Viktor Gyokeres : La déception d'Arsenal à 63 millions d'euros
Malgré la première place d'Arsenal en Premier League, la recrue à prix d'or Viktor Gyokeres s'est révélée être une grande déception, semblant totalement hors de propos dans le système tactique de Mikel Arteta.
Les attentes et la dure réalité
Lorsqu'Arsenal a déboursé 63 millions d'euros pour s'attacher les services de Viktor Gyokeres en provenance du Sporting CP, il était perçu comme la pièce manquante à leur puzzle pour remporter le titre. Avec 97 buts en 102 matchs au Portugal, l'attaquant suédois était censé être le buteur que les Gunners recherchaient depuis deux saisons décevantes, conclues par une deuxième place.
L'enthousiasme suscité par Gyokeres était tel que les supporters du monde entier imitaient sa célébration emblématique du « masque » avant même son premier ballon touché. L'entraîneur Mikel Arteta a également couvert d'éloges son nouveau joueur, louant son « charisme ». Cependant, la réalité en Premier League fut tout autre.

Avant Noël, Gyokeres a essuyé des critiques, certains lui reprochant d'être neutralisé par la puissance physique des défenseurs anglais. Bien qu'Arsenal soit toujours en tête du championnat, son rôle dans ce succès fut largement insignifiant. Il n'était plus le point d'ancrage de chaque attaque comme à Lisbonne, mais semblait désormais perdu au milieu d'une mer d'adversaires.
Le dilemme tactique d'Arteta
Pour tirer profit des qualités de Gyokeres, l'entraîneur Arteta a cherché à orienter le style de jeu d'Arsenal vers un jeu plus direct. Les statistiques témoignent de ce changement : le nombre de passes progressives par match a diminué, passant de 59,2 (saison 2024-2025) à 55,6 cette saison. À l'inverse, le nombre de longs ballons a augmenté, passant de 16,4 à 18,4, et celui des passes en profondeur de 0,9 à 1,2 par match.
En théorie, Arsenal cherche à alimenter Gyokeres en ballons pour qu'il puisse exploiter sa vitesse dans le dos de la défense. Mais les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. Sa note en « attaque rapide » reste bloquée à 0,9, identique à celle de la saison dernière. Cela laisse penser qu'Arsenal sacrifie son contrôle du rythme habituel pour s'adapter à un joueur qui n'est pas encore pleinement intégré à l'équipe.
Les chiffres ne mentent pas.
Le contraste est saisissant lorsqu'on compare la performance de Gyokeres à celle d'autres joueurs. Lorsque Kai Havertz s'est blessé, le milieu de terrain Mikel Merino a été repositionné en faux attaquant et a immédiatement démontré que le système d'Arsenal fonctionne au mieux grâce à la cohésion de l'équipe.
Depuis le début de la saison dernière, Merino affiche une moyenne de seulement 135 minutes par action décisive en Premier League, nettement supérieure aux 221 minutes de Gyokeres. Même le remplaçant Gabriel Jesus présente un meilleur ratio (142 minutes par but ou passe décisive).

La victoire 2-1 contre les Wolves en est l'exemple le plus flagrant. En 81 minutes de jeu, Gyokeres n'a touché le ballon que 15 fois et réussi 3 passes, totalement déconnecté du jeu. De son côté, Jesus n'a eu besoin que de 9 minutes pour faire la différence et inscrire le but de la victoire.
Quel avenir attend Gyokeres ?
Mikel Arteta continue de défendre publiquement son joueur, arguant que Gyokeres a besoin de plus de temps pour s'adapter et retrouver son meilleur niveau. Cependant, les comparaisons entre lui et Erling Haaland de Manchester City deviennent une obsession. Si Haaland est un moteur parfaitement intégré à une machine qui tourne comme sur des roulettes, Gyokeres est comme une pièce de haute qualité incompatible avec le système d'Arsenal.

La décision d'Arteta d'aligner Merino à la place de Gyokeres lors du match crucial contre Aston Villa est sans équivoque. Avec le retour de Gabriel Jesus et l'arrivée imminente de Kai Havertz, les opportunités de l'attaquant suédois se raréfient. Il doit rapidement apprendre à s'intégrer à l'équipe, au lieu d'attendre passivement que ses coéquipiers lui servent le jeu, s'il ne veut pas devenir l'un des transferts les plus onéreux et les plus ratés de l'histoire du club.


