L'Ukraine intègre des missiles Stugna-P sur des robots terrestres pour contrer le blindage des chars russes.
La combinaison de missiles antichars Stugna-P et de véhicules aériens sans pilote (UGV) optimise la puissance de feu lourde, surmonte les lacunes des drones FPV et protège la vie des soldats.
Dans le contexte du conflit ukrainien en constante évolution, les drones apparaissent comme une solution essentielle pour la « revitalisation » des armes conventionnelles. En particulier, l'intégration du missile antichar guidé Stugna-P sur des plateformes robotisées terrestres ouvre de nouvelles perspectives, permettant le retour d'une puissance de feu importante sur le front sans mettre en danger les équipages.
L'essor des drones FPV a un temps éclipsé de nombreux missiles antichars grâce à leur faible coût et leur maniabilité. Cependant, face à la sophistication croissante des systèmes de protection des chars russes, le besoin d'une arme à forte pénétration et haute précision comme le Stugna-P est devenu plus urgent que jamais. L'émergence des véhicules terrestres sans pilote (UGV) constitue le chaînon manquant permettant aux missiles antichars de retrouver leur place sur le champ de bataille moderne.

Les limites des drones FPV et le retour des armes lourdes.
Ces dernières années, les drones FPV et les drones d'attaque ont joué un rôle prépondérant dans la destruction des véhicules blindés grâce à leur capacité à frapper des points vulnérables comme les toits de tourelle. Cependant, l'armée russe a déployé diverses contre-mesures, telles que l'installation de cages en acier, de cadres métalliques et de blindages supplémentaires. Bien qu'improvisées, ces protections ont considérablement réduit l'efficacité de pénétration des ogives de petit calibre tirées par les drones FPV.
Pour neutraliser une cible fortifiée, l'attaquant doit généralement déployer davantage de drones FPV, ce qui augmente les coûts et réduit l'efficacité globale au combat. À l'inverse, le Stugna-P, grâce à sa puissante ogive et à ses capacités de perforation supérieures, peut détruire la cible d'un seul tir, quelles que soient les couches de blindage supplémentaires.

Optimiser les chances de survie grâce à la technologie sans pilote.
Le système Stugna-P utilise un mécanisme de guidage semi-automatique en visée directe (SACLOS), obligeant l'opérateur à maintenir le dispositif de visée fixé sur la cible jusqu'à l'impact du missile. Dans un environnement fortement surveillé par des drones de reconnaissance, rester immobile expose l'opérateur à un risque très élevé de contre-attaque de l'artillerie ou des drones ennemis.
L'intégration du Stugna-P sur les robots terrestres résout intégralement ce problème. Techniquement, le Stugna-P dispose déjà de capacités de télécommande via un panneau de commande séparé. Intégré à un véhicule terrestre sans pilote (UGV), il permet à l'équipe d'opérateurs de se mettre à l'abri dans un lieu sûr, à plusieurs centaines de mètres de la plateforme de lancement. Ceci protège non seulement la vie des soldats, mais permet également le déploiement d'armes dans des zones dangereuses, difficilement accessibles à l'infanterie.

Défis économiques et sur le terrain
Malgré leurs avantages tactiques indéniables, les robots porteurs de missiles restent confrontés à des contraintes budgétaires. Une plateforme UGV dotée d'une capacité d'emport et d'une stabilité suffisantes pour transporter un système de missile antichar coûte généralement entre 15 000 et 60 000 dollars, selon sa configuration. Si l'on ajoute le coût du missile Stugna-P (environ 20 000 dollars à l'export) et du système électro-optique, le coût total d'un tel robot devient considérable.
De plus, le terrain représente un défi majeur. Le ciblage des missiles antichars nécessite une ligne de visée directe et dégagée. Avec leur conception basse visant à améliorer leur camouflage, les robots terrestres sont facilement dissimulés par des obstacles tels que les hautes herbes ou les terrains accidentés, ce qui limite leur portée efficace.

Malgré les difficultés, la robotisation des forces de feu devient inévitable. L'Ukraine développe rapidement son écosystème de véhicules terrestres sans pilote (UGV), du soutien logistique au combat direct. L'adoption de systèmes d'armes lourdes, comme les missiles antichars sur plateformes autonomes, permet non seulement de maintenir la puissance de feu, mais témoigne également d'une évolution profonde de la conception de la guerre moderne.


