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La culture éclaire le chemin d'une nouvelle ère.

Par Phuong Chi (Rédacteur) January 19, 2026 10:07

La résolution n° 80-NQ/TW du Politburo relative au développement de la culture vietnamienne a été promulguée à un moment particulièrement crucial, juste avant le XIVe Congrès national du Parti – un congrès qui a inauguré une nouvelle ère de développement national, visant un développement rapide, durable et de haute qualité, et l’édification d’une nation forte et civilisée. Dans ce contexte, la culture n’était pas seulement un domaine nécessitant une attention particulière, mais elle s’est vue attribuer une mission directrice au sein de cette résolution.

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Phuong Chi(Effectuer) /Technique:Hong Toai• 19 janvier 2026

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La résolution n° 80-NQ/TW du Bureau politique relative au développement de la culture vietnamienne a été promulguée à un moment particulièrement opportun, juste avant le XIVe Congrès national du Parti – un congrès qui a inauguré une nouvelle ère de développement national, visant un développement rapide, durable et de haute qualité, et l'édification d'une nation forte et civilisée. Dans ce contexte, la culture n'est pas seulement un domaine de préoccupation, mais elle est érigée en résolution dotée d'une mission directrice. Des journalistes du quotidien Nghệ An et de la radio-télévision ont interviewé le professeur agrégé Bui Hoai Son – membre permanent de la Commission de la culture et de la société de l'Assemblée nationale – sur les profonds changements de paradigme dans la conception du développement culturel, passant des fondements et des ressources endogènes à la notion de soft power national.

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PV : La résolution 80 du Politburo réaffirme les priorités, démontrant clairement que « le développement culturel et humain est le fondement, une ressource endogène importante et un puissant moteur ». Selon vous, quelle est la différence fondamentale entre cette conception et la manière dont nous avons abordé la culture au cours des périodes précédentes ?

Assoc. Professeur Dr Bui Hoai Son :La différence fondamentale de la résolution 80 réside dans le fait que, pour la première fois, la culture et les individus ne sont plus considérés comme un « champ parallèle » ou un « logiciel d’aide » au développement, mais comme le fondement structurel, une ressource endogène et un moteur de développement au sens le plus strict du terme – une force décisive. Auparavant, à différentes époques, nous avons souvent abordé la culture de manière « compensatoire » : lorsque l’économie progressait et que des problèmes sociaux surgissaient, on faisait appel à la culture pour corriger les comportements, renforcer la moralité et aplanir les difficultés. La culture était alors souvent perçue comme un simple ornement recouvrant les réussites, ou comme un élément important mais non placé au cœur de la réflexion stratégique.

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La résolution 80 est différente. Elle conçoit la culture comme un système de régulation, un concept novateur et profond. Ce « système de régulation » signifie que la culture ne se contente pas de créer des valeurs spirituelles, mais qu’elle oriente également le développement, régule la croissance, et concilie intérêts économiques et progrès social, rapidité et profondeur, ouverture et résilience. L’individu est placé au centre, non comme un slogan, mais comme un « sujet créateur », acteur de la croissance, de la compétitivité nationale et de la confiance sociale.

En résumé : alors que la culture était auparavant perçue comme une finalité, elle est désormais considérée comme un moteur et une méthode de développement. Cela représente un passage d’une approche de « gestion culturelle » à une approche de « création culturelle », d’une culture « façonnée » à un développement « par la culture ».

PV :Pour la première fois, une Journée nationale de la culture vietnamienne est officiellement célébrée (le 24 novembre). Cependant, si cette journée n'est perçue que comme une occasion de faire du shopping ou de pratiquer le tourisme, elle risque de se réduire à une simple formalité. Quels mécanismes et activités culturelles sont nécessaires, selon vous, pour que le 24 novembre s'intègre pleinement au quotidien des Vietnamiens ?

Assoc. Professeur Dr Bui Hoai Son :Je partage entièrement l'avis que la plus grande valeur de la Journée de la culture vietnamienne réside non pas dans la forme de la célébration, mais dans la manière dont elle est vécue par la population. Une journée culturelle véritablement significative ne peut se réduire à une simple cérémonie, ni devenir une journée de consommation où l'on attend les promotions, le tourisme, les festivals, puis on l'oublie. Dans ce cas, la culture se réduirait à un événement éphémère, or la culture doit perdurer, devenir une façon de penser et de vivre.

