Des politiques fiscales sur les carburants aux nouvelles approches de gestion
L’approbation récente par l’Assemblée nationale de la politique visant à réduire et à exonérer de certaines taxes sur l’essence et le gazole, et en particulier l’autorisation donnée au gouvernement de gérer de manière proactive le processus de mise en œuvre, est une décision qui dépasse le cadre d’une politique fiscale classique.

Dans un contexte de fluctuations rapides et imprévisibles des prix mondiaux de l'énergie, l'application d'un taux d'imposition fixe pendant une période prolongée rendrait difficile l'adaptation de la politique aux évolutions du marché. Accorder une certaine flexibilité au gouvernement – en lui permettant d'ajuster le calendrier, le niveau et la durée d'application – a permis de créer un mécanisme plus conforme aux réalités du terrain.
De ce point de vue, il ne s’agit pas seulement d’une solution pour stabiliser les prix des carburants ou soutenir l’économie, mais aussi d’un changement significatif dans la façon d’élaborer les politiques :Des politiques fixes aux politiques adaptatives.
Une seule décision politique – un message fort sur la manière d'élaborer des politiques.
Ce qui est remarquable dans cette décision, ce n'est pas la réduction d'impôt — qui a déjà été mise en œuvre lors de périodes difficiles précédentes — mais la manière dont cette politique est conçue.
Cette fois-ci, l'Assemblée nationale n'a pas défini de politique par des règlements détaillés, mais a opté pour une approche différente : établir des principes et conférer au gouvernement une autorité opérationnelle flexible. Cette répartition des rôles témoigne d'une prise de conscience croissante des caractéristiques du contexte actuel de développement : la nécessité de flexibilité et de réactivité face à des changements rapides, complexes et imprévisibles.
Dans un tel contexte, une politique ne peut être conçue comme une structure fixe, car une fois adoptée, les hypothèses initiales peuvent avoir évolué. Par conséquent, la manière dont elle est mise en œuvre est cruciale.
Ici, la délégation ne se résume pas à la décentralisation, mais vise à donner aux instances dirigeantes les moyens de réagir en temps réel. Cela contribue à réduire le délai entre les fluctuations du marché et les ajustements politiques, un facteur de plus en plus crucial.
Le problème ne vient pas du carburant, mais de la façon dont les politiques s'adaptent à la réalité.
Si l'on considère la situation dans son ensemble, l'essence n'est qu'un exemple. Les défis auxquels est confrontée la politique relative à l'essence sont également des défis communs à de nombreux autres secteurs.
Dans l'économie numérique, de nouveaux modèles économiques émergent plus rapidement que notre capacité à adapter le cadre juridique. Dans le secteur technologique, l'intelligence artificielle se développe à un rythme bien supérieur à celui du cycle traditionnel d'élaboration des politiques. Dans le commerce et la logistique, les fluctuations des marchés internationaux peuvent évoluer très rapidement.
Le point commun entre ces domaines est queLa pratique évolue plus vite que la politique..
Par ailleurs, le processus d'élaboration et d'ajustement des politiques est souvent long ; les politiques sont conçues pour être « figées », ce qui les rend difficiles à modifier ; et, dans de nombreux cas, l'écart entre la planification et la mise en œuvre demeure important. Il en résulte un paradoxe : les politiques sont censées orienter la pratique, mais, bien souvent, elles doivent s'y conformer.
Et à mesure que cet écart se creuse, le coût n'est pas seulement une diminution de l'efficacité des politiques publiques, mais aussi des occasions manquées de développement.

Des politiques d'adaptation aux gouvernements d'adaptation
Les défis mentionnés ci-dessus montrent que le problème ne réside plus dans la mise au point de quelques outils, mais plutôt dans la nécessité d'une nouvelle approche de la planification des politiques.
