Le problème épineux de la Malaisie
(Baonghean.vn) - La crise migratoire en Asie du Sud-Est met à l'épreuve le rôle de la Malaisie en tant que présidente de l'ASEAN en 2015. Si cette question n'est pas gérée avec habileté, la Malaisie pourrait facilement être accusée de ne pas remplir ses responsabilités, ce qui pourrait même nuire à la réputation de l'ensemble de la communauté de l'ASEAN.
De l'extérieur, ces dernières semaines, la communauté internationale a exprimé de vives inquiétudes concernant la crise migratoire en Asie du Sud-Est, les Nations Unies critiquant même ouvertement la Malaisie pour avoir tourné le dos aux bateaux transportant des victimes de la traite des êtres humains.
De son point de vue, la Malaisie rejette l'afflux de réfugiés rohingyas, arguant qu'accepter facilement ces réfugiés n'est pas une solution viable ou à long terme à la crise découlant des problèmes internes du Myanmar.
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| Le président du Myanmar a remis le maillet, symbole de sa présidence de l'ASEAN, au Premier ministre de Malaisie au Centre international de congrès du Myanmar. Photo : EPA. |
Voilà pour l'aspect de politique étrangère ; sur le plan intérieur, la crise pose également des défis à la Malaisie. La présence croissante des Rohingyas pourrait engendrer des problèmes économiques, politiques et sociaux, ou encore susciter des inquiétudes en matière de sécurité intérieure.
De plus, le gouvernement fait face à une vague de critiques de la part de la coalition au pouvoir et de l'opposition pour son manque d'actions concrètes visant à aider les Rohingyas.
Face à ces défis, la Malaisie a convenu avec l'Indonésie de fournir un abri temporaire aux réfugiés dans ces pays pendant un an, après quoi la communauté internationale devrait les aider à se réinstaller dans un pays tiers.
La Malaisie a judicieusement opté pour cette approche afin de préserver la confiance du public dans sa présidence de l'ASEAN. Cette décision a également permis d'apaiser les pressions internes en faveur de l'aide aux Rohingyas, tout en atténuant l'impact négatif de la présence de ce groupe minoritaire. C'est une situation gagnant-gagnant !
Objectivement parlant, la Malaisie a aussi ses propres raisons. Ouvrir ses frontières aux Rohingyas n'est pas forcément une solution judicieuse. En réalité, cela pourrait envoyer un mauvais signal au Myanmar, laissant entendre que le transfert de ses problèmes internes à d'autres pays est une solution acceptable. En tant que leader, la Malaisie adresse un message fort au Myanmar : se décharger de ses responsabilités sur d'autres pays est contraire aux idéaux de l'ASEAN.
Thu Giang



