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En refusant de « partager le fardeau » en Iran, l'OTAN est-elle au bord de l'effondrement ?

Exécution : Quoc Toan - Hoang Quan ; Dessin : Huu Quan April 10, 2026 08:16

Le monde assiste à un séisme diplomatique qui ébranle la plus grande alliance militaire de la planète. Tout a commencé lorsque Washington a exigé que l'OTAN participe à l'effort de guerre en Iran, ce à quoi ses alliés européens ont catégoriquement refusé. Immédiatement, le président américain Donald Trump a douché les espoirs de l'OTAN en déclarant que les États-Unis envisageraient un retrait de l'alliance.

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Le monde assiste à un séisme diplomatique qui ébranle la plus grande alliance militaire de la planète. Tout a commencé lorsque Washington a exigé que l'OTAN partage le fardeau de la guerre en Iran, ce à quoi ses alliés européens ont catégoriquement refusé. Immédiatement, le président américain Donald Trump a refroidi les ardeurs en déclarant que les États-Unis envisageraient un retrait de l'OTAN. S'agit-il d'une simple manœuvre psychologique à la table des négociations, ou du début de la fin de l'ordre de sécurité transatlantique qui perdure depuis plus de sept décennies ?

Les journaux, stations de radio et de télévision de Nghe An ont diffusé une interview du professeur agrégé, docteur, major-général Le Van Cuong - ancien directeur de l'Institut d'études stratégiques du ministère de la Sécurité publique.

Effectuer: Quoc Toan - Hoang Quan
Conception:Huu Quan| 9 avril 2026

PV : Général Le Van Cuong, la demande américaine d'intervention de l'OTAN dans le conflit iranien est-elle conforme à la charte de l'Alliance, et plus précisément à son article 5 ? Certains affirment qu'il s'agit d'une simple exigence politique imposée par Washington. Quel est votre avis ?

Major-général Le Van CuongL'article 5 de la Charte de l'OTAN stipule que lorsqu'un État membre est attaqué de l'extérieur, les autres États membres ont l'obligation de lui apporter un soutien en effectifs, en armes et en autres moyens de guerre. Cependant, la demande du président américain Donald Trump, qui souhaite que les pays européens membres de l'OTAN participent au conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran, n'entre pas dans le champ d'application de l'article 5.

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Le président américain Donald Trump (au centre), le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth (à gauche) et le secrétaire d'État américain Marco Rubio lors d'une conférence de presse en marge du sommet de l'OTAN le 25 juin 2025. Photo : Agence Anadolu

En réalité, certains membres de l'OTAN désapprouvaient la guerre menée par les États-Unis contre l'Iran. L'Allemagne, par exemple, estimait que ce conflit ne la concernait pas. Le président Trump a réagi fermement, affirmant que les États-Unis protégeaient l'Europe, mais que cette dernière ne leur apportait pas le soutien nécessaire. Non seulement l'Allemagne, mais aussi le Royaume-Uni, l'Italie et de nombreux autres pays ont refusé d'autoriser les États-Unis à recourir à la force militaire. En l'espace d'une semaine, le président Trump a déclaré à plusieurs reprises que si cette situation persistait, le rôle de l'OTAN deviendrait insignifiant pour la sécurité des États-Unis et a même menacé de reconsidérer l'adhésion des États-Unis à l'OTAN. Il est important de préciser que cette demande ne relève pas de l'article 5, car l'Iran ne menace ni les États-Unis ni aucun membre de l'OTAN. Ce n'est que si l'Iran attaquait directement le territoire ou les bases militaires américaines que les États-Unis seraient fondés à demander le soutien de l'OTAN.

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Forces militaires de l'OTAN lors de l'exercice « Steadfast Dart 2025 ». Photo : AFP

PV : Le refus des pays membres de l'OTAN d'adhérer était-il donc motivé par des intérêts nationaux ? Existe-t-il un conflit d'intérêts entre l'Europe et les États-Unis dans ce cas précis ?

Major-général Le Van CuongL'OTAN est une organisation de défense collective des pays occidentaux, initialement composée de 12 nations, créée pour contrebalancer l'influence soviétique. Le Pacte de Varsovie fut formé en 1955 pour lui apporter un contrepoids. Théoriquement, la chute de l'Union soviétique en 1991 aurait dû mettre fin à la mission historique de l'OTAN, mais elle s'est en réalité étendue à 32 membres.