Au cœur de cette approche se trouve un passage d'une mentalité de « politique statique » à une mentalité de « politique dynamique », et plus loin, le développement d'uneLe gouvernement est très adaptable.Comme l'a déclaré le Premier ministre Le Minh Hung dans son discours d'investiture : la gouvernance sera fondée sur une pensée managériale moderne, proactive et flexible en toutes circonstances.
Avant toute chose, les politiques doivent être conçues pour être ouvertes et flexibles.Au lieu de chercher à perfectionner chaque détail dès le départ, les politiques devraient établir des principes, des objectifs et des limites, tout en laissant place à des ajustements lors de leur mise en œuvre. Des mécanismes tels que les réglementations-cadres, la délégation contrôlée ou les clauses relatives aux circonstances particulières devraient être utilisés plus fréquemment.
Deuxièmement, il est nécessaire de mettre en place un mécanisme de retour d'information politique en temps réel.Dans un environnement en constante évolution, les politiques ne peuvent se fonder uniquement sur des rapports périodiques ; elles doivent être mises à jour en continu grâce aux informations provenant du marché, des entreprises et du public. Lorsque l’information est collectée et traitée rapidement, les ajustements des politiques sont plus rapides et plus précis.
Troisièmement, il est nécessaire d'institutionnaliser des mécanismes de mise à l'épreuve des politiques dans de nouveaux domaines.Plutôt que d'attendre un cadre juridique complet, autoriser des expérimentations contrôlées permettra de réduire les risques tout en favorisant l'innovation. De nombreux pays ont adopté avec succès cette approche dans des domaines tels que la fintech et l'énergie.
Quatrièmement, nous devons accélérer le développement d'un état des données.Lorsque les données sont connectées, partagées et analysées en temps réel, les pouvoirs publics peuvent identifier rapidement les problèmes, anticiper les tendances et adapter leurs politiques sans délai. La transformation numérique n'est donc pas qu'une simple évolution technologique ; elle constitue le fondement des capacités modernes d'élaboration des politiques.
Cinquièmement, la chaîne d'exécution doit être placée au centre.Les politiques n'ont de réelle valeur que si elles sont mises en œuvre efficacement. Par conséquent, clarifier les responsabilités, renforcer la décentralisation tout en prévoyant des mécanismes de contrôle et d'équilibre, et utiliser des outils pour mesurer les résultats sont des éléments clés.
Ces orientations sont non seulement conformes aux exigences pratiques, mais elles s'alignent également sur les principes directeurs du Parti et du Gouvernement visant à améliorer les capacités organisationnelles, à mettre en place un appareil efficace et performant et à mieux servir la population et les entreprises.
Une nouvelle exigence en matière de compétences managériales.
Dans ce nouveau contexte, la capacité de gouvernance ne se mesure plus au nombre de politiques émises, mais à la capacité de rendre ces politiques effectives dans la pratique.
L’exigence de « rapidité, de célérité, de rigueur et d’efficacité » soulignée par le Premier ministre Le Minh Hung ne devrait pas seulement s’appliquer à des décisions spécifiques, mais devrait également être érigée en principe de fonctionnement pour l’ensemble du système.
Cela exige que le gouvernement ait non seulement raison en principe, mais aussi…Réactif, flexible et décisif dans son exécution.
D'une décision politique à une philosophie de gestion
La décision relative à la politique de taxation des carburants révèle une orientation notable : au lieu de tenter de contrôler toutes les fluctuations par une réglementation rigide, le système de politiques est progressivement conçu pour…S'adapter au changement.Il ne s'agit pas seulement d'une solution temporaire, mais cela pourrait devenir un principe important de la gouvernance nationale moderne.
Dans un monde où la prévisibilité totale est impossible, l'avantage revient aux nations capables d'adapter rapidement leurs politiques aux réalités changeantes. En ce sens, l'innovation politique n'est pas qu'une simple exigence technique, mais un changement de paradigme en matière de gouvernance – un facteur susceptible de conférer à une nation un avantage concurrentiel stratégique dans cette nouvelle ère. Toutefois, toutes les politiques doivent viser à mieux servir les citoyens et les entreprises.