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Décollage. Photo : Cong Sang

Pour que le 24 novembre ait un véritable impact, je crois que trois groupes de mécanismes et d'activités sont nécessaires.Le premierIl s'agit d'un mécanisme communautaire. La Journée de la culture vietnamienne devrait être rendue à la communauté en tant que « droit culturel », permettant aux villages, hameaux, quartiers, écoles, usines, etc., de concevoir des activités reflétant leur identité propre. La culture ne s'imprègne véritablement que lorsque les gens ne sont pas de simples spectateurs, mais deviennent des acteurs de leur propre vie.

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Lundi,Il s'agit d'un outil éducatif et de communication. Le 24 novembre a besoin de programmes qui diffusent des valeurs essentielles : le respect, l'honnêteté, la compassion, la loyauté, la responsabilité et la créativité. Les récits d'amour pour sa patrie, pour sa famille et pour une conduite exemplaire devraient constituer le cœur de cette journée, et non se limiter à un simple spectacle.

Mardi,C'est un moyen de créer et de partager la culture. Je souhaite que le 24 novembre soit une journée portes ouvertes pour la culture : musées gratuits, bibliothèques ouvertes toute la nuit, espaces artistiques au service de la communauté, programmes pour les enfants, les travailleurs, les plus démunis… Ce n'est que lorsque la culture atteindra les gens les plus ordinaires que nous pourrons célébrer une Journée de la culture vietnamienne véritablement significative.

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PV :L'un des points forts de la résolution 80 est l'engagement d'allouer au moins 2 % du budget annuel de l'État à la culture. Au-delà des préoccupations liées au manque de financement, quels autres défis restent à relever pour faire de l'investissement dans la culture un véritable moteur de développement ?

Assoc. Professeur Dr Bui Hoai Son :Je crois que l'engagement de la résolution 80 d'allouer au moins 2 % du budget annuel à la culture revêt une importance historique : la culture est perçue comme un investissement pour l'avenir, et non comme une simple dépense accessoire. Cependant, face à la question qui se pose, disposer de fonds ne suffit plus. Le principal problème n'est plus le manque de capitaux, mais plutôt l'absence de mécanismes permettant aux fonds culturels de générer de la valeur, et le manque de capacité à transformer l'investissement en un véritable moteur de développement.

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D'abord,Le problème réside dans des investissements dispersés et superficiels. Si l'allocation budgétaire persiste avec la mentalité du « petit budget pour chaque lieu » et la volonté de « faire un projet pour chaque projet », ces 2 % seront rapidement épuisés. La culture a besoin d'investissements ciblés : institutions, personnes, industries culturelles, transformation numérique, protection du patrimoine… – autant de domaines qui créent un effet d'entraînement.

Lundi,Le problème réside dans la gouvernance. Nombre d'organisations considèrent encore la culture comme un domaine difficile à mesurer, ce qui engendre un certain laxisme et une tendance à « dépenser selon les usages ». Si la résolution 80 confère à la culture le rôle de « force motrice », la gouvernance doit refléter cette force motrice, c'est-à-dire qu'elle doit comporter des objectifs, des indicateurs, des évaluations et une obligation de rendre des comptes.

Mardi,La principale préoccupation réside dans les ressources humaines. Si les responsables culturels ne font pas preuve d'innovation, ne comprennent pas le marché, ne maîtrisent pas les technologies et n'ont pas la capacité d'organiser des projets culturels d'envergure, alors les investissements auront du mal à porter leurs fruits. En fin de compte, investir dans la culture, c'est investir dans ceux qui la créent.

Et enfin,La principale préoccupation réside dans le mécanisme de mobilisation des ressources sociales. 2 % du budget annuel devraient servir de « capital d'amorçage », attirant entreprises, collectivités et innovateurs. Si l'État continue de tout prendre en charge, la culture aura du mal à devenir un secteur créateur de valeur. En bref, le plus grand défi consiste à passer d'une logique de « dépenses culturelles » à une logique d'investissement culturel générateur de valeur.

