Dès le printemps 2019, des scientifiques commenceront à « faire de l'ombre au soleil » afin de sauver la Terre.
Bien que les impacts négatifs potentiels ne soient pas entièrement décrits, la possibilité de contrôler la température de la Terre en éjectant de petites particules dans la stratosphère est une solution intéressante en raison de son rapport coût-efficacité.
Une équipe de scientifiques de l'université Harvard prévoit de lutter contre le changement climatique grâce à la géoarchitecture, en bloquant la lumière du soleil. Ce concept existe depuis des décennies, mais c'est la première fois que des chercheurs vont réellement occulter le soleil pour sauver la Terre.
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Dès le printemps 2019, des scientifiques commenceront à « faire de l'ombre au soleil » afin de sauver la Terre. |
Le projet, baptisé SCoPEx (Stratospheric Controlled Interference Experiment), utilisera un budget de 3 millions de dollars pour tester un modèle en lançant un ballon capable d'atteindre une altitude de 20 km dans le sud-ouest des États-Unis. Une fois correctement positionné, le ballon libérera de minuscules particules de carbonate de calcium. La mise en œuvre de ce projet est prévue dès le printemps 2019.
Cette expérience repose sur des recherches concernant les effets des grandes éruptions volcaniques sur la température de la planète. En 1991, l'éruption du volcan Pinatubo aux Philippines a libéré 20 millions de tonnes de dioxyde de soufre dans la stratosphère. Ce dioxyde de soufre a formé une couche autour de la stratosphère terrestre, refroidissant la planète entière de 0,5 °C pendant environ un an et demi.
Face à la préoccupation croissante des scientifiques, des agences gouvernementales du monde entier et des organisations environnementales quant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à la lutte contre le changement climatique, l'idée d'une solution basée sur la géo-analyse gagne du terrain. L'objectif ultime est de réduire le réchauffement climatique, ce qui peut être réalisé en diminuant les émissions de gaz à effet de serre et en absorbant le CO2.2de l'atmosphère ou en limitant la lumière du soleil qui atteint la surface de la Terre.
Les deux premières approches ont fait l'objet de discussions approfondies et ont été mises en œuvre à des degrés divers. Les engagements récents des membres du G20 (à l'exception des États-Unis) visent à s'attaquer aux causes profondes du problème en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et en absorbant le CO2.2Le fait de séparer le CO2 de l'atmosphère et de le piéger dans la croûte terrestre s'appelle la séquestration du CO2.2Ces initiatives ont déjà été mises en œuvre. Par exemple, Royal Dutch Shell a collaboré avec les gouvernements canadien et australien à la construction d'importantes installations de séquestration du carbone.
La troisième méthode, qui consiste à bloquer la lumière du soleil, fait l'objet de controverses au sein de la communauté scientifique depuis des décennies. La controverse tient au fait que personne ne peut prédire les conséquences d'un blocage partiel de la lumière solaire.
La réduction des températures mondiales est un objectif clair et planifié ; cependant, des questions subsistent quant à l'impact de cette approche sur les précipitations, la couche d'ozone et les rendements agricoles à l'échelle mondiale.
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Une équipe de scientifiques de l'université Harvard va déployer une solution pour libérer du carbonate de calcium dans la stratosphère. |
C’est précisément pourquoi l’équipe de recherche de Harvard prévoit de pulvériser de minuscules particules de pollen (carbonate de calcium) dans la stratosphère lors d’une expérience contrôlée. Les modèles informatiques ont leurs limites pour prédire les effets de cette technique. Grâce à un financement partiel du cofondateur de Microsoft, Bill Gates, l’équipe de Harvard commencera à répondre aux questions en suspens dès le printemps 2019.
Bien que les impacts négatifs potentiels ne soient pas entièrement élucidés, la possibilité de contrôler la température terrestre en injectant de fines particules dans la stratosphère constitue une solution séduisante en raison de son faible coût. Un rapport récent du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) estime que le rejet continu de particules dans la stratosphère pourrait limiter le réchauffement à 1,5 °C pour un coût annuel de seulement 1 à 10 milliards de dollars.
Comparée à la réduction de la consommation d'énergies fossiles ou à l'absorption mondiale de carbone, cette approche devient très intéressante. Par conséquent, les scientifiques, les agences gouvernementales et les financeurs indépendants de cette technologie doivent trouver un équilibre entre l'efficacité et l'accessibilité financière de la méthode et les risques potentiels pour les cultures mondiales, les conditions climatiques et la sécheresse. En définitive, seules des expériences concrètes, comme celles menées par l'équipe de Harvard, permettent de caractériser pleinement ces risques.




