La Chine construit à Guangzhou un nouveau bateau lance-missiles semi-submersible sans équipage.
La conception semi-submersible, associée à l'intelligence artificielle sur ce nouveau modèle de navire de guerre sans équipage, aide la marine chinoise à optimiser sa puissance de feu et ses capacités de furtivité en mer.
Au chantier naval de Huangpu à Guangzhou, en Chine, la construction d'une toute nouvelle classe de vedettes lance-missiles semi-submersibles sans équipage est en cours. Celles-ci sont considérées comme un élément crucial pour renforcer la puissance de combat des escadrons de destroyers et des groupes aéronavals de la marine de l'Armée populaire de libération (APL).
Conception optimisée pour la furtivité et la puissance de feu.
Ce nouveau type de navire de guerre élimine totalement le besoin d'espace de vie pour l'équipage, permettant une utilisation optimale de la charge utile pour les systèmes de capteurs et l'armement. D'après les images satellites, la coque mesure environ 65 mètres de long et présente une forme élancée avec deux ailerons flottants à l'arrière, ce qui la rend hybride entre un sous-marin et un patrouilleur rapide.

Sa conception semi-submersible permet au navire de se dissimuler partiellement sous la surface de l'eau, réduisant considérablement sa signature radar et compliquant sa détection par les systèmes de reconnaissance ennemis. La capacité de s'immerger temporairement à des profondeurs limitées contribue non seulement à éviter sa détection à distance, mais augmente également ses chances de survie face aux attaques de missiles de croisière.
Caractéristiques techniques et maniabilité
L'absence de système de survie confère au navire une manœuvrabilité supérieure à celle des destroyers de taille similaire. Les analystes prévoient qu'il pourrait être équipé de missiles de croisière antinavires YJ-18 ou de missiles antiaériens à longue portée HHQ-9, à l'instar du destroyer Type 055, ce qui en ferait une plateforme de lancement flottante polyvalente pour la flotte.
Simulation de tactiques et de réseaux de dommages
En février dernier, le Centre chinois de conception et de développement naval (CSDDC), en collaboration avec l'Université des sciences et technologies de Huazhong, a mené une simulation de combat. Les résultats ont démontré que le soutien de deux navires semi-submersibles autonomes permettrait à un destroyer de type 055 de vaincre huit destroyers de classe Arleigh Burke dans des conditions de combat identiques.
Dans ce scénario, les navires sans équipage agissent comme des « bras supplémentaires », transportant des drones et des embarcations suicides sous la coordination du centre de commandement du destroyer principal. Un système d'intelligence artificielle intégré permet aux véhicules de partager automatiquement les données des capteurs et les informations de localisation des cibles, créant ainsi un réseau de destruction dense et hiérarchisé.
Ambitions pour une marine intelligente
Le professeur Du Minghui, directeur du groupe de recherche en simulation, a affirmé dans le China Journal of Ship Research que les navires semi-submersibles sans équipage deviendront un élément central de la guerre navale future. Cette stratégie s'inscrit dans le cadre du plan de Pékin visant à construire une « marine intelligente », dont les technologies d'automatisation et les armes guidées constituent le cœur.
Alors que l'US Navy développe également des programmes de navires de guerre sans équipage, la Chine a déjà entamé la phase de construction à Guangzhou. La flotte chinoise devant dépasser celle des États-Unis d'ici le milieu des années 2030, l'équipement d'un grand nombre de navires de soutien sans équipage est considéré comme une option viable pour maintenir une puissance de feu supérieure dans les eaux stratégiques.

L'apparition de ce type de vedette lance-missiles semi-submersible pourrait complètement changer la façon dont les forces navales sont déployées, établissant une structure de combat tridimensionnelle moderne où la technologie d'automatisation joue un rôle décisif dans la victoire ou la défaite sur le champ de bataille maritime.


