Les avantages tactiques et géographiques de l'Iran lui permettent de contrôler le détroit d'Ormuz avant les États-Unis.
Avec son terrain accidenté et son stock d'armes non conventionnelles et peu coûteuses, l'Iran représente un défi de taille pour les États-Unis en matière de protection des pétroliers au point de passage stratégique d'Ormuz.
Le détroit d'Ormuz est actuellement un point névralgique des tensions entre les États-Unis, Israël et l'Iran. Le 27 mars, l'Iran a annoncé la fermeture totale de cette voie maritime vitale, alors qu'il autorisait auparavant le passage de certains navires en provenance de Chine, du Pakistan et d'Inde. Face à l'aggravation de la crise énergétique, le président américain Donald Trump a fait de la diplomatie une priorité afin de rétablir le trafic maritime dans le détroit, tout en prévoyant le déploiement de plusieurs milliers de soldats supplémentaires au Moyen-Orient et en envisageant l'escorte navale des pétroliers.
Le terrain étroit crée des goulots d'étranglement tactiques.
D'après les données de Vortexa, le détroit d'Ormuz ne mesure qu'environ 42 km de large à son point le plus étroit. Le trafic maritime se concentre principalement sur deux voies de navigation principales, où l'espace est encore plus restreint. De ce fait, le déploiement de navires d'escorte s'avère extrêmement difficile en raison de l'espace de manœuvre très limité.

Nick Childs, chercheur principal à l'Institut international d'études stratégiques (IISS), a souligné que le détroit d'Ormuz constitue un point de passage particulièrement problématique en raison de l'absence d'itinéraires alternatifs viables. De son côté, Kevin Rowlands, du Royal United Services Institute, a fait valoir que, dans ces voies navigables étroites, les navires sont pratiquement incapables de changer de cap, ce qui permet à l'Iran d'attendre sa cible au lieu de la rechercher activement.
Avantages liés à un long littoral et à la mobilité des armes.
L'Iran possède plus de 1 600 km de côtes le long du golfe Persique, ce qui lui confère une position favorable au déploiement de batteries mobiles de missiles antinavires. Le relief montagneux du nord de l'Iran, avec ses vallées et ses îles au large, permet à ses forces armées de dissimuler facilement leurs armements, rendant difficile la détection des menaces à distance par leurs adversaires.

Les risques liés au terrain étant inévitables, les méthodes d'escorte traditionnelles devront peut-être évoluer. Au lieu de se contenter d'escorter les pétroliers par des navires de guerre, les marines pourraient déployer un système de défense multicouche comprenant des satellites de surveillance, des avions de patrouille et des drones pour déminer les routes maritimes.
Défis posés par les arsenaux d'armes non conventionnelles
Bien que les États-Unis disposent d'une puissance de feu supérieure, la plus grande menace provient de l'arsenal iranien d'armes non conventionnelles et peu coûteuses, telles que les drones, les petites vedettes rapides et les drones chargés d'explosifs. Les experts avertissent que l'Iran pourrait poser des mines depuis des voiliers civils pour éviter d'être repéré ou utiliser des « mini-sous-marins » efficaces en eaux peu profondes.
Les analystes soulignent que l'Iran n'a pas forcément besoin de détruire des navires pour atteindre ses objectifs économiques. Tant que les combats se poursuivent, les compagnies maritimes ne prendront pas le risque de transporter des marchandises, ce qui perturberait l'approvisionnement énergétique mondial. Selon l'Organisation maritime internationale, près de 2 000 navires sont actuellement immobilisés dans le golfe Persique en raison de cette congestion.


