Réunion de printemps

March 12, 2015 10:43

(Baonghean) – Waouh ! Que d'anniversaires cette année ! Ils ont tous lieu tous les 30, 40 ou 50 ans. Janvier laisse largement le temps d'y assister.

Ma femme s'occupe des tâches ménagères. Je ne devrais pas intervenir et la laisser sans emploi. Mon patron gère les affaires de l'entreprise ; en début d'année, il est occupé à porter un costume et une cravate pour assister à d'innombrables anniversaires importants, tant professionnels qu'extérieurs, avec ses supérieurs et ses subordonnés – bien plus qu'un simple employé comme moi.

D'abord, il y a les retrouvailles de la ville natale. La maison, c'est comme une grappe de caramboles sucrées ; ne pas y retourner, c'est perdre ses racines. Après les retrouvailles provinciales, viennent celles du district. À peine s'étaient-ils salués chaleureusement aux retrouvailles du village qu'ils se retrouvaient tous aux retrouvailles du quartier. Dans un esprit d'égalité des sexes, hommes et femmes confondus, les retrouvailles de la ville natale s'étendent aux belles-filles, aux gendres, aux petits-enfants, aux arrière-petits-enfants, et ainsi de suite…

Lorsque nous nous rencontrons, nous contribuons toujours un peu pour rendre les choses plus agréables pour chacun.

Voyant l'enthousiasme des anciens élèves lors de leurs retrouvailles, leurs camarades de classe ressentirent eux aussi le désir de se joindre à eux. Aussitôt, de nombreuses réunions – de promotion, d'unité – eurent lieu sans relâche. Des écoles maternelles aux universités, en passant par les instituts de recherche et les centres de formation, des comités d'organisation furent créés et des annonces furent diffusées à la radio et dans les journaux, invitant chacun à se réunir pour commémorer le 60e, le 30e, voire parfois seulement six mois après leur anniversaire traditionnel.

Quant à mes camarades, ceux qui ont jadis partagé la vie et la mort, « creusant des tunnels dans les montagnes, dormant dans des bunkers trempés par la pluie et se contentant de maigres rations » ou « traversant les monts Truong Son pour sauver le pays », grâce à ce mouvement commémoratif, nous avons pu nous retrouver, submergés par un mélange d'émotions, entre joie et tristesse. Pendant la guerre contre l'Amérique, j'ai servi dans la Force des jeunes volontaires, passant par des dizaines d'unités ; aujourd'hui, pouvoir assister à toutes ces commémorations n'est pas chose aisée.

Mais quand on se retrouve, on doit aller dans un bar et faire la fête comme des fous pour compenser tous les moments difficiles ; l'argent n'est rien comparé au sang et à la sueur qu'on a versés.

Franchement, avec toutes ces réunions et ces fêtes, comment être productif au travail ? L'odeur de bière et d'alcool flotte encore dans l'air, et les invitations sont si insistantes qu'il est impossible de les refuser.

J'essayais de déterminer comment organiser mon emploi du temps lorsque le téléphone a sonné :

— Bonjour ! Êtes-vous Monsieur Phuong ? demanda une voix féminine totalement inconnue.

— Oui, comment le saviez-vous ? Je suis Minh Phuong, que puis-je faire pour vous ?

— C’est super ! On a le même nom. Je m’appelle Tuyet Phuong, je viens de Nghệ An, et on va s’inscrire au « Conseil d’honneur », acheter le maillot numéro 44 et me soutenir. Qu’en penses-tu ?

Avant même que je puisse réfléchir, ma fille, toute apprêtée, est entrée.

— Où vas-tu, papa ? Tu es de service à la maison ce matin, alors je vais à la réunion avec mes collègues.

— Des réunions ? J'ai tellement d'autres réunions, je suis débordé.

Papa, tu as oublié ? On organise une petite fête avec nos amis nés l'année de la Chèvre pour célébrer l'année de la Chèvre !

Quynh Tho

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Article paru dans le journal Nghe An

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