La Coupe du monde 2026 et les inquiétudes concernant la baisse de qualité liée au passage à 48 équipes.
La décision de la FIFA d'augmenter le nombre d'équipes de la Coupe du monde 2026 à 48 soulève de sérieux doutes quant à sa valeur professionnelle lorsque le profit commercial est privilégié.
Le monde du football est à l'aube d'un tournant historique : la Coupe du monde 2026 accueillera officiellement 48 équipes participantes. Cependant, derrière la promesse de diversité et d'opportunités pour les pays en développement affichée par la FIFA, des experts s'inquiètent d'une dure réalité : la valeur professionnelle du plus grand tournoi mondial se trouve dangereusement diluée.

Une baisse de la qualité des concurrents.
Depuis la Coupe du monde 2022, des signes de déclin de la qualité sont manifestes. Le parcours de l'Argentine jusqu'au titre a révélé une statistique éloquente : malgré des victoires contre la France et les Pays-Bas, la note moyenne des adversaires rencontrés par Lionel Messi et ses coéquipiers était de 25,3. Il s'agit du chiffre le plus élevé pour un champion depuis 1930.
Quand on se penche sur l'histoire, le contraste est saisissant. En 1934, l'Italie triomphait face à des adversaires dont le classement moyen était de 8,8. Entre 1958 et 1970, les trois championnats remportés par le Brésil ont vu des adversaires dont le classement moyen était de 11,3, notamment des rencontres avec des puissances comme l'Angleterre, l'Italie et l'Espagne.
Le problème des probabilités et le format de la compétition sont controversés.
La baisse de qualité est perçue comme une conséquence inévitable de l'augmentation des probabilités. Lors du tournoi à 16 équipes de 1978, le classement moyen des équipes participantes était de 13. D'ici 2026, lorsque le nombre d'équipes passera à 48, ce chiffre devrait dépasser 34. L'ajout de nombreuses équipes moins bien classées pourrait rendre la phase de groupes moins attractive, avec de nombreux matchs déséquilibrés.
Le nouveau format à 104 matchs met à rude épreuve la patience des supporters. Organiser 72 matchs de poule pour n'éliminer que 16 équipes signifie que la FIFA utilise 70 % du nombre total de matchs pour éliminer seulement 25 % des équipes participantes. Ceci est perçu comme un gaspillage de ressources et nuit à l'enthousiasme inhérent à la compétition.

Le profit commercial prime sur l'identité.
La FIFA semble privilégier les revenus à l'identité du tournoi. Alors que les spectateurs doivent faire face à des prix de billets record pour des matchs moins importants, les diffuseurs s'inquiètent également de la baisse d'audience due à un calendrier surchargé et à une qualité moindre. Le message sous-jacent du tournoi semble passer de l'excellence professionnelle à une démonstration de faste ostentatoire.
Au-delà des enjeux sportifs, la Coupe du Monde 2026 doit faire face à de nombreux obstacles logistiques et politiques. Les difficultés d'obtention de visas, le coût élevé des déplacements entre les pays hôtes et l'impact du changement climatique exercent une pression immense sur les supporters. Si la créativité et l'excellence sont totalement supplantées par la recherche du profit, la Coupe du Monde risque de perdre son statut de sommet du football mondial.


