La liberté d'expression doit s'accompagner de responsabilités.
Le décret gouvernemental n° 367/2026/ND-CP, qui prévoit des sanctions administratives pour les infractions commises dans le domaine du journalisme, est entré en vigueur le 26 septembre 2026. Immédiatement après sa publication, ce document est devenu la cible d'attaques de la part de certaines organisations et individus extrémistes et mal intentionnés.
Le décret gouvernemental n° 367/2026/ND-CP, qui prévoit des sanctions administratives pour les infractions commises dans le domaine du journalisme, est entré en vigueur le 26 septembre 2026. Dès sa publication, ce texte a fait l'objet d'attaques de la part d'organisations et d'individus extrémistes et mal intentionnés. Outre la mauvaise interprétation et la déformation de son contenu, certains l'ont même accusé d'être une mesure visant à « étouffer la liberté de la presse ». Or, pour apprécier correctement la nature d'un texte de loi, il est indispensable de se référer à la réglementation applicable, de le situer dans le cadre juridique en vigueur et de prendre pleinement en compte les droits, obligations et responsabilités de toutes les parties concernées.

Le décret 367 définit les infractions, les modalités et le niveau des sanctions, les mesures correctives et l'autorité compétente pour infliger des sanctions dans le domaine du journalisme. Ce document précise les sanctions prévues par la loi sur le journalisme n° 126/2025/QH15, adoptée par l'Assemblée nationale le 10 décembre 2025 et applicable à compter du 1er juillet 2026.
Le détail le plus exploité par les sites web réactionnaires et mal intentionnés est l'amende maximale de 500 millions de VND pour les organisations et de 250 millions de VND pour les particuliers par infraction. Le site « New Horizon Media » accuse le décret 367 d'être un « nouvel outil » pour étouffer la liberté de la presse, transformant celle-ci en un canal de propagande unilatéral. Certains affirment que ces amendes élevées instaureront un climat de peur dans les rédactions, les incitant à l'autocensure ; ils soutiennent que cette réglementation peut servir à réprimer arbitrairement les voix dissidentes. Certains vont même jusqu'à se référer aux normes étrangères pour conclure que le Vietnam renforce son emprise sur la presse.
Le point commun de ces commentaires est leur focalisation délibérée sur l'amende, au détriment d'autres aspects du document. Or, en comparant ce dernier au décret lui-même, il apparaît clairement que 500 millions de VND représentent le montant maximal de l'amende, et non le montant forfaitaire.
L'article 14 du décret, qui réglemente les infractions liées à la publication et à la diffusion d'informations, prévoit neuf niveaux d'amendes, la plus faible étant de 5 à 10 millions de VND. La publication ou la diffusion de fausses informations causant un préjudice mineur est passible d'une amende de 10 à 20 millions de VND ; celle causant un préjudice grave, de 60 à 80 millions de VND ; et celle causant un préjudice très grave, de 80 à 100 millions de VND.
L'amende de 400 à 500 millions de VND ne s'applique qu'à deux catégories de comportements qui ne relèvent pas de poursuites pénales : les informations portant atteinte à l'indépendance, à la souveraineté et à l'intégrité territoriale ; et les informations semant la division entre les différentes classes sociales, entre le peuple et le gouvernement, déformant l'histoire, niant les acquis révolutionnaires, insultant la nation et les héros nationaux.
Deuxièmement, le décret ne crée pas arbitrairement de nouvelles interdictions. Les actes passibles des peines les plus sévères sont directement visés à l'article 8 de la loi de 2025 sur la presse. Ces dispositions sont conformes à l'article 14, paragraphe 2, de la Constitution de 2013 : les droits de l'homme et les droits civils ne peuvent être restreints par la loi que si cela est nécessaire pour des raisons de défense nationale, de sécurité nationale, d'ordre public, de sécurité sociale, de moralité publique et de santé publique. Des limites spécifiques sont fixées par l'Assemblée nationale par le biais de lois et de décrets prévoyant les sanctions administratives correspondantes. Les personnes sanctionnées ont le droit de s'expliquer, de faire appel et d'intenter une action en justice conformément à la loi relative au traitement des infractions administratives.
Troisièmement, la liste des infractions punissables liées au contenu de l'information n'inclut aucune critique des politiques ni aucun propos négatif ; seuls la fabrication de preuves, la diffamation et la diffusion de fausses informations sont visées. Identifier les lacunes et refléter les préoccupations du public relève de la fonction de la presse. Bien entendu, les concepts ayant un large champ d'interprétation doivent être appliqués sur la base de preuves, dans le cadre de l'autorité compétente et de manière cohérente d'une affaire à l'autre. Il s'agit d'une exigence légitime pour les organismes chargés de l'application de la loi, mais elle ne saurait servir à déformer la réalité en prétendant que le document a été publié pour museler la presse.
