De médecin à première femme présidente du Parlement algérien
L'Assemblée nationale algérienne a élu Khalida Boufedeche, du Front de libération nationale (FLN), à sa présidence pour un mandat de cinq ans. C'est la première fois, depuis la création de l'Assemblée nationale en 1977, qu'une femme occupe ce poste. L'élection de Khalida Boufedeche représente non seulement une victoire personnelle pour cette jeune intellectuelle, mais aussi un pas symbolique vers l'émancipation des femmes dans ce pays d'Afrique du Nord.
Un monument historique àChambre des députés
Le 28 juillet 2026, les délégués de la 10e session de l'Assemblée du peuple algérienne (Chambre basse) ont procédé à un vote à bulletin secret en séance plénière à Alger. Avec 302 voix en sa faveur, Boufedeche a largement devancé les deux autres candidats : Amine Allouche du Mouvement social pour la paix (MSP), qui a recueilli 57 voix, et Rachid Hassani du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), qui n'en a obtenu que 7.
À 44 ans, son élection à la tête de la Chambre des représentants pour un mandat de cinq ans a non seulement fait d'elle la première femme présidente du Parlement de l'histoire algérienne, mais l'a également élevée au quatrième rang des plus hauts responsables (cérémoniel et institutionnel) de l'appareil d'État.
Cet événement revêt une importance particulière compte tenu des défis auxquels les femmes sont confrontées en politique. Lors des récentes élections législatives algériennes, la proportion de femmes élues a chuté de façon spectaculaire, avec seulement 25 femmes élues, soit à peine 6,14 % des 407 sièges. Le fait qu'une femme ait accédé à une position aussi élevée au sein du Parlement, alors que la représentation féminine est limitée à seulement 6 %, a créé un véritable élan, envoyant un message fort sur la reconnaissance des compétences qui ne sont pas limitées par le genre.

Immédiatement après son élection, Boufedeche a exprimé avec émotion que la confiance qui lui était accordée était un hommage à toutes les Algériennes. La nouvelle présidente du Parlement a affirmé que son élection à ce poste reflétait les profonds changements qui s'opèrent dans le pays et témoignait de la volonté politique de promouvoir la participation de personnes compétentes à tous les niveaux de la vie publique.
Jeunesse, savoir et solides fondements politiques.
L'ascension de Khalida Boufedeche n'est pas le fruit du hasard, mais le résultat d'un parcours constant d'amélioration personnelle, allant des connaissances médicales à l'expérience pratique en matière de gestion.
Née en 1982, Mme Boufedeche a obtenu son diplôme de médecine générale à l'Université d'Alger en 2008 et a débuté sa carrière à l'hôpital public Aïn Taya. Passionnée par son métier et dotée d'excellentes aptitudes académiques, elle a poursuivi sa formation et obtenu un doctorat en allergologie et immunologie clinique en 2019. Elle a exercé pendant de nombreuses années dans des hôpitaux publics rattachés au CHU Béni Messous d'Alger. Grâce à ses compétences managériales exceptionnelles, elle a été nommée chef de service au sein du département de la santé et de la population d'Alger en 2023.
C’est dans le domaine de la santé publique, où elle était quotidiennement en contact avec les préoccupations et les angoisses de la population, que le Dr Boufedeche a souhaité s’investir davantage dans la vie communautaire. Elle a commencé à acquérir de l’expérience sur le terrain en tant que membre du Conseil populaire de la commune de Bordj El Bahri de 2012 à 2017, avant d’être élue représentante au Conseil populaire provincial d’Alger pour le mandat 2021-2026.
Elle a rejoint le Front de libération nationale (FLN) – le parti au pouvoir dont l'histoire est étroitement liée à la lutte pour l'indépendance de l'Algérie – et s'est rapidement imposée comme membre du Comité central du parti.
Lors des élections législatives de début juillet 2026, elle a représenté la circonscription d'Alger et a été élue députée. Son intelligence vive, sa solide formation intellectuelle et son image de personne proche du peuple ont permis à la jeune médecin de rapidement rallier un large soutien auprès de différents courants politiques.
Avant les élections législatives, une coalition majoritaire composée du FLN et de huit autres partis et groupes parlementaires indépendants (tels que le RND, El-Moustakbal, El-Bina, TAJ, etc.) a publié une déclaration commune en sa faveur. Ils estimaient que le stade actuel du développement institutionnel de l'Algérie exigeait un dirigeant compétent et fédérateur.
Attentes concernant la transformation de l'Algérie.
Les observateurs estiment que les résultats du vote envoient un message fort en faveur de la promotion de la participation des femmes à la vie politique et à l'administration de l'État.L’élection de la nouvelle présidente du Parlement, Khalida Boufedeche, s’inscrit pleinement dans la stratégie du président algérien Abdelmadjid Tebboune. Dans de nombreux discours, le président Tebboune a insisté sur l’importance du renouvellement de la population active, en donnant aux jeunes et aux femmes l’opportunité d’accéder à des postes clés afin de construire une « Nouvelle Algérie » moderne et développée.

Devant le Parlement et le peuple, la nouvelle présidente de la Chambre des députés, Mme Boufedeche, a présenté des engagements clairs. Elle a réaffirmé sa volonté de faire de la Chambre basse le principal forum démocratique du pays, d'améliorer la qualité de la législation et de renforcer son rôle de contrôle des politiques publiques. Elle a également souligné l'importance de consolider les valeurs de dialogue et de respect mutuel, en plaçant l'intérêt national au-dessus de tout.
L'élection de Khalida Boufedeche au poste de première présidente du Parlement algérien. Il s'agit d'une étape historique majeure, marquant un nouveau pas en avant pour le renforcement du rôle des femmes au sein des plus hautes instances du pouvoir en Algérie. Après neuf mandats, l'Assemblée nationale algérienne…verrou XC'est la première fois que nous avons une femme à la présidence.
La voie à suivre est certes semée d'embûches, compte tenu du contexte socio-économique instable de la région. Toutefois, forte d'une solide culture, d'une résilience forgée à la base et d'un soutien politique indéfectible, la population algérienne aspire à une législature renouvelée, efficace et davantage axée sur les besoins du peuple, sous la direction de sa première présidente, Khalida Boufedeche.