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PV : Le développement des industries culturelles s'accompagne souvent de marchés, de concurrence et de profit. Où se situe la limite à ne pas franchir pour que le développement du soft power national ne nuise pas à l'identité culturelle, mais mette au contraire en valeur les valeurs vietnamiennes ?

Assoc. Professeur Dr Bui Hoai Son :L'industrie culturelle est indéniablement liée au marché, à la concurrence et au profit. Mais je tiens à souligner que le marché n'est pas incompatible avec l'identité ; la question est de savoir comment nous établissons les règles du jeu et comment nous choisissons d'y entrer. Il est essentiel de veiller à ce que la commercialisation ne dévalorise pas la culture et que l'intégration ne transforme pas l'identité en une version hybride.

La première limite est le respect des valeurs fondamentales. Les produits de l'industrie culturelle peuvent être modernes et internationaux, mais ils ne sauraient compromettre des valeurs essentielles telles que la compassion, la loyauté, l'esprit communautaire, le respect de l'histoire et la fierté nationale. Une industrie culturelle forte n'est pas celle qui produit ce qui est « le plus facile à vendre », mais celle qui produit ce qui « mérite le plus que le monde soit prêt à payer ».

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La seconde limite consiste à préserver les normes esthétiques et la dignité culturelle. La recherche de vues polémiques, le sensationnalisme, les contenus offensants ou l'incitation aux instincts les plus bas peuvent certes rapporter des gains à court terme, mais ils érodent la moralité et nuisent aux fondements de la société. On ne peut bâtir une influence douce sur des contenus qui fragilisent la société.

La troisième limite réside dans le rôle proactif que nous jouons dans la narration de l'histoire vietnamienne. L'industrie culturelle ne se limite pas à la production de films, de musique, de jeux, de spectacles, etc., mais s'inscrit dans une compétition pour savoir « qui raconte l'histoire de qui ». Si nous ne racontons pas nous-mêmes l'histoire vietnamienne avec assurance, elle sera racontée à notre place, voire déformée.

Par conséquent, je crois que pour que l'industrie culturelle se développe durablement, elle doit impérativement reposer sur deux piliers : une gouvernance culturelle fondée sur des lois et des normes ; et la promotion de l'identité culturelle vietnamienne au sein de chaque artiste et de chaque entreprise créative. Ce n'est qu'à cette seule condition que le profit, loin d'occulter l'identité, deviendra un moyen pour l'identité vietnamienne de rayonner davantage.

Các đầu bếp giới thiệu, hướng dẫn đại biểu, du khách và nhân dân thưởng thức, trải nghiệm các món lươn tại Festival Văn hóa Ẩm thực Nghệ An tháng 7-2019. Ảnh tư liệu
Des chefs présentent et guident les délégués, les touristes et les habitants locaux dans la dégustation de plats à base d'anguille lors du Festival culinaire de Nghệ An. (Photo : Image d'archives)
Đa dạng các món ăn được chế biến từ lươn đồng Nghệ An. Ảnh T.P
Le savoir-faire traditionnel en matière de préparation des plats à base d'anguilles à Nghệ An a été officiellement reconnu comme patrimoine culturel immatériel national. Photo : TP

PV :L'un des principaux défis actuels est de veiller à ce que les politiques culturelles ne se réduisent pas à de simples formalités ou à des tendances passagères. Selon vous, quels sont les critères importants pour évaluer si une politique culturelle « se traduit dans la réalité » ou reste lettre morte ?

Assoc. Professeur Dr Bui Hoai Son :C’est une question très pertinente et opportune, car le secteur culturel souffre depuis longtemps du « mal » des bonnes politiques mises en œuvre sous forme de mouvements ou de campagnes à court terme, d’abord bruyants, puis s’essoufflant progressivement. À mon avis, pour éviter le formalisme, il nous faut des critères d’évaluation très précis ; autrement dit, les politiques culturelles doivent être évaluées au « pouls de la vie », et non à l’aune de documents écrits.

