UE et Royaume-Uni : une épreuve d'endurance avant le moment de la séparation.
(Baonghean) – Ces deux derniers jours, l’UE et le Royaume-Uni ont publié des déclarations fermes, rendant de plus en plus incertaine la perspective d’un accord la semaine prochaine. Les analystes estiment que l’UE et le Royaume-Uni se livrent actuellement à une épreuve de patience, chacun étant déterminé à attendre que l’autre cède.
Une semaine de négociations difficiles
L'Union européenne et le Royaume-Uni ont repris les négociations le 8 octobre et ont convenu de poursuivre les pourparlers quotidiennement jusqu'au sommet de l'UE les 17 et 18 octobre.
Conformément au plan, les dirigeants de l'UE et du Royaume-Uni tenteront de signer un accord avant cette conférence, se basant sur les déclarations plutôt optimistes du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le week-end dernier, selon lesquelles « le Royaume-Uni et l'UE sont très proches d'un accord » et « si ce n'est pas en octobre, ce sera en novembre ». Auparavant, le président du Conseil européen, Donald Tusk, avait également déclaré qu'un accord sur le Brexit pourrait être conclu d'ici la fin de 2018.
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| Le Royaume-Uni et l'Union européenne traversent une semaine de négociations difficiles avant le sommet européen de la semaine prochaine. Photo : Sky News |
Les observateurs avaient prédit que le Royaume-Uni pourrait faire quelques concessions mineures concernant la question de la frontière irlandaise, car après le congrès du Parti conservateur, la position de Theresa May s'était renforcée, permettant à la Première ministre britannique de présenter avec confiance de nouvelles propositions.
Cependant, les choses ne se sont pas déroulées comme prévu, et des experts ont même prédit que la semaine cruciale de négociations entre le Royaume-Uni et l'UE s'enlisait progressivement. Cette analyse faisait suite à la déclaration d'un responsable britannique selon laquelle le pays ne pourrait parvenir à aucun accord avec l'UE sans un mécanisme permettant de définir les futures relations bilatérales.
Par ailleurs, l'UE a insisté sur le fait qu'elle ne poursuivrait pas les négociations tant que le Royaume-Uni n'aurait pas présenté de propositions acceptables concernant la frontière entre l'Irlande et l'Irlande du Nord. La Commission européenne devait publier un projet d'accord sur le Brexit le 10 octobre.
Le 12 octobre, les représentants des 27 États membres de l'UE se réuniront pour faire le point sur l'avancement des négociations sur le Brexit. Le 15 octobre, les conseillers des chefs d'État des 27 pays se réuniront à Bruxelles pour les derniers préparatifs du sommet européen.
Cependant, la publication du projet d'accord prévue aujourd'hui a été annulée. Les 27 États membres restants de l'UE se concentreront désormais sur l'élaboration de scénarios pour leurs pays respectifs au cas où le Royaume-Uni et l'UE ne parviendraient pas à un accord définitif sur le Brexit.
Dans l'histoire de la formation et du développement de l'UE, le Royaume-Uni a été le premier pays à décider de quitter le bloc, et une négociation de divorce sans précédent après 40 ans d'association n'a naturellement jamais été facile, compte tenu notamment des liens géographiques, historiques et politiques entre les deux parties.
Pourtant, depuis plus de deux ans, les négociateurs britanniques et européens s'efforcent de parvenir à un accord de Brexit le moins douloureux possible pour les deux parties. Mais à moins de six mois du Brexit, les événements de ces deux derniers jours montrent que ni le Royaume-Uni ni l'UE ne sont prêts à céder le premier, transformant ainsi les négociations cruciales de cette semaine en une véritable épreuve de patience, chaque camp étant déterminé à attendre que l'autre abandonne.
L'histoire de la poule et de l'œuf
Les principaux points de désaccord actuels entre le Royaume-Uni et l'UE concernent les relations commerciales entre les deux parties et la question frontalière entre l'Irlande du Nord, qui fait partie du Royaume-Uni, et la République d'Irlande, membre de l'UE.
L’Union européenne pose comme condition préalable que le Royaume-Uni modifie sa proposition de Brexit afin que tout accord de Brexit entre les deux parties garantisse le maintien d’une frontière ouverte entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, préservant ainsi la disposition essentielle du traité de paix de 1998 après des décennies de conflit.
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| Theresa May adopte une position ferme contre l'UE afin d'apaiser les tensions au sein du Parti conservateur. Photo : PA |
Avec cette position, l'UE a fermement déclaré qu'elle n'annoncerait aucune proposition concernant les futures relations commerciales avec le Royaume-Uni à moins que celui-ci ne présente des propositions révisées concernant la frontière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande, même si des informations ont circulé selon lesquelles l'UE aurait préparé un accord commercial avec le Royaume-Uni similaire à l'accord commercial conclu avec le Canada.
Par ailleurs, certaines sources britanniques internes indiquent que le gouvernement a envisagé plusieurs concessions concernant la frontière irlandaise. Par exemple, le gouvernement britannique pourrait accepter de maintenir une politique distincte pour l'Irlande du Nord par rapport au reste du Royaume-Uni si le Parlement nord-irlandais l'approuve, ou encore les contrôles douaniers des marchandises entre le Royaume-Uni et la République d'Irlande pourraient être effectués en territoire britannique plutôt qu'à la frontière.
Toutefois, ces concessions britanniques sont conditionnées à la publication par l'Europe d'une déclaration politique sur le futur partenariat économique et politique entre le Royaume-Uni et l'UE. Autrement dit, le Royaume-Uni se décharge de la responsabilité sur l'UE, laissant entendre que la décision finale lui incombe entièrement.
Les calculs du Royaume-Uni et de l'UE plongent les négociations sur le Brexit dans un cercle vicieux, un peu comme le dilemme de la poule et de l'œuf – une situation sans issue dont le pire scénario serait que le Royaume-Uni quitte l'UE sans aucun accord.
Selon les analystes, le Royaume-Uni était auparavant considéré comme la partie la plus faible dans les négociations avec l'UE, et il était probable que le pays doive faire des concessions en premier pour parvenir à un accord avec l'UE.
Cependant, de récents désaccords au sein du Parti conservateur de la Première ministre Theresa May font évoluer le débat. De nombreux membres conservateurs, notamment l'ancien ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, ont accusé le plan de Brexit de Theresa May, avec ses concessions à l'UE, de contredire totalement la volonté des électeurs qui ont voté pour quitter l'UE il y a deux ans.
Le gouvernement britannique calcule peut-être qu'en se montrant aussi intransigeant que possible envers l'UE, Theresa May gagnera le soutien de son propre parti, ce qui réduira la pression sur elle personnellement pour qu'elle abandonne le plan de Chequers approuvé par le cabinet en juillet, voire la pression pour qu'elle démissionne.
Cette situation laisse présager que la période précédant le sommet européen de la semaine prochaine restera marquée par une tension persistante entre les deux parties. Toutefois, selon les analystes, malgré les apparences, ni le Royaume-Uni ni l'UE ne souhaitent réellement un Brexit sans accord, car cela aurait des conséquences négatives pour les deux camps.
Le facteur clé des négociations entre le Royaume-Uni et l'UE est désormais le facteur temps. Certains analystes prévoient que les accords les plus importants seront reportés par les deux parties jusqu'aux derniers instants des discussions de cette semaine, probablement la veille du sommet européen la semaine prochaine.




