Pas agréable en apparence, pas satisfait au fond de soi.

March 20, 2017 11:49

(Baonghean) – La visite très attendue de la chancelière allemande Angela Merkel aux États-Unis la semaine dernière a suscité de nouvelles discussions en raison d'un retard causé par une tempête de neige. Comme prévu, les déclarations des dirigeants des deux pays laissent entendre que les relations germano-américaines, pourtant réputées étroites, continueront de rencontrer de nombreuses difficultés sous la présidence de Donald Trump.

Confus et distant

Lors de sa déclaration à la conférence de presse conjointe qui a suivi sa rencontre avec le président américain Donald Trump, la chancelière allemande Angela Merkel a remarqué : « Il est bon que les deux parties se soient entretenues directement plutôt que de parler l’une de l’autre par le biais des médias. » Les deux dirigeants ont également indiqué aux journalistes que leur première rencontre s’était très bien déroulée.

Les responsables des deux pays espéraient que cette rencontre entre les deux dirigeants constituerait un pas positif vers un réchauffement des relations germano-américaines, tendues ces derniers temps. Cependant, ce que le public a pu constater lors de cette visite laisse présager que la situation sera plus complexe que prévu.

Thủ tướng Đức Angela Merkel (trái) và Tổng thống Mỹ Donald Trump tại phòng Bầu dục hôm 17/3.Nguồn: AFP, Getty
La chancelière allemande Angela Merkel (à gauche) et le président américain Donald Trump dans le Bureau ovale le 17 mars. Source : AFP, Getty

La gêne de Trump, son attitude hésitante, et même son refus de serrer la main de Merkel lors de la conférence de presse dans le Bureau ovale, ont démontré que leurs relations restent tendues. En revanche, si l'on se penche sur les rencontres entre la chancelière Merkel et les deux précédents présidents américains, Barack Obama et George Bush, on constate aisément une grande proximité et une intimité qui dépassaient le cadre des relations diplomatiques.

Cela découle de points de vue et d'intérêts stratégiques communs de longue date entre les États-Unis et l'Europe, ainsi que de similitudes entre les dirigeants eux-mêmes. Cependant, la rencontre avec le président Donald Trump la semaine dernière a pris une tournure tout autre.

Trop différent

Les médias internationaux ont souligné tout au long de la semaine écoulée qu'il est difficile de trouver deux personnalités politiques aussi différentes en termes d'expérience politique, de vision du monde, de style et de personnalité que Trump et Merkel. Par ailleurs, le public n'a pas oublié les tensions engendrées par les critiques répétées du président Trump à l'encontre de la chancelière Merkel.

En octobre 2015, lorsque Merkel décida d'accueillir plus d'un million de réfugiés en Allemagne, Trump déclara : « Ce qu'elle fait est de la folie », et prédit des émeutes. Deux mois plus tard, lorsque le magazine Time la désigna Personnalité de l'année, Trump tweeta : « Ils ont choisi quelqu'un qui détruit l'Allemagne. » Et en mars 2016, lors d'une discussion sur l'attentat de Cologne du Nouvel An, Trump critiqua de nouveau Merkel et prédit des troubles en Allemagne.

Hai nhà lãnh đạo Mỹ - Đức hội đàm tại Nhà Trắng.Nguồn: AFP, Getty
Les dirigeants américain et allemand se sont entretenus à la Maison Blanche. Source : AFP, Getty

Lors de leur récente visite, comme les observateurs le craignaient, les deux dirigeants ont une fois de plus affiché des points de vue très divergents sur de nombreux sujets tels que l'immigration et le libre-échange. Tandis que Merkel a continué de défendre sa position contre la montée du protectionnisme en Europe et dans le monde, Trump a maintenu que les États-Unis étaient perdants dans les accords de libre-échange. Concernant l'immigration, ils ont poursuivi leurs critiques publiques respectives, notamment la décision de Merkel d'accueillir des réfugiés et le récent décret anti-immigration de Trump.

Résultats modestes

Au vu du récent sommet germano-américain, les résultats obtenus peuvent être considérés comme assez modestes. Même la chancelière Merkel s'est montrée quelque peu décontenancée lorsque le président Trump a suggéré que les deux pays partageaient un point commun rare : leurs téléphones avaient tous deux été mis sur écoute par leurs prédécesseurs américains.

Néanmoins, les deux dirigeants ont trouvé un terrain d'entente concernant l'OTAN. Plus précisément, le président Trump a exigé que la chancelière Merkel respecte les objectifs de dépenses militaires de l'OTAN. En réponse, Mme Merkel s'est engagée à augmenter les dépenses militaires de 2 %. Cependant, M. Trump n'a pas manqué de critiquer l'OTAN, la qualifiant d'« obsolète » et lui reprochant d'avoir coûté des sommes considérables aux États-Unis et à leurs alliés au fil des ans.

Toutefois, du point de vue allemand, les observateurs estiment que l'issue de cette visite n'a pas une importance particulière pour la chancelière Merkel. En effet, cette dernière devrait poursuivre une politique diplomatique positive à l'égard des États-Unis, quels que soient les partis au pouvoir et les divergences éventuelles.

En clair, l'Allemagne, et l'Europe dans son ensemble, ont toujours besoin des États-Unis sur presque tous les sujets. Par conséquent, l'objectif d'engager le dialogue avec le nouveau président américain et de relancer les relations avec Washington est déjà une réussite pour Merkel. Parallèlement, du côté américain, le président Donald Trump semble élaborer une politique étrangère acceptable pour tous et conforme à ses promesses de campagne. Bien entendu, les intérêts nationaux à long terme seront le facteur déterminant du rapprochement entre les deux dirigeants. Et ce n'est qu'une question de temps !

Khang Duy

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Article paru dans le journal Nghe An

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