Prix de l'électricité : la nécessité du partage et de l'équité.
Durant les années de lutte contre la pandémie de COVID-19, alors que les prix mondiaux du charbon et du gaz s'envolaient en raison de l'instabilité géopolitique, l'État a décidé de maintenir les tarifs de l'électricité afin de soutenir les entreprises et la population durant cette période particulièrement difficile. Le Groupement électrique vietnamien (EVN) a ainsi dû supporter un coût considérable de près de 45 000 milliards de dongs pour le compte de la société, non pas en raison d'une mauvaise gestion, mais dans le cadre d'une politique plus large : stabiliser la situation socio-économique et garantir la sécurité sociale.

Il s'agit d'un partage nécessaire des charges en cette période particulièrement difficile. Intégrer la part légalement obligatoire des coûts « reportés » dans les tarifs de l'électricité au détail ne vise pas à imposer des pertes aux consommateurs, mais simplement à comptabiliser avec exactitude et exhaustivité la consommation d'électricité pendant la pandémie de COVID-19. Ce traitement équitable permet au secteur de l'électricité de poursuivre ses investissements et de garantir la sécurité énergétique nécessaire au développement national.
Le montant de près de 45 000 milliards de VND, souvent qualifié de « perte » par le public, ne correspond pas à une perte au sens de la gouvernance d'entreprise, mais à une dépense légitime non encore imputée au prix. Cette dépense a été officiellement confirmée par la Cour des comptes. Autrement dit, il s'agit du « manque à gagner temporaire » qu'EVN a dû supporter pendant la pandémie afin d'éviter une hausse des prix de l'électricité alignée sur les cours mondiaux du charbon et du gaz. La décision du gouvernement actuel de modifier le décret 72/2025/ND-CP pour permettre l'intégration de cette dépense dans les tarifs de détail de l'électricité ne vise pas à « transférer la perte à la société », mais simplement à comptabiliser avec exactitude et exhaustivité les dépenses passées.
Dans une économie de marché, les prix de vente doivent refléter les coûts réels. Si ces coûts augmentent tandis que les prix de vente restent inchangés trop longtemps, les fournisseurs d'électricité seront confrontés à des déséquilibres financiers et incapables de lever des capitaux pour de nouveaux investissements. Le risque de pénuries d'électricité et d'insécurité énergétique en sera une conséquence directe pour l'ensemble de l'économie. Par conséquent, ajuster les prix de l'électricité pour compenser ces coûts non comptabilisés ne vise pas à « sauver EVN », mais à préserver la stabilité du réseau électrique national.
Les préoccupations de la société demeurent, bien entendu, d'actualité. Les particuliers craignent la hausse des factures d'électricité et les entreprises s'inquiètent de l'augmentation de leurs coûts de production. Une autre question se pose : ces coûts sont-ils imputables à une mauvaise gestion ? C'est pourquoi le principe fondamental suivant doit être respecté : seules les dépenses raisonnables, légitimes et auditées de manière indépendante doivent être prises en compte dans le calcul des prix de l'électricité ; toute erreur de gestion ou dépense opaque doit en être exclue.
L'expérience internationale montre également que cette pratique est courante. La Thaïlande applique un mécanisme d'ajustement des tarifs du carburant tous les quatre mois, en ajoutant ou en soustrayant le coût du carburant aux prix de l'électricité. La Corée du Sud ajuste ses prix trimestriellement, en les augmentant parfois fortement lorsque le prix du pétrole et du gaz importés flambe.
En Europe, lorsque la crise énergétique a éclaté en 2022, les gouvernements n'ont pas contraint les compagnies d'électricité à supporter les pertes, mais ont plutôt utilisé des fonds budgétaires pour soutenir directement les ménages et les entreprises vulnérables.
Le point commun est le suivant : les prix doivent refléter les coûts, tandis que le bien-être social est assuré par des politiques sociales transparentes et ciblées.
Au Vietnam, la répartition des coûts non inclus dans les prix pendant la pandémie est la suivante : Cela se comprend, car il s'agit de coûts réels, seulement « reportés » temporairement afin de partager le fardeau avec l'ensemble de la société. Il est désormais nécessaire de recalculer précisément et intégralement ces coûts pour garantir des signaux clairs au marché et attirer les investissements, notamment dans les énergies renouvelables et les infrastructures du réseau électrique. Mais pour que cette politique soit efficace, trois conditions sont nécessaires :
Le premier,Mettre en œuvre une approche progressive et par étapes, en répartissant les coûts sur plusieurs périodes afin d'éviter les « chocs » de prix.
LundiElle a ciblé les politiques de sécurité sociale, maintient des tarifs différenciés bas pour les ménages pauvres et fournit un soutien direct aux groupes vulnérables.
Mardi,Cela garantit une transparence absolue, en divulguant clairement les composantes des coûts, les rapports d'audit, les feuilles de route d'allocation, et comprend un engagement d'EVN à améliorer la gouvernance et à réduire les coûts.
L'électricité ne peut rester bon marché indéfiniment si les coûts ont augmenté. Il est donc essentiel de faire comprendre à la population qu'il ne s'agit pas de partager les pertes avec EVN, mais bien de rembourser les coûts raisonnables qui ont été reportés pendant la période exceptionnelle de la pandémie. Si cette politique est mise en œuvre de manière transparente, équitable et responsable, elle apparaîtra comme un choix difficile, mais nécessaire pour assurer la stabilité du secteur électrique et garantir la sécurité énergétique à long terme.
Nous avons traversé ensemble les moments les plus difficiles de la pandémie grâce au partage. Les prix de l'électricité sont restés inchangés afin d'alléger le fardeau de millions de foyers et d'entreprises, et ce faisant, EVN a pris en charge le coût qui aurait autrement été répercuté sur le prix.
Aujourd'hui, alors que le pays est entré dans une période de normalisation, le principe d'équité doit être respecté : les coûts raisonnables encourus doivent être intégralement comptabilisés afin que le réseau électrique puisse continuer à fonctionner sainement.
Le partage en temps de crise est précieux, tandis que l'équité en temps de stabilité est essentielle. Seul un système électrique robuste permettra au Vietnam d'assurer sa sécurité énergétique, d'attirer les investissements et de progresser durablement vers l'industrialisation et la modernisation, en vue d'assurer la prospérité et le bonheur de tous.