Le premier critère est le niveau de participation citoyenne. Si une politique se contente de créer des activités organisées par l'organe directeur, tandis que la population reste passive, il sera difficile de la mettre en œuvre efficacement. Une bonne politique doit donner aux citoyens les moyens d'agir : ils participent, ils créent, ils s'approprient et ils pérennisent la politique.

Một nghi lễ trong Lễ hội đền Mai Bảng. Ảnh CSCC
Un rituel lors du festival du temple Mai Bang – patrimoine culturel immatériel national. Photo : CSCC.

Le second critère est le degré de changement des comportements et de l'environnement culturel. La politique culturelle n'est pas qu'une simple façade ; elle vise à améliorer les conditions de vie : les familles se traitent mieux, les communautés sont plus unies, les espaces publics sont plus civilisés, la violence et les comportements offensants diminuent, et les jeunes ont des aspirations et des idéaux plus clairs.

Le troisième critère est la durabilité. Un modèle culturel est considéré comme réussi lorsqu'il peut fonctionner pendant de nombreuses années, s'étendre à d'autres localités et ne dépend pas de quelques individus ou de quelques allocations budgétaires.

Le quatrième critère est l’utilisation efficiente des ressources, qui doit être transparente, exempte de gaspillage et empêcher que des projets ne soient construits uniquement à des fins de communication. Si le budget culturel augmente sans créer de valeur sociale proportionnelle, cela constitue un échec de la gouvernance.

Le critère final est la capacité à développer de nouvelles aptitudes pour la société : la créativité, l’appréciation, la protection du patrimoine et la construction d’une industrie culturelle. Les politiques deviennent efficaces lorsqu’elles forment de nouveaux citoyens – des citoyens véritablement cultivés.

PV :Du point de vue d'un député à l'Assemblée nationale spécialisé dans le secteur culturel, quels changements les plus significatifs prévoyez-vous après quelques années de mise en œuvre de la résolution 80, si celle-ci est correctement appliquée ?

Assoc. Professeur Dr Bui Hoai Son :Je m'attends à ce que la culture devienne une composante naturelle de la capacité de gouvernance nationale et de la qualité de vie sociale, plutôt qu'un domaine « conditionnel ».

D'abord,Je m'attends à un changement majeur de l'environnement culturel : la bienveillance deviendra la norme ; l'état de droit sera intégré aux comportements culturels ; les espaces publics seront gérés de manière plus civilisée ; et la violence scolaire, la déviance en ligne et les comportements anticulturels diminueront progressivement grâce à des mécanismes éducatifs et communautaires.

Hát dân ca ví, giặm Nghệ Tĩnh. Ảnh tư liệu
Chants folkloriques de Nghe Tinh (style Vi et Giam). (Photo d'archives)

Lundi,Je m'attends à ce que cette politique entraîne une transformation profonde du système institutionnel et un meilleur accès à la culture. Celle-ci ne peut se concentrer uniquement dans les centres urbains, laissant les zones reculées, les zones industrielles et les travailleurs migrants sans accès à la culture. La culture doit être présente là où les gens vivent, travaillent et étudient. Lorsque la culture fait partie intégrante de leur quotidien, la confiance et la cohésion sociale seront fortement renforcées.

Mardi,Je m'attends à ce que l'industrie culturelle vietnamienne connaisse des « moments décisifs » suffisamment marquants pour inspirer confiance : il y aura des œuvres, des marques, des événements et des plateformes numériques qui incarneront l'identité vietnamienne tout en répondant aux normes internationales ; il y aura des entreprises culturelles compétitives ; et il y aura des artistes non seulement célèbres, mais aussi inspirants.

Plus fondamentalement encore, j'anticipe l'émergence d'une nouvelle génération de citoyens vietnamiens instruits, à l'aise avec les outils numériques, profondément imprégnés de culture et fiers de leur nation. Dès lors, la résolution 80 transformera non seulement le secteur culturel, mais contribuera également à une évolution radicale du développement du pays dans cette nouvelle ère.

PV : Nous remercions sincèrement le professeur agrégé Bui Hoai Son !

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La série de concerts organisée par VTV a eu un impact considérable, contribuant à affirmer l'image du Vietnam sur la carte culturelle mondiale.

Article paru dans le journal Nghe An

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