Innover dans la pensée économique en agriculture.

January 14, 2013 18:46

(Baonghean)En 1992, le riz hybride a été introduit pour la première fois à titre expérimental dans la province de Nghệ An, au sein de quatre coopératives agricoles : Hương Tiện (Hương Nguệen), Diệen Xuan (Dệen Chau), Lien Thanh (Yệen Thanh) et Şac Son (Do Luong). Initialement, la culture ne couvrait que 22 hectares, avec un rendement moyen de 70,6 quintaux par hectare et une production totale de 155 tonnes, dépassant largement le rendement des variétés de riz conventionnelles cultivées à grande échelle à cette époque.

Grâce à ces résultats impressionnants, en 1993, la superficie plantée en riz hybride a augmenté à 1 308 hectares dans les districts rizicoles de la province, avec un rendement de 72,2 quintaux/hectare, ce qui a permis d'obtenir une production totale de 9 443 tonnes.

En 1994, la culture du riz hybride s'est généralisée dans toute la province, couvrant une superficie de 6 519 hectares et générant un rendement de 44 503 tonnes. Pendant dix années consécutives (1996-2005), la superficie cultivée en riz hybride a connu une croissance rapide, passant de 18 411 hectares (1996) à 76 338 hectares (2005). De 2005 à nos jours, cette superficie s'est maintenue à plus de 70 000 hectares, avec un record de 81 247 hectares en 2009. En 2011, elle atteignait encore 72 662 hectares, pour un rendement de 470 603 tonnes. Au début (1992-1998), le développement du riz hybride visait à atteindre un objectif de production alimentaire d'un million de tonnes par an pour la province, un objectif raisonnable. Durant cette période, la production de riz hybride a été activement encouragée, avec des objectifs de superficie fixés pour chaque localité, coopérative et équipe de production. Cependant, une fois son rôle historique accompli, une nouvelle structure variétale aurait dû être mise en place afin de remplacer le riz hybride par des variétés de haute qualité et ainsi accroître la valeur de la production agricole. Mais ce processus a été lent, car la réflexion économique en matière de production agricole n'a pas suivi le rythme du développement de l'économie de marché.

Si les trois millions d'habitants de la province de Nghệ An consommaient du riz hybride, la production annuelle d'un million de tonnes serait tout à fait absorbée. Or, la réalité est tout autre : les citadins ne consomment pas de riz hybride. Actuellement, ils consomment, avec une grande partie de la population rurale, du riz gluant produit localement, importé d'autres provinces, ou encore du riz thaïlandais et laotien. C'est pourquoi le marché intérieur du riz hybride s'est tellement réduit qu'il est devenu invendable. Le riz hybride ne sert plus qu'à l'autosuffisance des familles d'agriculteurs pauvres ou à l'alimentation animale, une petite quantité étant utilisée dans la production de bière et de spiritueux. De toute évidence, le manque de vision économique en agriculture a conduit, pendant de nombreuses années, à une production massive et à haut rendement de riz hybride, sans considération pour sa rentabilité.

Lorsque le riz hybride perd de sa valeur commerciale, les agriculteurs abandonnent leurs champs pour travailler comme ouvriers agricoles ou se tournent vers la culture de variétés de riz gluant destinées à leur propre consommation et à la vente à un prix plus élevé sur les marchés ruraux. Un mouvement spontané de producteurs de riz de haute qualité s'est développé parmi les agriculteurs de nombreuses localités au fil des ans. Ces dernières années, les districts ont encouragé l'augmentation des surfaces consacrées à la culture de ces variétés, entraînant une diminution progressive des surfaces cultivées en riz hybride.

Cependant, en 2012, le riz hybride représentait encore plus de 60 % des surfaces cultivées de la province, entraînant des milliers de tonnes de surplus invendus dans les entrepôts. Il est temps pour la province d'agir résolument pour réduire rapidement les surfaces plantées de riz hybride et les remplacer par des variétés de riz de haute qualité à forte valeur marchande. Le secteur agricole doit mobiliser les scientifiques afin de rechercher et de créer des variétés de riz de haute qualité, adaptées aux conditions pédologiques et climatiques de Nghệ An, garantissant à la fois une bonne qualité et des rendements élevés, pour remplacer le riz hybride. Les agriculteurs sont habitués à cultiver du riz hybride, une variété de jour court, résistante aux ravageurs et aux maladies, et tolérante aux aléas climatiques, offrant une productivité élevée. Les variétés de riz de haute qualité doivent également répondre à ces critères pour être adaptées à la production de masse. Il est nécessaire de limiter et d'éliminer les variétés de riz de jour long, peu productives et de qualité médiocre, telles que la variété IR1820, actuellement cultivée par les agriculteurs dans de nombreuses régions.

La production de variétés de riz de haute qualité destinées à remplacer le riz hybride doit être pilotée avec fermeté par la province, à l'instar de ce qui a été fait pour la production de riz hybride. Si l'on laisse les agriculteurs développer leurs propres méthodes ou si l'on laisse les districts gérer la production de manière indépendante, les résultats escomptés ne pourront être atteints. Fondée sur une vision économique renouvelée de l'agriculture, la production alimentaire doit être mesurée non seulement par le volume produit, mais aussi par la valeur des biens vendus sur le marché, tant national qu'à l'exportation.


Tran Hong Co

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