, voire d'oubli.
Qu’est-ce qui a donc provoqué cette situation regrettable, alors que la société tout entière condamne le tabagisme, en particulier dans les lieux où il est interdit ; de plus, chacun comprend que les décrets et décisions du Premier ministre sont juridiquement contraignants et constituent des ordres et des sanctions qui doivent être respectés et obéis ?
Il existe de nombreuses raisons de répondre à la question posée, mais il faut d'abord souligner que la campagne de sensibilisation du public est incohérente et insuffisante. Ensuite, les autorités compétentes, notamment le secteur de la santé, chargées d'inspecter, de contrôler et de traiter les infractions, manquent de personnel (comme l'ont indiqué certains responsables de ce secteur), d'initiative et d'enthousiasme dans l'exercice de leurs fonctions. Enfin, les fumeurs et les personnes dépendantes au tabac manquent de sensibilisation et d'autodiscipline, non seulement pour respecter la réglementation, mais aussi pour respecter les valeurs civiques, la communauté et même leur propre bien-être. Par conséquent, de 2005 à nos jours, fumer dans les zones interdites persiste. Les fumeurs continuent de fumer dans ces zones, et ceux qui en subissent les conséquences sur leur santé ou les désagréments continuent de les endurer. En clair, aucune infraction relative à la prévention et à la lutte contre les méfaits du tabac n'a fait l'objet d'un contrôle, d'un avertissement ou d'une sanction de la part des autorités, conformément aux décrets et décisions en vigueur.
Bien que la situation soit quelque peu préoccupante, la « prévention et le contrôle des effets nocifs du tabac » ont cette fois-ci été inscrits dans la loi. Cette loi, applicable depuis le 1er mai 2013, accompagnée d'un décret gouvernemental précisant ses modalités d'application, sera sans aucun doute plus efficace qu'auparavant. Il va sans dire que les autorités compétentes, notamment le secteur de la santé, ont certainement tiré de précieux enseignements de leurs efforts passés en matière de prévention et de contrôle des effets nocifs du tabac. Car désormais, quiconque – fonctionnaire ou fumeur – enfreint la loi sur la prévention et le contrôle du tabac sera en infraction !
Viet Long


