Pêche : exploitation ou extinction ?
(Baonghean) – Les pratiques de pêche destructrices impliquant l’utilisation d’appareils à électrocution, de fusils électriques, de pièges, de chaluts ou d’explosifs sont strictement interdites, car elles causent de graves dommages au milieu marin et épuisent les ressources marines. Or, au fil des années, ce problème n’a pas été pleinement résolu.
Plein de violations
Ces derniers temps, les autorités de la province de Nghệ An ont constaté et traité de nombreuses infractions. Plus récemment, le 14 mars 2018, lors d'une patrouille dans une zone située à environ un mille nautique au sud-est de l'île de Hon Ngu, les agents du poste de garde-frontière du port de Cua Ló - Ben Thuy (garde-frontière de Nghệ An) ont découvert et arraisonné trois navires utilisant des chaluts et des filets électriques pour la pêche illégale de fruits de mer.
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| Les autorités de la province de Nghệ An inspectent les bateaux qui enfreignent la réglementation de la pêche. Photo : Phuong Thao |
Les navires saisis comprenaient le bateau numéro NA 4706TS appartenant à M. Tran Van Tinh (39 ans), de la commune de Dien Thanh, district de Dien Chau, qui pratiquait la pêche illégale à l'aide de chaluts ; un bateau non immatriculé appartenant à M. Nguyen Doan Doan (44 ans), du bloc de Tan Nho, quartier de Nghi Hai, ville de Cua Lo ; et le navire numéro HT 2015TS appartenant à M. Nguyen Van Nham (56 ans), de la commune de Xuan Hoi, district de Nghi Xuan, province de Ha Tinh, qui pratiquait la pêche illégale à l'aide de chaluts électriques.
Le même jour, lors d'une patrouille en mer, un patrouilleur des pêches de Nghệ An a découvert deux bateaux de pêche utilisant des appareils à décharge électrique pour capturer des fruits de mer près des côtes. Il s'agissait des bateaux de Nguyễn Ván Triệu, de la commune de Tiền Thịy, district de Quốn Luệu, et de Vu Sy Thanh, de la commune de Diện Ngoệc, district de Diện Chau. Après inspection, les patrouilleurs des pêches de Nghệ An ont trouvé à bord deux appareils à décharge électrique et des centaines de mètres de câble électrique.
Au cours des trois premiers mois de 2018 seulement, les inspecteurs du sous-département des pêches de Nghệ An ont dressé des procès-verbaux d'infraction à 23 navires, dont 16 utilisaient des dispositifs à décharge électrique et 4 opéraient en dehors des zones de pêche autorisées. Le montant total des amendes s'élevait à 121 millions de VND, et 16 dispositifs à décharge électrique ainsi que 70 mètres de câble électrique ont été saisis.
Ces pratiques sont illégales car elles constituent des formes d'exploitation destructrices qui causent des dommages importants et durables à l'environnement naturel, notamment dans les zones côtières. Par exemple, le chalutage consiste à déployer un filet à mailles très fines horizontalement ; où que passe le bateau, il capture toutes sortes d'espèces aquatiques. Cette méthode ne permet même pas aux petits poissons et aux crevettes d'échapper au chalutage, et les récifs coralliens sont détruits.
Conformément à la réglementation, les grands chalutiers ne sont autorisés à pêcher qu'au large et dans certaines zones désignées. Cependant, pendant la période de reproduction, de nombreux chalutiers ne respectent pas la réglementation et pêchent en dehors des zones autorisées, près des côtes, afin de maximiser leurs prises.
L'utilisation d'explosifs et de dispositifs à décharge électrique pour la pêche est plus courante. Ce système consiste simplement à connecter une source d'alimentation à une batterie et à fixer deux tiges de fer à la proue du bateau ; il génère ainsi une décharge électrique très puissante, capable de tuer de nombreuses espèces aquatiques et marines à proximité.
Une solution à long terme est nécessaire.
Selon M. Tran Chau Thanh, chef du département des inspections et des affaires juridiques du sous-département des pêches de Nghe An, pour les navires autorisés à pêcher au large et dans les zones côtières mais opérant toujours près du rivage, les activités de ces personnes sont très sophistiquées, évitant tout contrôle des forces d'inspection et des garde-côtes...
Parallèlement, les forces spécialisées manquent d'effectifs et de ressources, ce qui rend difficile la résolution efficace du problème. Quant à l'utilisation d'équipements interdits par les pêcheurs côtiers, la principale raison tient à des conditions économiques difficiles : ils n'ont pas les moyens d'acquérir des navires plus grands et plus puissants pour la pêche hauturière. Ils peuvent donc se procurer des explosifs et des câbles électriques pour quelques dizaines ou centaines de milliers de dongs seulement, ce qui est à la fois pratique et permet des prises importantes, conduisant à une pratique de surpêche qui, à terme, décime les populations de poissons.
Face aux causes persistantes de cette situation, les autorités de Nghệ An doivent mettre en œuvre un ensemble complet de solutions pour la prévenir rapidement et préserver les moyens de subsistance à long terme des populations côtières. Concernant les navires opérant en dehors des zones de pêche désignées, des mesures strictes doivent être prises conformément à la réglementation afin de renforcer la dissuasion, et les inspections doivent être intensifiées en tenant compte des signalements du public.
Au premier trimestre 2018, le service des pêches de Nghệ An a reçu 32 appels via sa ligne d'assistance téléphonique, dont 11 signalaient des chalutiers opérant près des côtes et 2 signalaient des navires utilisant des engins de pêche à décharge électrique. Grâce à ces signalements, les autorités ont pu identifier et traiter rapidement les infractions.
Pour les pêcheurs pratiquant la pêche côtière destructrice, il est nécessaire de renforcer les campagnes de sensibilisation et de développer des moyens de subsistance alternatifs afin de leur offrir des emplois de remplacement. Actuellement, le gouvernement encourage les investissements dans la construction de navires plus grands pour la pêche hauturière et privilégie une pêche ciblée dans des zones de pêche désignées afin de garantir une chaîne d'approvisionnement en produits de la mer saine. La mise en œuvre effective de cette politique constitue une solution durable pour prévenir les pratiques de pêche destructrices susmentionnées.
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| Des engins de pêche électrique et des explosifs utilisés pour la capture d'espèces aquatiques et marines ont été saisis. Photo : Phuong Thao |
Par ailleurs, une solution essentielle consiste à sensibiliser le public aux conséquences de la pêche illégale, en l'aidant à comprendre que mettre fin aux pratiques de pêche destructrices est le meilleur moyen de régénérer les ressources aquatiques naturelles et d'assurer ses moyens de subsistance à long terme.
Cela nécessite une action décisive et coordonnée de la part des autorités locales et des organismes compétents, créant un haut degré de synergie et d'unité dans la lutte contre la destruction et la préservation de l'écosystème marin.
Conformément à l'article 14, paragraphe 4, du décret gouvernemental 103/2013/ND-CP relatif aux sanctions administratives pour les infractions aux activités de pêche, la pêche dans les zones interdites ou l'utilisation d'engins de pêche destructeurs en mer sera passible d'une amende de 6 à 8 millions de VND.




