Xiaomi SU7, YU7 et des bénéfices après 19 mois grâce à l'écosystème.
Xiaomi a réalisé un bénéfice de 700 millions de yuans grâce à ses segments de véhicules électriques et d'IA au troisième trimestre, atteignant le seuil de rentabilité après 19 mois, plus rapidement que Tesla, Li Auto et Leapmotor ; grâce à son écosystème d'utilisateurs et à sa chaîne d'approvisionnement chinoise.
Xiaomi a enregistré un bénéfice de 700 millions de yuans (98 millions de dollars américains) grâce à son segment véhicules électriques et intelligence artificielle au troisième trimestre clos le 30 septembre, atteignant ce cap en seulement 19 mois depuis le lancement de sa berline électrique SU7. Ce résultat est plus rapide que ceux de Li Auto (24 mois), Tesla (61 mois) et Leapmotor (71 mois), tandis que Xpeng et Nio restent déficitaires et visent l'équilibre financier d'ici 2025.

Bénéfice après 19 mois : chiffres et comparaisons
D'après l'annonce du 18 novembre, ce bénéfice représente une étape importante et rare dans l'histoire du secteur des véhicules électriques. Tesla a réalisé son premier bénéfice trimestriel en 2013, plus de cinq ans après le début de la distribution du Roadster (2008). Li Auto a atteint l'équilibre trimestriel après environ deux ans, malgré son positionnement sur les véhicules électriques à autonomie étendue (EREV). Xpeng et Nio sont toujours déficitaires et visent l'équilibre en 2025, soit environ huit ans après le lancement de leurs premiers véhicules.
| Entreprise | Il est temps de réaliser des bénéfices trimestriels. | Note |
|---|---|---|
| Mobile | 19 mois | Bénéfices des segments véhicules électriques et intelligence artificielle pour le troisième trimestre clos le 30 septembre |
| Li Auto | 24 mois | Focus EREV |
| Renault | 61 mois | L'entreprise a enregistré son premier bénéfice trimestriel en 2013, après avoir distribué le Roadster depuis 2008. |
| Leapmotor | 71 mois | — |
| Xpeng | Pas encore | Objectif de rentabilité : 2025 |
| Nio | Pas encore | Objectif de rentabilité : 2025 |
Il s'agit également d'une victoire notable pour Lei Jun, fondateur et président de Xiaomi. Auparavant, une grande entreprise technologique américaine avait abandonné son projet de fabrication de voitures après de nombreuses années et un investissement de 10 milliards de dollars.
La formule de Xiaomi : un écosystème et une plateforme logicielle.
Bill Russo, fondateur d'Automobility, une société basée à Shanghai, a fait remarquer que Xiaomi est entré sur le marché avec des avantages structurels dont la plupart des start-ups de véhicules électriques sont dépourvues : une large base d'utilisateurs existante, une marque forte jouissant d'une grande crédibilité et une stratégie d'écosystème intégrée, ce qui se traduit par de faibles coûts d'acquisition de clients.
L'approche de Xiaomi consiste à miser sur un modèle unique, une gestion rigoureuse de la chaîne d'approvisionnement et une architecture axée sur le logiciel, afin de diversifier ses sources de revenus au-delà du véhicule. Le SU7 est conçu comme un lancement de produit électronique grand public à grande échelle : générer la demande en amont et atteindre rapidement le seuil de rentabilité.
Après le SU7, Xiaomi a lancé son deuxième modèle en juin, le YU7 (SUV), et a enregistré plus de 289 000 précommandes en quelques heures seulement.

Chaînes d'approvisionnement matures : raccourcir le chemin vers la mise à l'échelle.
D'après Bill Russo, Xiaomi bénéficie également de la maturité de la chaîne d'approvisionnement chinoise en véhicules électriques. Cela permet à la jeune entreprise de se développer rapidement sans investissements massifs, contrairement aux acteurs précédents qui ont dû créer de nombreux maillons de la chaîne d'approvisionnement de toutes pièces.
Risques à venir : diminution des incitations, pression sur les marges bénéficiaires.
Les perspectives du secteur sont affectées par la réduction, prévue dès l'année prochaine, des avantages fiscaux accordés aux véhicules électriques et hybrides par le gouvernement chinois, tandis que le maintien des subventions à la reprise reste incertain. Les ventes de véhicules électriques en Chine ont reculé en octobre par rapport à l'année précédente.
Pour compenser la réduction des incitations fiscales, Xiaomi propose un remboursement pouvant atteindre 15 000 yuans aux clients qui précommandent un véhicule électrique avant fin novembre et en prennent livraison en 2026. Cette mesure réduira les marges bénéficiaires. Le président de l'entreprise, Lu Weibing, a déclaré que la marge brute sur les véhicules électriques devrait diminuer en 2026.
Marchés et exportations : objectifs 2027 et mise à l'épreuve de la résilience
Xiaomi ambitionne de devenir l'un des cinq premiers constructeurs automobiles mondiaux, en concurrence avec Tesla et BYD en Chine avant de s'étendre à l'international. L'entreprise prévoit de commercialiser des véhicules électriques en Europe d'ici 2027.
Les analystes de Bloomberg Intelligence, Joanna Chen et Jason Zhao, estiment que les perspectives concurrentielles sur le marché intérieur se durciront avec le ralentissement de la croissance de la demande ; les entreprises devront davantage miser sur les exportations pour stimuler leur production et leurs profits. BYD, Geely, Xpeng et Leapmotor sont à l'avant-garde de cette tendance. L'absence de projets d'expansion à l'international chez Xiaomi avant 2027 suscite des interrogations quant à ses performances l'année prochaine.
Conclusion courte
Xiaomi a rapidement atteint la rentabilité grâce à son écosystème d'utilisateurs, une stratégie de lancement basée sur un seul modèle et une plateforme logicielle et une chaîne d'approvisionnement éprouvées. Cependant, la pression exercée par la diminution des incitations fiscales, l'offre promotionnelle de 15 000 yuans et l'intensification de la concurrence pourraient réduire ses marges bénéficiaires avant le lancement de sa stratégie d'exportation en 2027.


