La Chine aura du mal à prendre la tête dans l'Arctique sans la coopération de la Russie.
Malgré des investissements sans cesse croissants et l'expansion de sa flotte de brise-glaces, les efforts de la Chine pour établir une position indépendante dans l'Arctique se heurtent toujours à un obstacle géographique insurmontable.

Selon l'agence de presse TASS.Le 10 juillet, évaluant la stratégie de la Chine dans l'Arctique, des experts ont affirmé que Pékin aurait du mal à consolider son rôle de leader dans la région sans une étroite coopération stratégique avec la Russie.
Irina Strelnikova, directrice du Centre d'études arctiques interdisciplinaires de la Haute École d'économie (HSE), estime qu'il est peu probable que Pékin parvienne à consolider seule sa position dominante dans la région arctique. Dans un entretien accordé à l'agence de presse TASS, cette experte et chercheuse principale à l'Académie des sciences de Russie a souligné que la principale raison tient au fait que cette nation asiatique ne possède aucun territoire au-delà du cercle polaire arctique.
Tout en reconnaissant les évolutions positives et les investissements de Pékin, Mme Strelnikova a affirmé que ces efforts sont insuffisants pour remplacer le rôle de Moscou. L'absence de base territoriale légitime prive Pékin de tout fondement solide dans ses ambitions d'indépendance.
Pour pallier son désavantage géographique, Pékin se positionne comme une « nation quasi-arctique ». Selon l'analyse de l'experte Strelnikova, sa stratégie repose sur l'utilisation d'outils économiques pour accroître son influence régionale. Les investissements se concentrent sur le développement des infrastructures, l'exploitation des ressources naturelles et, surtout, la modernisation de sa flotte de brise-glaces.
La Chine possède actuellement quatre brise-glaces et poursuit le développement constant de navires de recherche scientifique spécialisés. Cette initiative témoigne clairement de sa volonté de s'impliquer davantage dans les voies maritimes stratégiques qui s'ouvrent progressivement dans la région arctique.
Par ailleurs, la Russie demeure le seul pays au monde à posséder une flotte de brise-glaces à propulsion nucléaire. Cette supériorité technologique, conjuguée à sa situation géographique avantageuse, lui assure des atouts stratégiques durables dans la région arctique.


