Les exportations de riz ont atteint 1,74 million de tonnes : leur valeur a diminué en raison de l’augmentation des coûts logistiques.
À la mi-mars 2026, les exportations de riz vietnamiennes ont diminué de 8,7 % en valeur. Les conflits au Moyen-Orient ont quasiment doublé les tarifs du fret maritime vers l'Europe.
Les exportations de riz vietnamiennes sont confrontées à des difficultés dues à la forte hausse des coûts de transport et aux changements de politique des pays importateurs, ce qui entraîne une légère augmentation du volume des exportations mais une baisse significative de leur valeur. La pénurie de conteneurs vides et l'instabilité géopolitique au Moyen-Orient constituent des obstacles majeurs à la chaîne d'approvisionnement mondiale en riz.
La valeur des exportations de riz a diminué malgré une production accrue.
D'après les dernières données du Département des douanes, au 15 mars 2026, le Vietnam avait exporté environ 1,74 million de tonnes de riz, pour une valeur de 826,2 millions de dollars. Par rapport à la même période en 2025, le volume des exportations de riz a augmenté de 2,3 %, mais leur valeur a diminué de 8,7 %. Cette baisse de la valeur, conjuguée à une augmentation du volume, indique une forte pression à la baisse sur les prix à l'exportation sur le marché international.
À compter de mars 2026, les entreprises exportatrices seront confrontées à des conflits au Moyen-Orient, perturbant ainsi des voies maritimes essentielles. Par ailleurs, les ajustements apportés aux politiques de réserves nationales par certains pays partenaires entraîneront également des fluctuations constantes de la demande d'importations.
La hausse soudaine des coûts logistiques engendre des difficultés pour les entreprises.
Les conflits géopolitiques font non seulement grimper les prix de l'énergie, mais aussi les coûts du transport maritime. M. Pham Thai Binh, président du conseil d'administration de la société par actions Trung An High-Tech Agriculture, a indiqué que les coûts d'expédition vers le port de Hambourg (Allemagne) sont passés de 1 500 € à environ 2 800 € par conteneur, alors même que la réservation d'espace reste très difficile.
Plus précisément, on constate une grave pénurie de conteneurs vides. De nombreuses compagnies maritimes modifient constamment leurs horaires ou réduisent leurs liaisons vers le Moyen-Orient et l'Europe. Même sur le marché de l'Asie du Sud-Est, une entreprise devant expédier 45 conteneurs en Malaisie n'en a reçu qu'une dizaine, ce qui a entraîné des retards de livraison et des problèmes de traitement des commandes.
La pression s'étend au marché intérieur du riz.
Les retards d'exportation ont eu un impact direct sur la consommation de riz dans le delta du Mékong. Malgré l'abondance des contrats d'exportation, la faiblesse des prix à l'exportation a entraîné une chute des prix du riz sur le marché intérieur, rendant difficile pour les agriculteurs de trouver des acheteurs.
Face à cette situation, les entreprises proposent que le gouvernement et la Banque d'État du Vietnam mettent en place un mécanisme d'octroi de crédits dépassant les plafonds établis. Ceci permettrait aux entreprises de disposer des ressources financières nécessaires pour acheter et stocker temporairement du riz destiné aux agriculteurs, conformément à l'esprit de la directive n° 21/CĐ-TTg.
Orientation vers un développement durable pour l'industrie du riz
Pour résoudre définitivement le problème des « récoltes abondantes et des prix bas » et renforcer la position du riz vietnamien, la mise en œuvre du Projet de développement durable pour un million d'hectares de riz de haute qualité à faibles émissions est considérée comme une solution clé. Cette solution permet de lier étroitement la production agricole et la consommation, contribuant ainsi à la construction d'une marque nationale de riz durable.
La vice-ministre de l'Industrie et du Commerce, Phan Thi Thang, a suggéré que les ministères, les secteurs et les collectivités locales passent d'une approche réactive à une approche proactive et adaptative. Parallèlement, les entreprises doivent suivre de près l'évolution du marché afin de gérer harmonieusement les exportations, garantir la sécurité alimentaire nationale et stabiliser les prix intérieurs, évitant ainsi d'être prises au dépourvu par les chocs des marchés internationaux.


