La Chine teste le drone suicide Loong M9 ; les États-Unis tirent un missile Stinger depuis le système M-SHORAD.
Le Loong M9 a une portée de 1 620 km et une charge utile de 50 kg ; l’armée américaine a tiré le Stinger depuis un M-SHORAD pour la première fois lors d’un entraînement au NTC ; la Russie a testé le montage du missile R-60 sur le drone Geran-2.
Principales actualités en matière d'armement : la Chine teste le drone suicide Loong M9 dans le style de Shahed, l'armée américaine tire pour la première fois un véritable missile Stinger depuis le système M-SHORAD lors d'un entraînement, tandis que l'Ukraine signale que la Russie a installé des missiles air-air R-60 sur des drones Geran-2.
La Chine teste le drone suicide Loong M9 : spécifications et utilisation prévue.
Selon OSINTWarfare (2.12), la Chine teste le Loong M9, un drone suicide dont la philosophie de conception est similaire à celle du Shahed-136 iranien. Le M9 s'ajoute à la liste des drones de type Shahed étudiés par la Chine, tels que l'ASN-301, le DFX-50, le DFX-100, le Feilong-300D, le PD2900 et le Sunflower-200.
Le Loong M9, présenté par Loong UAV, est un drone lourd à aile delta, propulsé par essence, capable de missions de reconnaissance, d'attaque, d'appui tactique ou de cible. Il est doté d'une plateforme de lancement avec support de missiles, d'une structure en fibre de carbone pour un poids réduit, d'une charge utile interne de 50 kg adaptée aux ogives et capteurs, et d'un réservoir de carburant de 108 litres lui conférant une autonomie maximale de 1 620 km. Son système de guidage comprend des capteurs optiques, un système de suivi de cible par caméra et la capacité de fonctionner même en conditions de brouillage.
- Dimensions/Poids : Envergure 2,5 m ; Longueur 3,5 m ; Poids à vide 62,5 kg ; Poids maximal au décollage 200 kg.
- Performances : vitesse de croisière ~190 km/h ; vitesse maximale 220 km/h ; autonomie de vol 8 à 9 heures ; plafond de service ~4 500 m.
- Conditions de fonctionnement : résiste à une force de vent de 7 ; température de -25°C à 60°C.
Du point de vue philosophique, le Loong M9 est considéré comme similaire au Shahed-136 : conception simple, faible coût, longue portée, adapté à un déploiement à grande échelle pour pénétrer et affaiblir les défenses aériennes ennemies. La popularité du modèle Shahed a incité de nombreux pays, dont la Chine, à développer des modèles similaires pour le combat et l’entraînement à la défense aérienne.
Les États-Unis testent le missile Stinger depuis le M-SHORAD : implications pour la défense aérienne à courte portée.
L'armée américaine a récemment procédé à son premier tir réel de missile Stinger depuis le système de défense aérienne mobile Stryker M-SHORAD, au Centre national de défense antimissile tactique (NTC) de Fort Irwin, en Californie. Cet événement, annoncé le 28 novembre, marque une étape importante vers l'intégration du M-SHORAD dans les procédures opérationnelles régulières, prévue pour octobre 2025.
Lors d'un exercice de tir, l'équipage du 4e bataillon du 60e régiment de défense aérienne a lancé un missile FIM-92 Stinger pour détruire un drone Outlaw simulé effectuant une trajectoire en huit. L'équipage a détecté, suivi et ouvert le feu conformément à la procédure, confirmant ainsi sa capacité à passer rapidement de la surveillance à l'attaque dans des conditions d'entraînement réalistes. Les unités M-SHORAD ont intercepté avec succès des drones et des cibles volant à basse altitude à plusieurs reprises au cours de l'exercice, réaffirmant leur rôle dans la défense aérienne rapprochée au niveau de la brigade.
Le M-SHORAD (Maneuver Short Range Air Defense) utilise le châssis du Stryker A1 et est équipé de :
- Canon XM914 de 30 mm ; mitrailleuse de 7,62 mm.
- Radar multifonctionnel ; capteur optique-infrarouge.
