Culture

L'amour familial dans les chansons folkloriques de Ví et Giặm

Bui Thi Thanh Xuan June 22, 2026 07:38

Au-delà des simples déclarations d'amour, les chansons folkloriques et les ballades préservent aussi les valeurs les plus sacrées de l'amour familial. Elles représentent les douces berceuses d'une mère, les conseils affectueux d'un père et la poignée de main indéfectible d'un mari et d'une femme, bravant ensemble d'innombrables épreuves.

Les chants folkloriques Ví et Giặm de Nghệ Tĩnh – un patrimoine culturel immatériel représentatif de l'humanité – sont considérés comme un joyau précieux du patrimoine littéraire populaire vietnamien. La vitalité intemporelle de cet art réside non seulement dans la simplicité de ses mélodies et la simplicité de ses paroles, mais aussi dans les profondes valeurs humanistes qu'il véhicule. L'amour familial, en particulier, en est le fil conducteur, le berceau qui façonne le caractère et l'essence même du peuple de Nghệ An. Explorer les sentiments familiaux à travers les chants Ví et Giặm, c'est aussi un retour aux sources culturelles et à la morale traditionnelle de la nation.

Au-delà des simples déclarations d'amour, les chansons folkloriques et les ballades préservent aussi les valeurs les plus sacrées de l'amour familial. Elles représentent les douces berceuses d'une mère, les conseils affectueux d'un père et la poignée de main indéfectible d'un mari et d'une femme, bravant ensemble d'innombrables épreuves.

Le lien sacré entre mère et enfant, père et enfant.

Au fil des générations, la famille vietnamienne s'est construite et développée autour de valeurs et de normes solides, contribuant à la préservation et à la promotion de l'identité culturelle nationale. Source inépuisable d'inspiration pour les chants et ballades folkloriques, les chants et ballades Nghệ Tữn s'inscrivent pleinement dans cette tradition. La famille est omniprésente dans ces mélodies chaleureuses et émouvantes, qui expriment une vaste palette d'émotions.

Avant tout, c'est l'amour des parents pour leurs enfants – le sentiment le plus sacré et le plus pur, qu'aucun mot ne saurait exprimer pleinement. Les mélodies sont amples, profondes et passionnées, les paroles et les airs doux, harmonieux et débordants d'amour, du plus simple et familier au plus grandiose. Les chants folkloriques des genres Ví et Giặm commencent par les berceuses chantées par les grands-mères et les mères auprès de leurs bébés. Dans ces chants, l'amour maternel et l'affection familiale s'épanouissent.« Ah, ah, oh… Par un après-midi d’été, près du hamac qui se balance, Mère berce son enfant sous le soleil rond de midi. Le poids de l’amour maternel rappelle à l’enfant les sacrifices de Père… »(Dix bénédictions de piété filiale).

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Sous la chaleur étouffante d'un midi d'été au centre du Vietnam, les berceuses résonnent, apaisant l'atmosphère comme des chuchotements et des conversations sincères, mêlés au grincement d'un hamac. Mais dans ce cadre paisible, la berceuse n'est pas qu'un simple moyen d'endormir des enfants innocents ; elle est l'expression de l'amour infini et des sacrifices d'une mère et d'un père.« Mère énumère les dix bénédictions depuis sa conception / Oh, il y a le yin et le yang, et puis il y a le destin... / Mère« Dès leur plus jeune âge, nous les avons choyés et soignés, fils et filles, à force de labeur et d'efforts, jour et nuit, en veillant à ce qu'ils soient allaités et nourris... »La chanson folklorique affirme également :« Ceux qui ont un père sont mieux lotis que ceux qui ont une mère… Ceux qui n’ont ni père ni mère souffrent encore davantage. »…comme un conseil pour l’enfant, mais aussi comme un signal d’alarme pour ceux dont les parents sont encore en vie. Car rappeler cela à son enfant, c’est aussi se remettre en question soi-même, afin de réfléchir et de mener une vie plus riche de sens et de compassion.« Je n'ai rien pu vous offrir en retour de votre gentillesse. »avec ses parents.

