L'évaluation foncière doit tenir compte des différences de loyer foncier au moment de l'acquisition.
(Baonghean)Globalement, ce projet révisé de loi foncière concrétise les dispositions pertinentes du récent projet de Constitution et contient de nombreux articles et idées nouveaux qui institutionnalisent les directives et les politiques du Parti et de l'État en matière foncière.
Par exemple, les articles 33 et 34 définissent clairement le rôle de la planification et des plans d'utilisation des terres, du niveau national aux niveaux provincial et de district... En particulier, ils précisent la planification et l'utilisation des terres pour la défense nationale, la sécurité, les intérêts nationaux, les intérêts sociaux et les projets de développement économique et social qui nécessitent une acquisition de terres.
L'article 52, alinéa h, stipule que les terrains loués par l'État pour des projets d'investissement non mis en œuvre pendant douze mois consécutifs ou dont l'avancement des travaux est inférieur à vingt-quatre mois doivent être récupérés. Cette disposition figurait déjà à l'article 38 de la loi foncière de 2003, mais n'avait pas été appliquée, entraînant le blocage de projets, parfois pendant des décennies. Cet amendement ajoute la disposition selon laquelle les personnes dont les terrains sont récupérés en vertu de cet alinéa ne seront pas remboursées des redevances foncières, des taxes foncières déjà acquittées ni des biens attachés au terrain. Cette mesure est absolument nécessaire et bénéficie d'un large soutien populaire, car elle empêche les investisseurs de créer des projets fictifs ou bloqués pour s'accaparer des terres. Les organismes d'État responsables ne pourront plus s'en servir comme prétexte pour se soustraire à l'application de la loi et éliminer les « intérêts particuliers ». La population propose également une interdiction stricte du transfert de projets qui s'apparentent à des ventes de terrains, comme cela s'est produit récemment. Ce projet de loi vise également à codifier les actes juridiques subordonnés (décrets, circulaires) afin d'en renforcer l'application.
L'article 69, qui stipule les conditions d'indemnisation des terres lorsque l'État récupère des terres pour les besoins de la défense nationale, de la sécurité, de l'intérêt national public et du développement économique, codifie l'article 8 du décret 197/2004/ND-CP.
La population accueille favorablement cette politique car ces réglementations sont conformes aux pratiques actuelles. Elle suggère toutefois que la loi fasse l'objet d'études plus approfondies et détaillées afin de limiter le nombre de textes réglementaires, et que la mention « Le gouvernement précisera en détail dans les articles de la loi » soit supprimée.
La population est très préoccupée et inquiète des récentes décisions concernant l'expropriation des terres, la réglementation des prix d'indemnisation foncière et la réinstallation des personnes dont les terres ont été expropriées, décisions qu'elle juge insatisfaisantes.
Le projet de Constitution stipule que la terre est une ressource particulière ; la loi doit préciser en outre que la terre est un moyen de production essentiel pour les agriculteurs, de sorte que lors de sa récupération, il faille envisager la création d'un nouveau moyen de production pour eux afin qu'ils puissent rapidement stabiliser leurs conditions de vie.
L'évaluation foncière doit tenir compte de la différence de loyer foncier au moment de l'acquisition.
Par exemple : les terres agricoles affichent une faible loyer différentiel et des prix bas. En revanche, lorsqu’elles remplissent les conditions requises pour la construction de zones industrielles ou de nouveaux quartiers urbains, le loyer différentiel augmente sensiblement, et leur prix s’en trouve majoré. Ceci permet d’éviter qu’un terrain, initialement destiné à la création de zones humides, ne vaille que quelques centaines de milliers de dongs le mètre carré, pour ensuite se vendre à des dizaines de millions de dongs.
La loi doit également préciser à quel niveau les décisions de révocation des droits d'utilisation des terres peuvent être signées et à quelle échelle (zone) la révocation peut s'appliquer. Le public salue l'article 55, qui traite du transfert, de la location et de l'apport en capital sous forme de droits d'utilisation des terres (à un prix raisonnable, comme indiqué ci-dessus) par les organisations économiques, les ménages et les particuliers pour la mise en œuvre de projets dans les cas où l'État n'exerce pas son droit de révoquer ces droits.
Nguyen Dinh Vo (Association des sciences et technologies forestières)


