Élections générales iraniennes : un test difficile pour le président !
(Baonghean) - Le week-end dernier, la République islamique d'Iran a tenu des élections générales cruciales pour élire 290 nouveaux membres du Parlement pour un mandat de quatre ans.
Selon les observateurs, il s'agit d'une épreuve difficile pour la coalition réformiste et modérée du président iranien Hassan Rouhani, dans le contexte de l'élection présidentielle de 2021. Parallèlement, les résultats de ce scrutin devraient avoir un impact significatif sur la vie politique et la politique étrangère de l'Iran, notamment sur l'accord nucléaire iranien et les relations déjà tendues entre les États-Unis et l'Iran.
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| Bureau de vote pour les élections législatives iraniennes à Téhéran, le 21 février. Photo : AFP |
Renverser les rôles.
Contrastant fortement avec l'atmosphère des élections législatives iraniennes de 2016, qui avaient vu la victoire éclatante de la coalition réformiste et modérée pour la première fois en douze ans, le paysage des élections générales de cette année en Iran a complètement changé. Avant même le scrutin, les observateurs prévoyaient un duel serré entre la faction conservatrice soutenant l'ancien maire de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf, et la faction modérée et réformiste menée par le président sortant, Hassan Rouhani.
Sans surprise, selon les résultats préliminaires publiés par le ministère iranien de l'Intérieur, les partisans de la ligne dure du Guide suprême Ali Khamenei devraient remporter la majorité au Parlement. Bien que les résultats officiels définitifs des élections ne soient pas annoncés cette semaine, l'évolution de l'opinion des électeurs vis-à-vis des différentes factions politiques iraniennes est perceptible depuis un certain temps déjà, même avant les élections législatives.
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| Des électeurs iraniens ont voté lors des élections législatives. Photo : Foreign Brief |
Si l'on se penche sur les élections législatives de 2016, la coalition modérée et réformiste du président Rouhani bénéficiait d'un fort soutien populaire, car le gouvernement de Téhéran venait de conclure un accord nucléaire historique avec les grandes puissances. Après des années d'isolement et de sanctions, l'Iran semblait s'ouvrir à une coopération avec le monde extérieur. Par ailleurs, depuis son élection à la présidence en 2013, Rouhani lui-même s'était engagé de manière constante en faveur de réformes économiques et sociales.
À l'époque, les électeurs iraniens nourrissaient de grands espoirs de « victoire de la modération » sur l'extrémisme, qui contrôlait totalement le pays depuis de nombreuses années. Ces espoirs et ces convictions ont été le principal moteur du soutien continu des électeurs à Rouhani lors de l'élection présidentielle de 2017. Cependant, la victoire écrasante et facile de Rouhani pour un second mandat n'a pas répondu aux attentes du peuple.
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| Le président iranien Hassan Rouhani et sa coalition réformiste et modérée font face à l'opposition et aux critiques de l'opinion publique et de la classe politique iraniennes. Photo : AFP |
Après près de deux mandats présidentiels, les électeurs iraniens ont exprimé leur profonde déception envers l'administration Rouhani, témoins d'une économie catastrophique, de sanctions internationales persistantes pesant lourdement sur le pays, plongeant l'économie iranienne dans la crise, avec une inflation atteignant 33,5 % et une croissance en baisse d'au moins 6 %. Parallèlement, les relations avec les États-Unis et l'Occident non seulement ne se sont pas améliorées, mais ont exacerbé les tensions, de même que les politiques intérieures et étrangères largement considérées comme erronées.
Le point culminant du mécontentement a été atteint lors des manifestations nationales contre la hausse des prix du carburant décidée par le gouvernement, qui ont éclaté à la fin de l'année dernière et ont mobilisé des millions de personnes. Par ailleurs, ces élections législatives iraniennes se déroulent dans un contexte de graves problèmes, tels que la pandémie de COVID-19 qui a fait au moins six morts, et les aveux de l'Iran, le 11 janvier, concernant la destruction accidentelle d'un avion de ligne ukrainien, qui a coûté la vie aux 176 personnes à bord. Cet incident a alimenté le sentiment antigouvernemental, notamment après la mort du général Qassem Soleimani, symbole de la puissance de la nation islamique. De manière significative, cet événement est perçu comme une conséquence de l'escalade des tensions dans les relations irano-américaines sous la présidence d'Hassan Rouhani, attisant un fort sentiment anti-américain à travers le pays.
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| Des Iraniens rendent hommage au général Soleimani après son assassinat. Photo : New York Times |
La porte se referma lentement.
Bien que les résultats définitifs des élections soient encore en attente d'approbation par le Conseil des gardiens iranien, la disqualification de nombreux candidats modérés, conjuguée au contexte social actuel en Iran, rend une victoire conservatrice quasi certaine. Nombreux sont ceux qui pensent que si la coalition conservatrice l'emporte comme prévu, les relations entre les États-Unis et l'Iran se détérioreront progressivement, notamment concernant l'accord nucléaire historique et l'avenir politique du président Hassan Rouhani, à l'approche de l'élection présidentielle de 2021.
Il convient de rappeler que le Parlement iranien est chargé d'adopter les lois, d'approuver le budget annuel, de ratifier les accords et traités internationaux, de voter des motions de censure contre les ministres et même de destituer le président. Bien entendu, toutes les lois doivent ensuite être approuvées par le Conseil des gardiens et ratifiées par le président. Cependant, selon les observateurs, la victoire de l'aile conservatrice intransigeante et l'obtention d'une majorité au Parlement compliqueront la mise en œuvre de l'ensemble des politiques du président modéré Rouhani, de la nomination des membres du gouvernement à l'approbation des réformes économiques et financières. Inévitablement, Rouhani a anticipé ces difficultés dans sa campagne pour un troisième mandat présidentiel en 2021, bien qu'il ait refusé de démissionner à au moins deux reprises ces derniers temps, sous la pression de l'opinion publique.
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| Les relations entre les États-Unis et l'Iran devraient se tendre davantage si les conservateurs obtiennent la majorité au Parlement iranien. Photo : CNN |
Par ailleurs, bien que le Parlement soit considéré comme ayant un rôle relativement limité dans la politique étrangère iranienne, il est clair que les États-Unis ont exercé des pressions psychologiques et imposé des sanctions à des responsables iraniens juste avant les élections législatives. En effet, une fois que la faction conservatrice aura repris le contrôle du Parlement, le sentiment anti-américain se ravivera, rendant les relations irano-américaines imprévisibles. Même l'accord nucléaire historique conclu en 2015 pourrait être remis en cause par l'Iran lui-même, car la faction conservatrice ne soutiendrait certainement aucune nouvelle négociation entre l'Iran et l'Occident.
De plus, un retour à une ligne dure rendrait l'Iran à nouveau méfiant et prudent vis-à-vis du monde, à l'instar de sa longue période de relations repliées sur elles-mêmes. Cela entraînerait sans aucun doute des changements imprévisibles, non seulement dans les relations américano-iraniennes, mais aussi au Moyen-Orient et sur les questions régionales impliquant l'Iran, tôt ou tard.
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| Le peuple iranien aspire au changement pour une vie meilleure. Photo : CNN |








