Un cœur chaleureux et un esprit calme.

June 22, 2014 15:50

(Baonghean) – La presse est souvent considérée comme le « quatrième pouvoir », après les pouvoirs législatif, judiciaire et exécutif. Cela témoigne de son importance et de son influence considérable sur la société. La question cruciale est de savoir comment et dans quel but ceux qui détiennent ce pouvoir l’utilisent.

Certains l'utilisent comme un outil pour s'enrichir personnellement, négligeant leurs responsabilités sociales et ne visant que leur propre enrichissement et la prospérité de leur famille. D'autres s'en servent comme d'une arme redoutable pour réformer la société et œuvrer à des idéaux nobles, en apportant démocratie, justice, prospérité et bonheur à chacun. Tout dépend de la perspective et de la perception – de l'état d'esprit et des sentiments – de chaque journaliste. C'est pourquoi, au sein de la communauté journalistique, on se rappelle souvent qu'un journaliste doit allier passion et sang-froid.

Il faut toujours avoir le cœur ardent d'aimer l'humanité, de respecter et de protéger la justice ; de s'indigner des injustices qui nuisent à la société ; de souffrir lorsque le bonheur, la dignité et les droits légitimes d'autrui sont bafoués. Alors, armé de sa plume, il faut écrire des articles qui luttent avec acharnement pour protéger la vérité, faire respecter la justice et éradiquer les pensées, les actions et les actes répréhensibles, qu'ils émanent d'un individu ou d'une organisation. Mais cette passion doit s'accompagner d'un esprit clair pour garder son sang-froid, son lucidité et son discernement, afin de bien distinguer le bien du mal et d'élaborer des méthodes efficaces pour combattre ces injustices et ces maux. À l'image des journalistes du quotidien Nghe An qui ont traité récemment le cas de violations de la loi à Nghi Phuong (Nghi Loc).

Face aux comportements perturbateurs, au mépris de la loi et à la profanation de la vie humaine dont font preuve les extrémistes, qui ne serait pas indigné et prêt à se battre jusqu'à la mort ? Mais une telle réaction ne ferait qu'attiser les flammes, et en fin de compte, bouddhistes ou catholiques, bons ou mauvais, nous sommes tous citoyens de Nghệ An. Il n'est donc pas question ici de gagner ou de perdre. Il s'agit simplement de savoir qui a raison et qui a tort, qui est juste et qui est injuste. Qui est l'instigateur, celui qui complote secrètement le mal ? Qui se trompe, qui suit aveuglément le mouvement ? Il est impératif de faire la lumière sur cette situation afin de distinguer le bien du mal, tout en préservant notre intégrité et notre loyauté. C'est pourquoi nos journalistes, malgré les dangers encourus (témoignant de leur engagement sans faille), ont tout mis en œuvre pour rassembler suffisamment de témoins et de preuves afin d'identifier directement les principaux coupables. Ce n'est qu'après avoir recueilli suffisamment d'informations qu'ils ont commencé à s'exprimer, publiant une série d'articles très pertinents, raisonnables et combatifs (c'est-à-dire avec sang-froid), forçant les éléments opportunistes et dissidents, qu'ils soient des gens ordinaires ou des personnes instruites et de haut rang, à les « accepter et les respecter », ce qui a engendré un profond mouvement de contestation sociale. Il en va de même pour l'enquête et la série d'articles portant sur le défrichement des terres pour le projet d'élargissement de la route nationale 1 traversant la province de Nghệ An.

Les journalistes ont abordé le sujet avec un véritable engagement et un sang-froid remarquable, contribuant ainsi aux efforts du gouvernement pour surmonter les difficultés et les obstacles, et favorisant un large consensus public. Parallèlement, ils ont tiré de précieux enseignements, notamment en matière de défrichement et, plus généralement, dans le traitement des questions liées aux droits et aux intérêts de la population, en privilégiant systématiquement ces derniers. Cette approche leur a valu le respect des autorités locales et des organismes compétents, et a suscité l'enthousiasme et la confiance de la population. Ce sont là deux exemples concrets et représentatifs d'un journalisme alliant engagement et sang-froid.

Cependant, les journalistes n'ont qu'un seul esprit, une seule perspective et une seule façon d'aborder les problèmes. Dans la plupart des cas, leur esprit est clair, leur vision perspicace et leur approche et leur raisonnement justes. Toutefois, il arrive fréquemment que l'esprit d'un journaliste « ne soit pas à la hauteur des attentes » et que son intégrité flanche, entraînant de nombreuses conséquences fâcheuses pour la société. Ces conséquences ont été largement débattues sur les réseaux sociaux et dans les médias, il est donc inutile de les répéter ici. Ce qu'il convient de rappeler, c'est que pour « maintenir la flamme vivante » et rehausser le prestige de la profession journalistique, pour effacer les préjugés sociaux négatifs à l'égard du journalisme, tels que « les écrivains mentent, les journalistes exagèrent », et pour garantir que la presse serve véritablement de « porte-voix du Parti et de l'État, de forum du peuple », les journalistes doivent constamment perfectionner leurs compétences professionnelles, cultiver leur conscience politique et idéologique et, surtout, considérer l'éthique journalistique comme une valeur fondamentale, un « principe directeur » pour leur travail. Cela leur permettra de faire preuve à la fois de cœur et de vision dans la collecte et le traitement de l'information, de créer de nombreuses œuvres remarquables qui reflètent fidèlement la vie, de servir le peuple et la patrie. C'est ainsi que l'on conjugue passion et lucidité.

Duy Huong

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Article paru dans le journal Nghe An

Un cœur chaleureux et un esprit calme.
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