Incendie dans un bar en Suisse : la pression sur l'enquête s'intensifie après l'identification des victimes.
Les autorités suisses ont annoncé avoir identifié les 40 victimes décédées dans l'incendie tragique survenu la nuit du Nouvel An à la station de Crans-Montana. Face à l'émotion nationale, la pression s'accentue pour que les responsables du bar rendent des comptes.

Plus de la moitié des victimes étaient des adolescents.
Le matin du 5 janvier (heure locale), une atmosphère de deuil planait encore sur la station de Crans-Montana, dans le canton du Valais, au sud-ouest de la Suisse. L'incendie du bar « Le Constellation », survenu aux premières heures du jour de l'An, est considéré comme l'une des pires catastrophes de l'histoire moderne du pays.
D'après le dernier communiqué de la police cantonale valaisanne, les corps des 40 victimes ont été identifiés. Le bilan est choquant : 26 des 40 victimes étaient des adolescents. Les plus jeunes avaient seulement 14 ans ; parmi elles figuraient une Française et une Suissesse.
La liste des victimes témoigne du caractère international de la station balnéaire : 21 Suisses, 7 Français et 6 Italiens. Les autres victimes étaient originaires de Belgique, du Portugal, de Roumanie, de Turquie et d’autres pays, et comptaient de nombreuses nationalités. Laetitia Brodard-Sitre, la mère d’Arthur Brodard, un Suisse de 16 ans, a écrit sur sa page personnelle : « Nous pouvons maintenant commencer à faire notre deuil, sachant que notre fils repose en paix. »
Outre les décès, l'incendie a fait plus de 100 blessés, dont de nombreux grands brûlés. Le gouvernement suisse a indiqué que 35 patients avaient été transférés dans des cliniques spécialisées en Belgique, en France, en Allemagne et en Italie pour y recevoir des soins intensifs.
Les causes de la catastrophe et la vague d'indignation.
D'après les premières constatations du parquet, l'incendie aurait vraisemblablement été provoqué par l'utilisation de fusées éclairantes dans un espace clos. Ces étincelles auraient enflammé le plafond du sous-sol du bar et le feu se serait propagé rapidement et de manière incontrôlable.
Le quotidien suisse Blick, dans son édition du 5 janvier, posait en première page la question : « Pourquoi les gérants de bars sont-ils encore libres ? », accompagnée d'images de personnes et de médias rassemblés autour de bouquets de fleurs en souvenir du lieu de l'incendie.
Les deux gérants de bar font actuellement l'objet d'une enquête criminelle pour des chefs d'accusation graves, notamment homicide involontaire, blessures involontaires et incendie criminel par négligence. La police indique toutefois n'avoir pas encore procédé à leur arrestation, estimant qu'il n'y a aucun risque de fuite.
Cette décision a suscité de vives réactions au sein du public et de la communauté internationale. Le vice-Premier ministre italien, Matteo Salvini, a critiqué les mesures de sécurité, soulignant : « Dans un pays civilisé comme la Suisse, les portes des prisons doivent rester ouvertes à certaines personnes. » Il a remis en question le système d’évasion et les contrôles de sécurité au niveau des cellules.
Engagement à rendre justice
Suite à cette immense perte, le président suisse Guy Parmelin a décrété le 9 janvier Journée nationale de deuil. Les cloches des églises de tout le pays sonneront simultanément et une minute de silence sera observée à la mémoire des victimes.
Entre-temps, Jacques Moretti, l'un des deux gérants du bar, a affirmé dans les médias locaux que l'établissement avait été inspecté à trois reprises au cours des dix dernières années et qu'il était conforme à la réglementation. Cependant, les autorités du canton du Valais examinent de près les rapports d'inspection annuels et les normes relatives à l'insonorisation du sous-sol, ainsi que la réglementation concernant l'utilisation des feux d'artifice.
Le pape Léon XIV a également adressé un message de profondes condoléances aux familles des victimes, exprimant sa sympathie et ses prières pour ceux qui souffrent.
À Crans-Montana, des centaines d'habitants ont participé à une procession silencieuse en hommage aux victimes. Aika Chappaz, une habitante qui a pris part à la cérémonie, a déclaré : « Il est essentiel qu'une telle tragédie ne se reproduise plus jamais. L'enquête doit être approfondie, car c'est inimaginable. »