Quatrièmement, une partie du décret est délibérément omise par les éléments réactionnaires et extrémistes : les dispositions protégeant les journalistes et les citoyens contre les manquements à la déontologie journalistique. L’article 13 stipule que l’entrave illégale à l’exercice de l’activité professionnelle des journalistes et reporters est passible d’une amende de 20 à 30 millions de VND ; la saisie illégale de matériel est passible d’une amende de 30 à 50 millions de VND ; les insultes proférées à l’encontre de journalistes dans l’exercice de leurs fonctions ou la détérioration intentionnelle de leur matériel sont passibles d’une amende de 50 à 70 millions de VND ; et les menaces ou mises en danger de la vie des journalistes et reporters sont passibles d’une amende de 70 à 100 millions de VND.
Conformément au précédent décret gouvernemental n° 119/2020/ND-CP, l’amende maximale pour ce type d’infractions s’élevait à 60 millions de VND. Par ailleurs, l’article 14 stipule que les médias sont sanctionnés s’ils attribuent une culpabilité avant qu’un jugement définitif ne soit rendu, s’ils omettent de publier les réponses des organisations ou personnes concernées, s’ils divulguent des informations privées ou s’ils révèlent l’identité des lanceurs d’alerte.
L'instrumentalisation délibérée des amendes prévues par le décret 367, instrumentalisée pour justifier une prétendue « répression » de la liberté d'expression et de la presse, vise avant tout à semer la peur et la méfiance parmi les journalistes, les éloignant ainsi des instances de régulation. De plus, elle crée un prétexte : chaque fois que le Vietnam publie un document relatif à la presse ou au cyberespace, ces individus le proclament haut et fort, le déforment et le présentent comme une « preuve » irréfutable, l'utilisant ensuite comme donnée et fondement de rapports et de classements biaisés sur la liberté de la presse, et alimentant ainsi les pressions extérieures.
Plus fondamentalement, en considérant toutes les sanctions contre les fausses informations et la falsification historique comme des violations de la liberté d'expression, ils exigent une exemption légale pour ce type même d'information.
Parallèlement, le besoin d'informations exactes n'a jamais été aussi criant. Les images, les voix et les vidéos créées par l'intelligence artificielle (IA) sont de plus en plus difficiles à distinguer des documents authentiques ; un faux reportage peut nuire à la réputation d'une personne ou à la crédibilité d'une entreprise avant même que la vérité ne soit établie. Les journalistes qui consacrent des mois à enquêter et à vérifier les informations ne sauraient être assimilés aux titres sensationnalistes et aux histoires inventées de toutes pièces. Sanctionner sévèrement les infractions protège également la réputation des professionnels intègres.
Le paragraphe 3 de l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, que le Vietnam a ratifié en 1982, stipule que l’exercice du droit à la liberté d’expression est soumis à des obligations et responsabilités particulières et peut être soumis à certaines limitations prévues par la loi afin de respecter les droits et la réputation d’autrui, de protéger la sécurité nationale, l’ordre public, la santé publique ou la moralité publique.
En Allemagne, l'article 130 du Code pénal traite de l'incitation à la haine, du négationnisme ou de la minimisation des crimes nazis, et prévoit des peines allant jusqu'à cinq ans d'emprisonnement. La France dispose de la loi Gayssot de 1990, qui punit le négationnisme des crimes contre l'humanité. Au Royaume-Uni, la loi sur la sécurité en ligne de 2023 prévoit des amendes pouvant atteindre 18 millions de livres sterling ou 10 % du chiffre d'affaires mondial pour les entreprises contrevenantes. Même aux États-Unis, où le Premier Amendement protège fermement la liberté d'expression, Fox News a dû verser 787,5 millions de dollars en avril 2023 pour mettre fin à une action en diffamation intentée par Dominion Voting Systems concernant la diffusion de fausses informations sur les élections.
Chaque pays possède son propre système juridique, mais les exemples ci-dessus montrent que nulle part la liberté d'expression n'est considérée comme un droit illimité à s'exprimer.
L'article 25 de la Constitution vietnamienne de 2013 reconnaît aux citoyens le droit à la liberté d'expression, à la liberté de la presse et à l'accès à l'information. Il s'agit d'un droit constitutionnel, et non d'une simple subvention, et le décret 367 ne le restreint pas. Le public bénéficie d'une presse disciplinée, car il a ainsi accès à un environnement informationnel civilisé, sain et respectueux des droits humains, et ses droits et intérêts légitimes sont garantis.