- Deux grappes de missiles Stinger (8 missiles au total). Des missiles Hellfire étaient initialement prévus, mais ont été retirés en raison des vibrations lors du transport.
Feuille de route des mises à niveau :
- Incrément 2 (DE M-SHORAD) : intègre un laser de 50 kW, visant à augmenter l'efficacité de l'interception des drones/missiles à un faible coût par tir.
- Incrément 3 : Ajoute l’intercepteur NGSRI de nouvelle génération et des munitions explosives sans contact au canon de 30 mm pour engager des cibles petites et mobiles.
- Incrément 4 : une version plus légère et plus maniable sur le plan stratégique, pouvant être transportée par C-130 ou larguée par avion.
Le Stinger est un système de défense aérienne portable utilisant un autodirecteur infrarouge, d'une portée maximale d'environ 8 km et d'une vitesse de Mach 2,2 (2 695 km/h). Il est entré en service en 1981. Les États-Unis ont prolongé la durée de vie du Stinger tout en développant son successeur, le NGSRI.
La Russie installe un missile R-60 sur un drone Geran-2 : phase de test et risques.
Des sources ukrainiennes indiquent que la Russie teste une nouvelle configuration du drone Geran-2 (une version russe dérivée du Shahed-136), équipée de missiles air-air à courte portée R-60. Si ces tests s'avèrent concluants, cette configuration pourrait menacer directement les avions et hélicoptères ukrainiens chargés d'intercepter les drones.
Le 1er décembre, le fonds communautaire Sternenko a diffusé une vidéo montrant un drone Geran-2 transportant une plateforme de lancement et un missile R-60. L'expert en guerre électronique Serhiy Beskrestnov a publié des images supplémentaires de débris du Geran-2, le missile R-60 étant toujours sur sa plateforme de lancement et apparemment non encore activé.
Le R-60 est un missile air-air à courte portée utilisant un autodirecteur infrarouge, développé par l'Union soviétique dans les années 1970. Chaque missile mesure plus de 2 mètres de long, pèse 44 kg, a une portée d'environ 8 km et emporte une ogive à fragmentation de 3 kg. La variante R-60M (1982) permet un verrouillage de cible jusqu'à un angle de 20 degrés, ce qui accroît ses capacités d'attaque par rapport à la version originale.
On ignore pour l'instant comment la Russie intégrera les capteurs de détection de cibles et les mécanismes de tir au Geran-2. Certains experts ukrainiens et occidentaux prévoient que le drone pourrait recevoir des données de son contrôleur par liaison radio, via une station relais ou grâce à une connectivité 4G ; les données de ciblage pourraient également provenir de radars au sol, de capteurs externes ou d'un système d'observation intégré. Selon TWZ, cette configuration permettrait au Geran-2 d'assurer une défense aérienne temporaire ou de repousser les aéronefs ukrainiens, opérant seul ou en formation sur les lignes de front pour protéger les groupes de drones ennemis.
Le vice-ministre ukrainien de la Défense, Iouri Myronenko, a déclaré que la Russie utilise plusieurs missiles Geran-2 contrôlés en temps réel par un réseau d'antennes situé dans sa zone de contrôle et au Bélarus, permettant aux équipages de réagir avec souplesse, voire d'approcher proactivement les aéronefs ukrainiens. L'efficacité réelle des Geran-2 équipés du missile R-60 n'a pas encore été confirmée.
Impact opérationnel
- Le Loong M9 illustre une tendance à reproduire le modèle des drones kamikazes à longue portée et à faible coût, augmentant la pression sur les défenses aériennes ennemies par le simple nombre.
- Les résultats des tirs du Stinger du M-SHORAD renforcent le rôle de la défense aérienne mobile à courte portée dans les formations de brigade, tout en ouvrant la voie à l'intégration de nouveaux lasers et intercepteurs.
- Le Geran-2, équipé du missile R-60, pourrait, s'il s'avérait performant, constituer un défi supplémentaire pour les intercepteurs ukrainiens. Cependant, la méthode d'intégration et son efficacité restent sujettes à caution.


