L'UEFA et la CONCACAF bloquent les projets de vente de la Coupe du monde : une bataille pour les 106 votes de la FIFA.
L'alliance UEFA-CONCACAF, qui détenait 43 % des votes officiels, s'est opposée au plan de 20 milliards de dollars visant à commercialiser la Coupe du monde, menaçant de boycotter les tournois de la FIFA.
Le plan de restructuration commerciale de la FIFA, d'un montant de 20 milliards de dollars, est menacé d'échec après que la Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (CONCACAF) a emboîté le pas à l'UEFA en s'opposant publiquement à la proposition. Cette alliance entre les deux fédérations régionales a transformé la réforme du président Gianni Infantino en la bataille politique la plus intense de l'histoire de l'instance dirigeante du football mondial.

Le problème des 106 voix est un vrai casse-tête.
D'après les données administratives, l'UEFA compte 55 fédérations membres et la CONCACAF 35 voix. La force combinée de ces deux organisations a créé un bloc d'opposition disposant de 90 des 211 voix au Congrès de la FIFA, soit environ 43 % du pouvoir de décision.
Pour que la proposition soit approuvée, le président Gianni Infantino doit obtenir au moins 106 voix favorables. Cela signifie que la FIFA doit recueillir un soutien quasi unanime des autres régions. Plus précisément, l'Afrique (CAF) dispose de 54 voix, l'Asie (AFC) de 46, l'Océanie (OFC) de 11 et l'Amérique du Sud (CONMEBOL) de 10, soit un total de 121 voix.

Cependant, la réalité est plus complexe pour le président de la FIFA. La Confédération asiatique de football (AFC), sans avoir encore publié de déclaration officielle rejetant la proposition, a publiquement critiqué le processus de mise en œuvre. L'AFC affirme n'avoir pas été consultée avant l'annonce publique du plan et soutient qu'une décision aussi historique se doit de respecter les procédures de gouvernance appropriées. Par ailleurs, la CAF et l'OFC se réuniront en août pour finaliser leurs positions, tandis que la CONMEBOL n'a pas encore publié de déclaration officielle.
Menaces de boycott de la Coupe du monde et réaction de l'UEFA.
Outre l'obstacle du vote, l'UEFA a également exercé des pressions en brandissant la menace directe de boycott. L'instance dirigeante du football européen a affirmé que la Coupe du monde n'est pas un actif à vendre et que le transfert de propriété d'une partie du tournoi à des investisseurs privés constituerait une violation des règles de gouvernance en vigueur.

L'UEFA accuse la FIFA d'élaborer secrètement ce plan et de mettre ses fédérations membres au pied du mur. L'organisation a déclaré que les équipes européennes ne participeraient à aucun tournoi FIFA si ce plan se poursuit sans modifications fondamentales. Cette déclaration ferme compromet directement la possibilité d'organiser la Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2027 au Brésil et la Coupe du Monde de la FIFA 2030.
La nature du modèle FFE et l'engagement de 20 milliards de dollars.
La controverse porte sur le projet de la FIFA de créer une filiale, FIFA Forward Enterprise (FFE), dont elle serait l'actionnaire majoritaire, afin de gérer les aspects commerciaux et opérationnels des grands tournois. La FIFA valorise FFE à 20 milliards de dollars et prévoit de vendre pour 4,2 milliards de dollars d'actions à des investisseurs privés.
Pour tenter de convaincre les fédérations membres, Infantino a fait valoir que ce nouveau financement porterait l'allocation financière de chaque fédération de 8 à 20 millions de dollars sur la période précédant la Coupe du Monde 2030. Cependant, face au refus catégorique de l'alliance UEFA-CONCACAF, cette promesse de financement accru s'est avérée insuffisante pour permettre au président de la FIFA de surmonter le dilemme des 106 voix dans le contexte de la crise de pouvoir actuelle.