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Le siège de l'OTAN se trouve à Bruxelles, en Belgique.

Actuellement, les intérêts de l'Europe et des États-Unis divergent. L'Iran ne représente pas une menace pour l'Europe, tandis que cette dernière a besoin d'un Moyen-Orient stable pour garantir son approvisionnement énergétique. Après plus de quatre ans de conflit russo-ukrainien, l'économie européenne est confrontée à de graves difficultés, engendrant des crises politiques, sociales et de politique étrangère. L'Europe considère un éventuel conflit israélo-américain avec l'Iran comme contre-productif, voire illégal. C'est pourquoi elle refuse d'y participer. Cette situation exacerbe les dissensions internes au sein de l'OTAN et aggrave les désaccords transatlantiques.

PV : Selon le général de division, l'annonce du retrait des États-Unis de l'OTAN est-elle une tactique de pression ou une véritable mesure isolationniste ?

Major-général Le Van CuongJe pense qu'il s'agit avant tout de pressions politiques. En réalité, les États-Unis ont toujours besoin de l'OTAN et de l'Europe à bien des égards : économiquement, politiquement, sécuritairement et diplomatiquement. Réciproquement, l'Europe a également besoin des États-Unis. Si les États-Unis se retirent de l'OTAN, le risque qu'ils courent sera bien plus grand. Il s'agit donc d'un avertissement visant à inciter les pays membres de l'OTAN à assumer davantage de responsabilités, plutôt que d'une véritable mesure de retrait de l'alliance.

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PV:Dans le pire des cas, si les États-Unis se retirent de l'OTAN, comment évoluera le paysage sécuritaire mondial ? L'Europe disposera-t-elle d'une autonomie militaire suffisante ?

Major-général Le Van CuongSi les États-Unis se retirent, l'OTAN se désintégrera presque certainement, car environ 70 % de son budget est financé par les États-Unis. La majorité des armes modernes de l'OTAN sont également fournies par les États-Unis. L'Europe ne dispose actuellement pas des capacités militaires nécessaires pour se défendre contre des adversaires majeurs comme la Russie. Sans les États-Unis, l'OTAN aurait besoin d'au moins 15 ans pour reconstituer ses capacités de défense, tandis que ses rivaux ne resteraient pas inactifs. À ce moment-là, la structure du pouvoir mondial se modifierait fondamentalement, passant d'un système unipolaire à un système multipolaire avec trois centres majeurs : les États-Unis, la Russie et la Chine. Ce serait un avantage considérable pour les rivaux de l'Occident.

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La majorité des armes modernes de l'OTAN sont fournies par les États-Unis. Photo : AFP

PV:Concernant le conflit au Moyen-Orient, le président Trump a récemment déclaré qu'il pourrait attaquer des installations iraniennes stratégiques. Selon vous, quels scénarios pourraient se produire prochainement ?

Major-général Le Van CuongC'est une question très complexe. Le président Trump a un style imprévisible et change fréquemment de position. Cependant, je crois que sur le dossier nucléaire iranien, les États-Unis sont fortement influencés par Israël. Actuellement, le point crucial est la présence d'environ 460 kg d'uranium enrichi à 60 % en Iran. Si les États-Unis et Israël ne parviennent pas à localiser ces réserves, le conflit pourrait se prolonger et s'intensifier. Une autre option serait que les États-Unis mènent des frappes aériennes d'envergure pour contraindre l'Iran à négocier. Toutefois, le déploiement de troupes au sol en Iran est une opération très risquée et peu susceptible de réussir, comme on l'a vu en Irak et en Afghanistan. L'Iran possède un vaste territoire, un relief complexe et une forte capacité de résistance. Par conséquent, la probabilité d'un déploiement de troupes au sol américaines en Iran est faible.

PV : ViaL'analyse ci-dessus du major général Le Van Cuong, comme on peut le constater Les relations entre les États-Unis et l'OTAN traversent des phases difficiles, reflets des profonds bouleversements de l'ordre géopolitique mondial. Ces tensions ne constituent pas nécessairement une rupture totale, mais plutôt un conflit entre l'idéologie pragmatique du « L'Amérique d'abord » et le modèle traditionnel de sécurité collective. De fait, la méfiance mutuelle actuelle représente la plus grande épreuve pour la vitalité de cette alliance militaire après plus de 75 ans d'existence.XMerci, général de division, pour votre aide.Dans une interview accordée au journal Nghe An et à la radio-télévision.

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