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L'amour familial ne se limite pas à la tendresse maternelle silencieuse, mais s'épanouit également grâce au soutien indéfectible du père, comme en témoigne l'expression « l'amour profond entre un père et son fils ». C'est l'image d'un père qui berce son enfant dès l'âge d'un ou deux ans, se souciant du moindre vêtement, encourageant ses rêves à quinze ou dix-sept ans, et attendant avec impatience le jour où il trouvera le bonheur auprès d'une belle-fille vertueuse ou d'un gendre dévoué. Derrière la croissance des enfants se cachent les souffrances physiques des parents, ainsi que la pauvreté et la faim qui les entourent.« L’institutrice est pauvre, en haillons et endettée / La mère est également pauvre, en haillons et endettée / Tout cela pour son jeune enfant. »(L'amour profond entre un père et son fils). Ces paroles simples et dépouillées illustrent un magnifique symbole d'amour parental : un amour inconditionnel, toujours prêt à protéger et à soutenir ses enfants face aux épreuves de la vie.

C’est de cette profonde compréhension de l’inestimable contribution des parents que les chants évoquent le sens de la piété filiale. L’affection familiale, dans les chants folkloriques des genres Ví et Giặm, n’est pas à sens unique, mais implique aussi une responsabilité. Le chant « Les Dix Vertus des Parents » interpelle l’auditeur par une introspection poignante, révélant l’immense dette de gratitude envers ses parents. Pourtant, l’individu a le sentiment de n’avoir « même pas rendu la pareille », ce qui l’amène à se demander : « Comment un enfant doit-il vivre pour accomplir son devoir filial ? » La piété filiale signifie respecter et se soumettre à ses parents, éviter les paroles blessantes et s’abstenir de toute critique ou irrespect, surtout avec l’âge. Cet amour doit s’exprimer par des gestes concrets d’attention tout au long de leur vie.« Un enfant doit rester près de ses parents / Ils doivent le nourrir et l'élever / Quand la femme est insensée, le mari doit lui rendre visite / Ils doivent faire des allers-retours pour lui rendre visite… »(Lien père-fils profond).

Le lien entre mari et femme est inébranlable et durable.

Si la piété filiale est le fondement de la moralité, alors l'amour entre époux est comme un feu qui illumine toute une vie. Dans l'amour romantique et la construction du bonheur familial, les chants populaires tels que « ví » et « giặm » sont perçus comme un pont reliant les destins, un réceptacle empli d'humanité et de droiture.

L'amour entre mari et femme est avant tout mis à l'épreuve et confirmé par les épreuves de la vie. La vie des couples mariés dans la province de Nghệ An n'a jamais été facile ; elle est intimement liée à un environnement naturel rude, marqué par un soleil intense, des pluies torrentielles et des tempêtes dévastatrices qui détruisent chaque année des biens et des villages. Par conséquent, les difficultés sont un fardeau constant pour les travailleurs humbles et courageux. En ces temps de pauvreté, les gens se retrouvent dans un état de :« Qui sait si les eaux du fleuve Lam sont claires ou troubles ? Alors seulement on saura si la vie est honteuse ou glorieuse. »(Mon cher amour). Cependant, malgré les hauts et les bas que nous traversons, notre amour conjugal reste fort au fil des années, alors...« Après la tempête vient le rassemblement des dragons et des nuages ​​/ Quand la chaîne de montagnes Hong est dépourvue d'arbres / Et que la rivière Lam est à sec / Alors seulement notre amour prendra fin. »(Mon très cher amour). Prenant le mont Hong comme vœu et la rivière Lam comme promesse, l'amour entre mari et femme devient un lien inébranlable, un soutien spirituel absolu pour traverser ensemble les hauts et les bas de la vie.

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Au-delà des vœux et des promesses solennelles, le lien conjugal dans les chants folkloriques Nghe An se concrétise également par des comportements quotidiens, subtils et empreints de responsabilité. L'ancienne chanson « Enseigner à ma femme » en est un exemple unique, illustrant une vision à la fois sérieuse et bienveillante des devoirs conjugaux. Bien que le titre évoque l'enseignement, les paroles sonnent comme un conseil sincère, murmuré par un mari à sa nouvelle épouse. C'est un rappel à l'ordre pour sa femme, mais aussi une introspection, une réflexion sur les moments de colère, les amitiés et la désapprobation parentale.« Un simple « oui » ou « non » vaut bien plus qu’un simple « oui » ou « non ». Quand des frères et sœurs rendent visite, quand des amis viennent à la maison, quand je verse un bol d’eau, l’accueil vaut plus qu’un festin, et l’accueil vaut plus qu’un festin. »(Enseigner à votre femme).

