L’« ours » russe va-t-il bientôt vaincre le « rhume » ?

December 25, 2014 07:18

(Baonghean) – En cette période de Noël, pour les Russes, le froid est peut-être moins effrayant que la perspective d'une crise économique profonde. L'ancien ministre russe de l'Économie, Alexeï Koudrine, estime que la Russie est plongée dans une crise généralisée et qu'en 2015, de nombreuses PME russes feront faillite, entraînant une chute de la note de crédit du pays dans la catégorie spéculative. Le président Poutine prédit également que les difficultés continueront de peser sur la Russie pendant au moins plusieurs années encore. Ces derniers jours, le monde a été témoin des efforts répétés et acharnés déployés par la Russie pour se sortir de cette crise.

Người dân Nga đổ xô đi mua hàng hóa khi đồng ruble giảm giá. Ảnh internet
Les Russes se ruent sur les marchandises alors que le rouble chute. (Image : Internet)

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Concernant les mesures psychologiques, deux initiatives « rassurantes » du gouvernement russe sont particulièrement remarquables. Tout d'abord, la conférence de presse du président Poutine le 18 décembre. Cette conférence a été perçue comme une démonstration de courage face aux difficultés, une approche résolue consistant à les affronter de front. Par son format et son ampleur, Poutine a quelque peu rassuré l'opinion publique, donnant l'impression de conserver une grande énergie et une confiance inébranlable dans la direction qu'il donne à la Russie. Cependant, on ne peut s'empêcher de penser que les efforts de Poutine visaient uniquement à expliquer que la crise actuelle n'était pas une conséquence de l'annexion de la Crimée par la Russie. De plus, la crise provoquée par la chute record des prix du pétrole a été présentée comme une mesure nécessaire à la diversification de l'économie russe, afin de réduire sa dépendance aux exportations de pétrole. Cette explication s'apparente à l'adage selon lequel « à quelque chose malheur est bon », réconfortant les Russes par l'idée qu'« il y a toujours une lueur d'espoir ». Deuxièmement, les Russes ont dépensé des sommes exceptionnellement importantes pour Noël 2014 afin de parer le pays de manière plus fastueuse, cherchant ainsi à dissiper l'atmosphère morose et morose de la grave crise économique qui le frappait. À Moscou, 1,5 million de dollars ont été investis dans l'illumination de la ville entière. Et du 27 décembre au 8 janvier 2015, non seulement les lumières, mais aussi les chants printaniers ont résonné sans interruption dans de nombreux théâtres de plein air installés sur les quatre principales avenues du centre de Moscou.

Outre les mesures susmentionnées, les Russes ont dû recourir à des mesures drastiques pour enrayer la chute du rouble. Le 23 décembre, le gouvernement du Premier ministre Medvedev a contraint les grandes entreprises à vendre leurs devises étrangères afin de soutenir le rouble, alors en pleine dégringolade. Plus précisément, les principales entreprises exportatrices russes, telles que Gazprom et Rosneft, ont été obligées de vendre des dollars américains, injectant ainsi des dollars sur le marché pour sauver le rouble. Les grandes entreprises étaient tenues de réduire leurs réserves de change au minimum avant le 1er octobre 2014. Le gouvernement devait rencontrer les géants de l'exportation pour les contraindre à se conformer à cette réglementation avant le 1er mars 2015, selon laquelle au moins cinq entreprises devaient vendre pour un milliard de dollars par jour jusqu'à cette date. Immédiatement après cette annonce, le rouble a non seulement cessé de chuter, mais a également affiché des signes d'appréciation, progressant de 5,5 % pour atteindre 55,4 roubles pour un dollar américain. Cette mesure s'est avérée efficace, le rouble ayant rebondi d'environ 20 % par rapport à son plus bas niveau du 16 décembre, où 1 dollar américain équivalait à 80,1 roubles.

Parallèlement à des mesures nationales fortes, la Russie a récemment conclu des accords de coopération avec la Chine. Dans le cadre de ces accords, la Chine s'est engagée à aider la Russie face à ses difficultés actuelles en augmentant les échanges commerciaux en yuan. De ce fait, la Russie accepte d'être « yuanisée » dans ses importations et exportations, et la Chine saisit également cette opportunité pour renforcer l'influence du yuan, affirmant ainsi sa position de deuxième puissance économique mondiale.

Ainsi, la Russie a déployé des efforts considérables pour sortir de ses difficultés, avec un succès relatif. Cependant, le prix à payer pour les décisions prises dans des circonstances défavorables est loin d'être négligeable, mais dans cette situation, les Russes n'ont d'autre choix que de faire ce compromis. Même si la Russie a adopté des mesures temporaires coûteuses, la perspective d'une issue favorable se fait encore attendre. Les analystes prévoient que même en cas de nouvelle appréciation du rouble, l'économie russe restera en grande difficulté si les prix mondiaux du pétrole continuent de chuter. Une autre difficulté persistante pour la Russie réside dans le vote récent par le Parlement ukrainien d'une loi abrogeant son statut de pays non aligné, ouvrant ainsi la voie à l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN, une perspective à laquelle la Russie s'oppose fermement. Parallèlement, le 19 décembre, le Kremlin annonçait que le président russe Vladimir Poutine avait invité le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un à effectuer une visite officielle en Russie en 2015. Quelques jours plus tard, tous les médias internationaux rapportaient que la Corée du Nord subissait la pire panne d'internet de son histoire. Bien que ces informations ne soient pas directement liées, elles suscitent un certain ressentiment envers la Russie à cette période.

Cependant, à l'approche du Nouvel An, les gens restent optimistes. On se souvient alors de la résilience du peuple russe, et l'image de l'« ours » russe bravant le « froid » pour survivre devient encore plus vivante.

Chi Linh Son

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