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Du visa H-1B au visa K : le transfert des flux de talents des États-Unis vers la Chine.

Quoc Duan October 8, 2025 14:48

Le visa K chinois attire l'attention internationale, notamment de l'Inde, en raison de son mécanisme flexible, de l'absence d'exigences de parrainage d'entreprise et de son orientation vers les jeunes talents dans les domaines des sciences, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques (STEM).

À partir d'août 2025, la Chine introduira officiellement le visa K, une nouvelle catégorie de visa pour les jeunes talents internationaux dans les domaines des sciences, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques (STEM).

Bien qu'annoncé récemment, ce visa est devenu un sujet brûlant dans les médias indiens car il est considéré comme un « équivalent » du visa américain H-1B.

What is the Difference between K Visa and H-1B?

Le visa K présente de nombreux avantages exceptionnels : il ne requiert pas d’employeur parrain, ses procédures sont souples, il permet une demande individuelle et il est entièrement gratuit. De ce fait, il a rapidement suscité l’intérêt des communautés technologiques et universitaires internationales, d’autant plus que les États-Unis et l’Europe durcissent leurs politiques d’immigration à l’égard des travailleurs étrangers.

D'après les informations du ministère de la Justice, du ministère des Affaires étrangères, du ministère de la Sécurité publique et de l'Administration nationale de l'immigration de Chine, le visa K est accordé aux jeunes étrangers titulaires d'une licence ou d'un diplôme supérieur dans les domaines des sciences, des technologies, de l'ingénierie et des mathématiques (STEM), ou qui travaillent ou effectuent des recherches dans des institutions ou universités prestigieuses. Comparé au visa R (pour les professionnels expérimentés) et au visa Z (visa de travail classique), le visa K est beaucoup plus ouvert et cible une génération de jeunes talents prometteurs.

Il convient de noter que le visa K ne se limite pas au travail, mais couvre également la recherche, l'enseignement, l'entrepreneuriat et les échanges culturels. Ceci témoigne de l'élargissement des opportunités créatives offertes par la Chine aux jeunes internationaux, tout en renforçant son image de nouvelle destination intellectuelle mondiale.

Visa K et compétition de talents entre les États-Unis et la Chine.

L'Inde a longtemps dépendu du visa H-1B américain, qui permet aux ingénieurs et aux programmeurs de travailler temporairement dans de grandes entreprises technologiques. Cependant, à partir de septembre 2024, les États-Unis ont considérablement augmenté les frais de demande de visa H-1B, les portant à 100 000 dollars, ce qui a suscité l'inquiétude de la diaspora indienne. Dans ce contexte, la Chine a lancé le visa K, que les médias indiens ont perçu comme une nouvelle voie d'émancipation pour son importante main-d'œuvre technique.

Les analystes estiment que le visa K pourrait attirer quatre groupes de talents clés : les ingénieurs informatiques d’Asie du Sud, les étudiants et chercheurs en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM) du Moyen-Orient et d’Afrique, les étudiants chinois de retour d’études en Occident, ainsi que les entrepreneurs internationaux et les « nomades numériques ». La flexibilité de ce visa leur facilite les déplacements en Chine pour étudier, travailler ou innover.

Des experts internationaux estiment que la délivrance par la Chine du visa K s'inscrit dans une stratégie visant à attirer des talents de haute technologie, notamment dans les domaines de l'IA, des semi-conducteurs et de la recherche scientifique.

Selon Reuters, « si la Chine parvient à attirer ne serait-ce qu'une petite partie des talents technologiques mondiaux, sa position dans les industries de pointe s'en trouvera considérablement renforcée ».

Beaucoup pensent également que le visa K ne vise pas seulement les Indiens, mais qu'il « ouvre aussi la voie au retour des scientifiques et ingénieurs d'origine chinoise ».

Entre 2010 et 2021, plus de 12 000 scientifiques d'origine chinoise ont quitté les États-Unis pour retourner en Chine, dont la moitié au cours des quatre dernières années seulement.

Alors que les États-Unis et les pays occidentaux durcissent leurs politiques d'immigration, la Chine va à contre-courant en ouvrant ses portes aux jeunes internationaux. Dans le contexte de la course effrénée qui s'intensifie dans les domaines de l'intelligence artificielle (IA) et des semi-conducteurs, le visa K est perçu comme un outil stratégique pour attirer et retenir les jeunes diplômés prometteurs en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM).

Des experts du Melbourne Institute of Research ont commenté : « En augmentant les frais de visa H-1B, les États-Unis se tirent une balle dans le pied, tandis que la Chine a lancé le visa K au moment idéal. »

Bien que les modalités détaillées du visa K soient encore en cours de finalisation, cette politique envoie un message clair : la Chine veut devenir le nouveau centre de l’innovation mondiale.

Le visa K n'est pas seulement un outil d'immigration, mais aussi une invitation à la jeunesse internationale, à ceux qui sont prêts à apporter leurs connaissances, leur créativité et leurs aspirations pour construire l'avenir de l'économie asiatique en plein essor, fondée sur la connaissance.

Article paru dans le journal Nghe An

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