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Lorsque des époux se disputent ou ont des désaccords, les auteurs populaires leur rappellent de ne pas « gronder les chats et les chiens », de ne pas « s'emporter et se battre », mais de choisir le bon moment et le bon endroit pour discuter calmement."Même si tu es en colère contre ton mari et tes enfants, s'il te plaît, ne dis rien pour l'instant / Dis-le à tes amis quand ils rentreront… / Quand nous serons libres, quand nous serons partis, quand nous serons juste mari et femme."À la lecture de ces lignes, une profonde compréhension nous saisit soudain : le mari n’exige pas une épouse parfaite, mais aspire seulement à une partenaire de vie sage, capable de le guider avec douceur lorsqu’il commet une erreur. Telle est la philosophie d’une vie fidèle, d’une réflexion sur le passé et l’avenir, d’un foyer heureux : « Vivre ensemble, c’est considérer le passé et l’avenir, pour le bonheur de tous… » (L’enseignement à l’épouse).

Ce qui est particulièrement intéressant dans l'expression de l'affection conjugale dans les chants populaires du Nghệ Tữn, c'est la transformation miraculeuse de la « colère » en « amour ». Grâce à la plume magistrale de l'auteur Nguyễn Trung Phong dans son œuvre « Vi ốn Thuống » (Colère et Amour), les femmes du Nghện apparaissent à la fois perspicaces et profondément compatissantes. La colère ici n'est pas un ressentiment égoïste, mais une colère née d'un amour profond.« Tu n'arrêtes pas de me dire que je ne t'aime pas / Mais je pèse les choses très soigneusement / C'est parce que je t'aime que j'en ai parlé à ma mère / Nous devons t'empêcher de partir pour ce voyage à Luong. ». Parce que:« Si tu prends le mauvais chemin, je ne peux pas le supporter. »Chœur« Même si je suis en colère, je t'aime toujours. »Sa voix, teintée à la fois de ressentiment et de nostalgie, résonnait comme un lien invisible unissant leurs deux âmes. Pour prouver la profondeur de leur amour, la femme révéla sans crainte les épreuves qu'ils avaient surmontées pour être ensemble :« Oh mon amour, je t'aime, mais mes parents désapprouvent / S'ils m'interdisent d'entrer par la porte d'entrée, je passerai par la porte de derrière / Si mes parents me battent cent fois pour t'aimer / Mais après, je me relèverai / Et je suis déterminé à t'aimer. »(Colère et amour). Ces paroles directes, puissantes et même audacieuses reflètent un amour indéfectible, une loyauté qui défie tous les obstacles. Une femme de Nghệ An, amoureuse et ayant choisi son époux, resterait déterminée à l'aimer même si elle était « battue cent fois ». Ainsi, la colère présente est le prolongement de l'amour passé, le désir de maintenir l'homme de sa vie sur le droit chemin.

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L'affection familiale se transmet de génération en génération grâce aux chansons folkloriques.

Aucun document n'a permis de dater précisément des compositions telles que « L'amour profond entre un père et son fils », « Les dix vertus des parents » et « L'éducation d'une épouse », et l'on ignore si l'auteur était une personne seule ou un groupe. Cependant, depuis des décennies, ces chants folkloriques traditionnels sont aussi familiers aux habitants de Nghệ Tữn que la nourriture et l'eau. Ils servent de préceptes paternels, de conseils maternels et de guide de vie pour de nombreuses générations.

L'affection familiale, telle qu'elle est exprimée dans les chants populaires de Nghệ An, se transmet de génération en génération non par un langage savant ou des leçons morales arides, mais par la langue la plus ordinaire, simple et authentique de Nghệ An. C'est pourquoi les auditeurs sont touchés aux larmes par l'émotion et l'amour qu'ils ressentent. Ils écoutent pour comprendre le cœur de leurs parents, pour apprendre à vivre une vie de piété filiale, d'amour et d'humanité véritable. Et ces chants populaires, empreints de gratitude, continuent d'être transmis de génération en génération à Nghệ An, comme une source intarissable d'affection humaine.

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Article paru dans le journal Nghe An

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